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Le chicon, pour s’éclairer et se chauffer

Le président du Parlement wallon, André Antoine, chez Joluwa. Revaloriser les déchets, une solution ? Le Conseil 27+1 a décidé de se pencher sur le sujet en 2017.

Journaliste de la cellule wallonne Temps de lecture: 3 min

Dans le chicon, tout est bon. L’adage bien connu pour le cochon peut aisément être détourné avec ce produit typiquement belge qu’est l’endive. Joost De Paepe en sait quelque chose à Nivelles puisque, non content de produire 2.000 tonnes de chicons, il utilise également les déchets de la production pour alimenter une installation qui lui permet d’éclairer et de chauffer aussi bien sa maison privée, sa forcerie et son unité de valorisation que de chauffer l’imprimerie Rossel, installée à un kilomètre de là dans le parc d’affaires des Portes de l’Europe.

C’est cette technologie GreenWatt, aujourd’hui reprise par la société Sol Energy Solutions, que le président du Parlement wallon, André Antoine (CDH), est venu découvrir afin de répondre à l’invitation à la société qui a obtenu un « Talent wallon » en 2015 et de nourrir sa réflexion sur la revalorisation des déchets en Région wallonne, et en Brabant wallon en particulier.

La forcerie tout d’abord. Joost De Paepe et sa société Joluwa sont spécialisés dans le chicon hors sol qu’il écoule dans sa majeure partie via la grande distribution. Ne lui dites pas que le chicon de pleine terre est meilleur, il n’en croit rien car il fait les deux : « La terre apporte quelque chose, c’est vrai, mais une qualité meilleure, non ! La quantité d’eau pour le produire reste la même, soit deux litres pour un kilo. Et cela se fait dans le noir complet, comme pour les champignons de Paris. »

La production, en plein boom en cette période traditionnelle du chicon, se fait cependant tout au long de l’année. C’est une condition sine qua non pour faire tourner l’unité de biométhanisation.

« Notre technologie vaut ici pour le chicon, mais ailleurs elle fonctionne tout aussi bien avec le melon, la carotte ou la pomme de terre, note Gustave Rutindangeri, le responsable du développement commercial chez Sol Energy Solutions. Il n’y a qu’avec le bois que cela ne fonctionne pas car les fibres mettent trop longtemps à se décomposer. À Nivelles, grâce aux résidus de chicons, nous produisons 350.000 kWh, mais l’unité ne tourne qu’à 70 %. Pour bien faire, il faudrait pouvoir compter sur d’autres producteurs de chicons. Sauf qu’il y a le coût du transport… Raison pour laquelle l’exploitant y ajoute du maïs. »

Joost De Paepe estime cependant que produire plus d’électricité ou de chaleur n’est pas son but premier : « Je voulais juste être autonome pour mes installations. Et il faut déjà charger l’unité deux fois par jour pour qu’elle tourne. Si je devais encore dépendre d’autres cultivateurs, je ne ferais plus que cela… »

Et GreenWatt d’expliquer que la volatilité de la législation wallonne n’incite pas d’autres personnes à investir dans cette technologie. Ce qui fait dire à André Antoine qu’il y a un réel problème des déchets en Wallonie : « En Brabant wallon, se pose la question de l’incinérateur, à Ittre. D’autres plus modernes se construisent… Et tous ces déchets que l’on porte dans les parcs à conteneurs. Autrefois, lors des collectes des encombrants à domicile, des ramasseurs en prenaient une partie. Aujourd’hui, tout cela coûte fort cher aux communes. »

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