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Test Pisa: attention, médiocrité

Le Pacte d’excellence apporte-t-il la solution annoncée ?

Carte blanche - Temps de lecture: 4 min

L’enquête PISA vient de livrer ses observations : l’enseignement organisé ou subventionné par la Communauté française de Belgique présente des résultats moins bons que ceux de l’enseignement flamand. Ces performances sont inférieures à celles de la moyenne enregistrée dans les 35 pays membres de l’OCDE.

La Ministre ne cache pas que c’est là une stabilité insatisfaisante, mais elle met en garde contre la sinistrose. Elle voit dans le Pacte d’excellence, des raisons d’espérer une amélioration des résultats à venir.

Je voudrais verser dans le débat une citation d’Albert Einstein : « Vous ne pouvez résoudre un problème avec le même type de pensée qui a créé le problème. »

Si nous le suivons, nous sommes contraints à un retour vers un passé relativement lointain.

La démocratisation des études, conquête remarquable du XXe siècle a amené dans les classes de l’enseignement secondaire des cohortes de jeunes différents de ceux qui y étaient accueillis traditionnellement. Avec une sagesse apparente, les psychopédagogues ont proposé la rénovation de l’enseignement. Les filières classiques ou modernes furent repensées. La primauté des langues anciennes fut mise à mal. Les options furent multipliées. Pour les élèves moins performants des slaloms furent organisés pour que les difficultés majeures soient évitées et la réussite des humanités, assurée au plus grand nombre.

Lorsque l’enseignement fut retiré des compétences nationales et confié aux communautés, il apparut que du côté flamand, la rénovation avait été moins générale que du côté francophone et que, de ce fait, l’enseignement flamand coûtait moins cher. Il fut rapidement évident que, chez les jeunes francophones, la première année de l’enseignement universitaire ou supérieur se soldait par un taux d’échecs avoisinant 50 %. Une autre évidence s’imposa : les jeunes issus des milieux défavorisés n’étaient pas plus nombreux qu’avant la rénovation à s’inscrire dans les universités ou les hautes écoles. Au début de la dernière décennie du siècle passé, le Ministre constata qu’il n’avait plus les moyens budgétaires pour satisfaire les besoins de son département : il chercha la solution dans la dénonciation des redoublements. Il avait deux raisons pour justifier ce positionnement : le redoublement coûte une fortune et des pédagogues de renom en démontraient l’inefficacité. Les conséquences furent rapidement appliquées : pas plus de sept ans dans le primaire et passage automatique de la première à la deuxième année du secondaire.

Au début de ce siècle et jusqu’à ce jour, le programme international de surveillance des acquis scolaires (PISA) organisé par l’OCDE révéla le déclin de l’enseignement francophone et, parallèlement, le succès persistant des élèves flamands.

Le Pacte d’excellence apporte-t-il la solution annoncée ?

Oui, dans la mesure où il met l’accent sur la remédiation permanente. Si l’enfant, si l’adolescent en difficulté d’apprentissage ne trouve pas tout de suite la réponse à son ou ses problèmes, il porte un handicap qui ne le lâchera plus. Toutefois pour réussir la remédiation immédiate, il faut sortir du carcan horaire : on doit pouvoir retenir à l’école les élèves en danger au-delà de l’horaire général. Le raisonnement s’applique aux enfants issus de l’immigration. Leurs résultats tirent vers le bas la moyenne francophone. Il faut dès lors leur offrir des programmes de familiarisation avec notre langue, notre culture et notre histoire.

Je ne crois pas aux vertus du tronc commun. La diversité des intelligences se manifeste dès l’enseignement primaire. Il faut y assurer des moyens de développement de l’intelligence de la main, de la sensibilité et de la pratique des arts plastiques ou de la musique.

Lorsque commence l’enseignement secondaire, les orientations révélées par les instituteurs doivent permettre à l’enfant un épanouissement conforme aux tendances de sa personnalité et motivé par l’aspiration à l’excellence.

Je laisse, pour la suite, la parole à Vincent de Coorebyter : « L’école aujourd’hui fait échouer parce qu’elle n’est pas assez exigeante ; elle n’est pas assez ambitieuse dans ses attentes, pas assez rigoureuse dans ses méthodes, pas assez courageuse dans ses évaluations. » (Le Soir 03/03/16)

Je termine avec Einstein : « C’est le rôle essentiel du professeur d’éveiller la joie de travailler et de connaître. »

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15 Commentaires

  • Posté par Jaspers Marie, mercredi 14 décembre 2016, 19:38

    Comme P. Hazette, je ne crois pas aux vertus du tronc commun.J'ai assuré une école de devoirs pendant 5 ans et de manière évidente,la diversité de l'intelligence se manifeste dès le primaire.Pourquoi attendre 15 ans pour permettre à chacun de suivre la voie qui lui convient le mieux. Ce sera un supplice pour ceux qui aiment l'abstrait, le raisonnement,.... de faire du bricolage et pour les rébarbatifs au cours "intellectuels" de faire du latin.

  • Posté par Jaspers Marie, mercredi 14 décembre 2016, 12:39

    Il est dramatique d'apprendre que le Ministre Marcourt envisageait réformer les études d'enseignants sur base du constat erroné relevé dans le mail précédent. On ne peut résoudre un problème que si l'on a identifié correctement ses causes. Les élèves débutant le secondaire ont des difficultés car ils ne maîtrisent pas les bases en maths et en français, car ils ignorent le sens " d'exigence, de rigueur

  • Posté par Jaspers Marie, mercredi 14 décembre 2016, 12:48

    (suite du mail ci-dessus), de réflexion (ils ont tout fait par mime d'exemples et continuent).Ils n'ont pas appris à conceptualiser, à "étudier"vu que dans le primaire, il n'y a rien à étudier.Ils n'ont pas appris à raisonner car même les problèmes consistaient en des remplissages automatiques de tableaux sans compréhension de ce qu'ils faisaient réellement.

  • Posté par Jaspers Marie, mercredi 14 décembre 2016, 12:26

    Il est consternant de constater que les inspecteurs et par suite les politiques attribuent la différence entre les taux de réussite entre CEB et CE1D, au fait que les instituteurs seraient meilleurs enseignants que les profs du secondaire, qu'ils seraient doués de plus d'empathie mais cela est faux: ce ne sont pas les profs qui sont en cause mais les faibles niveaux des programmes du primaire et du CEB.

  • Posté par Jaspers Marie, mercredi 14 décembre 2016, 12:14

    Le Pacte avec ses cours d'éveil, d'éducation artistique, de technologie (en quoi consisteront-ils? Sans matériel, ils risquent d'être de simples bricolages) continue dans le même sens(cf mail précédent) : cours faciles, activités récréatives, diminution des exigences, ne pourra relever le niveau de compétences réelles et de formation aux exigences très élevées de la société actuelle.

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