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Le coût de la famille Trump pèse sur le Trésor américain

Le « Washington Post » pointe ce vendredi le coût exorbitant de la famille Trump pour les contribuables américains, à cause des mesures de sécurité et de logistique liées aux déplacements et aux multiples résidences, entre Washington, Mar-a-Lago, New York…

Temps de lecture: 4 min

Des conflits d’intérêts ? Quels conflits d’intérêts ? Donald Trump, le magnat de l’immobilier devenu président des Etats-Unis, pensait avoir mis un terme à la polémique grandissante sur le mélange des genres au sommet du pouvoir, source potentielle d’ennuis judiciaires et de pressions diplomatiques ingérables, en confiant les rênes de son empire, la Trump Corporation, à ses deux fils Don Jr et Eric. Chacun vaquerait à ses affaires, et les vaches seraient bien gardées.

Les ennuis, les vrais, ont commencé lorsque l’enseigne vestimentaire Nordstrom a décidé de retirer de ses rayons les manteaux, robes et parures Ivanka Trump, prétextant – de bonne foi ou non – des pertes commerciales. Le président des Etats-Unis lui-même, père de la businesswoman lésée, et sa porte-parole Kellyanne Conway ont alors violé toutes les règles éthiques se rapportant au bon fonctionnement des institutions fédérales, en fustigeant Nordstrom, puis en appelant carrément à «  acheter du Ivanka  ».

Cauchemars logistique et financier

Le Washington Post a surenchéri vendredi, en révélant dans un article très commenté, l’inadéquation croissante des affaires de la Trump Corporation et celles du pays, auxquelles le tribun est censé veiller sourcilleusement, dorénavant. Le Post pointe, sarcastique, le drainage des ressources matérielles du Secret Service et, partant, celles du contribuable américain, à cause du train de vie de la dynastie Trump. Qu’on en juge : ce samedi, Donald Trump se trouve chez lui, à Mar-a-Lago (West Palm Beach) en Floride, après une courte escale en Caroline. Rien que de plus normal. Sa femme Melania, qui a choisi de rester à New York jusqu’à la fin de l’année scolaire, pour préserver leur fils Barron, 10 ans, se trouvera dans leur duplex de la 5e avenue, à Manhattan. Là aussi, le Secret Service a pris ses quartiers, pour un budget de loyer estimé à 1,5 million de dollars par an. L’écartèlement des ressources du Secret Service, cependant, ne s’arrête pas là et vire carrément au «  cauchemar logistique  » : au même moment, les deux rejetons du président courent le monde au nom de l’empire familial, présents aux Emirats Arabes Unis pour l’inauguration en grande pompe d’un parcours de golf à Damac Hills, un luxueux complexe résidentiel surnommé le «  Beverly Hills de Dubaï  ». Ils remettront le couvert le 28 février, pour un déplacement à Vancouver (Canada).

Cauchemar logistique, et accessoirement financier : la facture de ces déplacements simultanés pourrait avoisiner plusieurs centaines millions de dollars sur les quatre années à venir, selon le Post, qui a fait les comptes, parmi les rares données disponibles. En un mois, les trois déplacements présidentiels à Mar-a-Lago, dont un en l’honneur du Premier ministre japonais Shinzo Abe, ont coûté 10 millions de dollars au Trésor américain, entre pétrole pour les navires des garde-côtes assurant la protection du rivage et pension complète des gardes du corps. A quoi s’ajoutent les heures supplémentaires effectuées par les adjoints au shérif de West Palm Beach, que la cité balnéaire de 82 000 âmes exige de voir remboursées par l’État fédéral.

A New York, dans le quartier surprotégé de la Trump Tower, entre 56e et 57e rues, barré d’obstacles en béton et fourmillant d’agents du NYPD, la facture s’élève à… 500.000 dollars par jour ! Soit, prédit le NYPD, un total de 183 millions de dollars sur douze mois. Eric Trump avait déjà défrayé la chronique en janvier, lorsqu’un de ses déplacements pour affaires en Uruguay avait coûté 100.000 dollars en frais d’hôtel seuls pour son escorte rapprochée.

Ces pratiques dispendieuses ont de quoi surprendre, s’agissant d’un président qui avait promis, durant la campagne, d’«  assécher le marigot  » de Washington et mettre un terme aux «  sales pratiques  » de l’establishment fédéral. En lieu et place, il privilégie ses propres dépendances, comme Mar-a-Lago en Floride ou son terrain de golf de Bedminster dans le New Jersey, négligeant la résidence traditionnelle de Camp David, dans les forêts du Maryland, pourtant bien pratiques quand on réside à Washington. Le 45e «  Potus  » (President of the United States) balaie toutes ces réserves éthiques d’un revers de main. Trump «  n’est pas en congés lorsqu’il se rend à Mar-a-Lago, objecte Stephanie Grisham, porte-parole de la Maison Blanche. Le président travaille non-stop, chaque jour de la semaine, où qu’il se trouve  ».

Voilà les contribuables américains rassérénés...

 

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1 Commentaire

  • Posté par MARTIN Roland, lundi 20 février 2017, 7:53

    Cet abominable personnage est en train de se saborder. Sa dangerosité n'a d'égale que son imbécilité.

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