Les traitements de la fibromyalgie ne peuvent faire l’objet de coupes budgétaires

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Monsieur le Premier ministre,

Je vous écris à propos de la fibromyalgie et de notre indignation vis-à-vis de la décision signée par votre ministre de la Santé de rayer la fibromyalgie et la fatigue chronique de la catégorie F.

Vous savez que cette entité invalidante a déjà fait l’objet de plusieurs propositions de loi en Belgique pour sa reconnaissance et ses traitements (Chambre des députés fédéraux-Sénat-Région bruxelloise). Vous savez certainement que l’éducation à la santé, le mouvement et la kinésithérapie sont les pierres angulaires de l’approche thérapeutique bio-psycho-sociale de réhabilitation ; ceci est bien démontré par une littérature de qualité ainsi que par notre expérience clinique depuis de nombreuses années auprès des patients atteints de fibromyalgie.

Grâce à ces traitements, nous constatons une amélioration de la fonctionnalité, une meilleure gestion de la maladie, une diminution des médicaments en particulier les opiacés, beaucoup moins d’interventions non souhaitables et une reprise du lien social et professionnel. Cette façon de faire, nous nous y attelons depuis des années dans la francophonie belge. Nous avons même été pionniers par rapport à de nombreux pays voisins grâce entre autres à un enseignement obligatoire d’algologie à la faculté des sciences motrices à l’UCL depuis 1997, la supervision de nombreux mémoires et de travaux de recherche sur ces sujets et des activités d’enseignement clinique par les centres multidisciplinaires de douleur chronique.

En 30 secondes, la Ministre de la Santé, sans consulter le monde des spécialistes médecins ni encore moins les patients, a cassé un château de cartes construit pendant des années pour des raisons « budgétaires » qui vont en fait coûter beaucoup plus cher à la sécurité sociale et enfoncer des patients souvent en situation très précaire. Il s’agit vraiment d’une non-assistance à personnes en danger et d’une régression sociale majeure.

Ceci est inacceptable.

Je vous demande, Monsieur le Premier, de comprendre ce qui vient d’arriver et de tout mettre en œuvre pour annuler cet arrêté royal.

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