Football Leaks: le foot, un univers de fric où les joueurs sont du bétail

On dit souvent, de manière un peu caricaturale, que le football est le reflet de la société. Si c’est vrai, la lecture des révélations de plusieurs journaux européens – dont « Le Soir » – depuis deux semaines, dans le dossier des Football Leaks, fait froid dans le dos. Mais ce n’était somme toute que de la petite bière par rapport à ce que nous dévoilons aujourd’hui à propos des méthodes de Doyen Sports, l’un des principaux fonds d’investissement du football européen.

Si vous vous êtes offusqués devant les montages fiscaux de Ronaldo, les salaires faramineux de certains Diables rouges ou les clauses plus folles les unes que les autres dans les contrats des stars du ballon rond, vous n’avez encore rien vu.

Focus sur les patrons du système

Car nous entrons désormais dans un autre univers, celui des personnages de l’ombre qui tirent les ficelles et sont les véritables patrons du système.

Un système où se mélangent, pêle-mêle, l’évasion fiscale, la prostitution, les trafics divers, l’industrie chimique ou celle du minerai. Le tout caché derrière des sociétés qui sont des coquilles vides et des prête-noms censés protéger les véritables décideurs.

Bref, nous sommes très loin du ballon rond, du jeu, de la passion de la moitié de la planète pour la magie du football, du beau geste et du sport qui unit les peuples.

Ce qui ressort de notre enquête de plusieurs mois, c’est une photographie d’un incroyable monde obscur, qui nous emmène du Kazakhstan jusqu’à… Donald Trump en passant par la Russie et la Turquie.

Un monde de fric, de cynisme, d’absence totale de moralité ou de valeurs, un monde pour qui les joueurs sont du bétail – payé à prix d’or, mais du bétail quand même – et le foot un business où tous les coups sont permis, même les plus tordus. On se doutait depuis longtemps que le monde du sport n’était pas celui des Bisounours, mais l’enquête à laquelle « Le Soir » participe met des visages, des noms et des faits sur ce milieu occulte. Un milieu qui exploite à la fois la passion de millions de supporters, loin de se douter des enjeux énormes qui existent derrière l’apparat du sport, mais aussi la faiblesse des clubs, souvent hyperendettés ou à la vision très court-termiste, qui les transforme en proies faciles pour ces fonds sulfureux et hyper riches capables de devenir les acteurs principaux du football business.

Un milieu trop peu régulé

En outre, ne nous leurrons pas : si des « world companies » de l’ombre comme Doyen ont pu mettre facilement la main sur le football, c’est parce que le milieu n’était pas ou trop peu régulé, pas ou trop peu contrôlé et pas ou trop peu transparent.

Ce sera sans doute la leçon principale des Football Leaks au moment de leur conclusion : quand on lève un coin du voile sur le foot comme notre enquête le fait, on découvre un univers plus malséant encore que ce que l’on imaginait.

Notre supplément spécial sur les Football Leaks

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