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Laissez respirer Bruxelles !

Le collectif BruxselAir entreprend des actions pour dénoncer la pollution de l’air dans la capitale.

Temps de lecture: 3 min

Ce samedi, le collectif citoyen BruxselAIR a équipé une centaine de statues de Bruxelles de masques anti-pollution, une action visant à revendiquer notre droit à tous à respirer un air pur.

De multiples études scientifiques le prouvent : si ces statues étaient faites de chair et de sang, elles respireraient un air (illégalement) toxique. La mauvaise qualité de l’air cause ainsi plus de 12.000 décès prématurés par an dans notre pays . A ceux-ci s’ajoutent de nombreux problèmes cardiovasculaires, des maladies respiratoires ou encore des retards développementaux et cognitifs chez les enfants qui pèsent lourdement sur notre bien-être et nos finances publiques. Les coûts estimés de la piètre qualité de l’air en Belgique sont estimés à 8 milliards d’euros par an .

On ne compte plus les cris d’alerte des citoyens

Face à cette avalanche de nouvelles incriminantes, la pollution de l’air fait aujourd’hui de plus en plus parler d’elle. Plusieurs groupes citoyens ont récemment, chacun à leur manière, appelé à améliorer urgemment la qualité de l’air à Bruxelles. Qu’il s’agisse d’escalader des statues pour les protéger symboliquement de la pollution, d’interpeller le politique par le biais de cartes blanches ou même de poursuivre la Région en justice, on ne compte plus les cris d’alerte des citoyens cherchant à attirer l’attention du monde politique sur ce problème majeur.

Le lien n’est plus à faire entre pollution de l’air et trafic automobile : plus de la moitié des oxydes d’azote et plus de deux-tiers des suies sont émis par le transport routier . Et à ce niveau, en plus d’être la ville la plus embouteillée d’Europe , Bruxelles souffre également du parc automobile belge surdimensionné et polluant.

A tous les niveaux de pouvoir, certaines mesures vont d’ores et déjà dans le bon sens : la future mise en place d’une zone de basses émissions à Bruxelles, l’embryon de réforme de notre système de voitures de société et certains efforts entrepris pour promouvoir la mobilité active sont autant de pas en avant à saluer. Toutefois, ceux-ci restent très largement insuffisantes pour régler le problème de la pollution de l’air, que ce soit à court ou à long terme. En outre, la crédibilité de ces efforts est bien trop souvent affaiblie par des décisions politiques contradictoires. Quel impact auront ainsi l’élargissement programmé du Ring, le désinvestissement massif dans la SNCB, la construction de centres commerciaux accessibles principalement en voiture ou l’achat de nouveaux bus au diesel sur la qualité de l’air que nous respirons dans la capitale ?

Jusqu’à quand faudra-t-il attendre pour que des mesures soient prises ?

Il y a aujourd’hui urgence sanitaire à Bruxelles et Belgique. Nous, citoyens bruxellois, demandons urgemment que des mesures à la hauteur de l’enjeu soient prises pour régler ce problème qui nous touche tous quotidiennement. A titre d’exemple, nous estimons que la politique actuelle de subvention massive des voitures de société doit être réformée, que les alternatives à la voiture individuelle doivent être fortement encouragées (train, transports en commun, vélo, etc.) et que les véhicules roulant au diesel (classé « cancérogène certain » par l’OMS depuis 2012) doivent être interdits dès que possible dans la capitale.

De nombreuses grandes villes franchissent d’ores et déjà le pas : en 2016, Paris, Madrid, Athènes et Mexico ont ainsi annoncé vouloir bannir les véhicules diesel d’ici 2025. Ailleurs en Europe, Londres, Milan ou encore Stockholm ont mis en place avec succès un système de péage urbain. Des pays tels que la Norvège, l’Autriche ou les Pays-Bas envisagent même d’interdire l’achat de véhicules à combustion à partir de 2025. De telles mesures ne sont donc ni impossibles, ni irréalisables et auraient d’importants bénéfices sanitaires, mais également économiques et environnementaux. Jusqu’à quand faudra-t-il attendre pour que de telles mesures soient mises en œuvre chez nous ? Jusqu’à quand suffoquerons-nous ?

Il est temps de cesser de prendre la complexité institutionnelle de notre pays comme excuse. Chaque niveau de pouvoir peut et doit prendre des mesures. Il est temps d’arrêter de négocier avec la santé publique.

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