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«Un partenariat non seulement commercial, mais politique»

Deux jours pour tisser des liens plus profonds entre l’Union européenne, l’Amérique latine et les Caraïbes

Journaliste au service Société Temps de lecture: 4 min

Le sommet organisé à Bruxelles ces mercredi et jeudi entre l’Union européenne et la Communauté des Etats latino-américains et des Caraïbes (UE-Celac) est un sommet… éclair. Ouvert hier à 14 heures, il sera déjà clôturé ce jeudi à 13 heures. Moins de 24 heures, c’est court !

D’autant plus que les intervenants ne manquent pas : 61 délégations nationales sont présentes à Bruxelles pour discuter du climat (le sommet de Paris est dans tous les esprits) et des relations commerciales, politiques, culturelles… qui lient l’UE, l’Amérique latine et les Caraïbes. Vingt-huit pays pour l’Union ; trente-trois pour la Celac. Du monde, du monde…

Trois grands absents

Parmi les invités de marque (présidents et chefs d’Etat), trois grands absents, qui auraient probablement fait parler d’eux s’ils avaient été présents : Raul Castro, le chef de l’Etat cubain, qui est au centre des attentions avec la normalisation des relations entre Cuba et les Etats-Unis ; Nicolas Maduro, le président du Venezuela, dont le pays est actuellement la cible de sanctions unilatérales américaines pour cause de menace à la sécurité nationale des Etats-Unis ; et Cristina Kirchner, la présidente de l’Argentine, qui a récemment été au cœur d’un scandale sur la mort d’un procureur.

Donald Tusk, le président du Conseil européen, et Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, ont accueilli personnellement chaque représentant étatique pour cette seconde édition du sommet UE-Celac (après l’édition de Santiago, en 2013). Jean-Claude Juncker était particulièrement statique lors de cette séance protocolaire – aux antipodes de son attitude lors de l’ouverture du sommet de l’Union européenne à Riga, fin mai (dont Le Petit Journal de Canal+ avait largement parlé). Charles Michel n’a pas eu droit à un bisou sur le front…

« Je suis ravi de voir que les différences qui ont pu nous séparer (l’UE et la Celac) par le passé se sont estompées », a déclaré Donald Tusk dans son discours d’ouverture du sommet, qui a pour objectif de renforcer le partenariat déjà existant entre l’UE, l’Amérique latine et les Caraïbes. La Celac est le cinquième partenaire commercial de l’UE, après les Etats-Unis, la Russie, la Chine et la Suisse. Et à l’inverse, l’UE est le deuxième partenaire de la Celac.

Hier, la Commission européenne s’est par exemple engagée à investir 118 millions d’euros en Amérique latine et aux Caraïbes, pour « intensifier la coopération de l’UE dans les secteurs des investissements et des entreprises dans cette région du monde ». « Mais nos relations ne sont pas seulement commerciales, insistait hier Federica Mogherini, la Haute représentante de l’UE. Ensemble, nous représentons un tiers des sièges aux Nations unies. Nos liens sont forts, nous devons les utiliser. Ce sommet est une chance pour élever le niveau de notre partenariat, le rendre concret, politique. »

Un discours engagé

Mais tandis que Donald Tusk et Jean-Claude Juncker ont largement insisté, dans leurs discours d’ouverture respectifs, sur les aspects positifs du partenariat UE-Celac (« Protéger nos valeurs communes – la souveraineté, la démocratie, l’Etat de droit – quand elles sont menacées »  ; « Un espace commun de recherche entre nos régions »  ; « Deux vieux partenaires dont le partenariat n’est pas vieux, mais bel et bien vivant »), Rafael Correa, le président de l’Equateur et le président de la Celac, a insisté sur d’autres points, de façon nettement plus… engagée.

« Nous avons besoin d’investissements étrangers, mais dans le respect des droits de l’homme et des droits de la nature », a-t-il expliqué, tout en spécifiant qu’il souhaitait des « relations plus justes » avec les multinationales.

Rafael Correa s’en est ensuite pris aux pays d’Amérique latine et des Caraïbes, en martelant qu’avec toutes les ressources dont ils disposent, il est « inadmissible qu’on dépende des aides extérieures ». Il s’en est pris aux Etats-Unis, aussi. Concernant le décret américain qui impose des sanctions au Venezuela : « Ce décret repose sur un argumentaire ridicule et il viole de façon flagrante le droit international. » Mais aussi concernant les relations Etats-Unis-Cuba : « Je me réjouis de la normalisation des relations, mais je regrette qu’il reste Guantánamo – cette trace du colonialisme qui a touché l’Amérique latine. »

Enfin, le président de la Celac s’est exprimé sur la question de la souveraineté des Etats : « On veut que l’on respecte le droit souverain des pays ? L’Amérique latine et les Caraïbes sont des pays souverains. Je ne comprends qu’on nous impose des choses que nous n’ayons pas décidées nous-mêmes. »

Un discours plus engagé, donc, que ses homologues européens.

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