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Les commissaires européennes: «Remercier nos grands-mères et nous battre pour nos filles»

Les commissaires européennes s’unissent pour encourager l’Europe à rester une entité attentive au combat contre toutes les inégalités, en particulier celles dont sont encore victimes les femmes.

Carte blanche - Temps de lecture: 5 min

Nous célébrons ce mercredi 8 mars la Journée internationale de la femme. Ce qui a commencé comme un hommage à la grève menée en 1908 par l’International Ladies Garment Workers’ Union aux États-Unis est devenu aujourd’hui l’occasion pour les femmes du monde entier de faire montre de leur engagement en faveur de l’égalité politique, économique et sociale.

Le contexte dans lequel s’inscrit la Journée internationale de la femme de cette année est radicalement différent de celui de l’année passée. Nous assistons à la montée du nationalisme, en mesure de porter atteinte à notre culture européenne libérale, à nos valeurs et aux droits de l’homme, y compris aux droits de la femme.

C’est l’Europe qui a montré la voie en matière de droits de la femme, et elle est un modèle suivi par d’autres continents. Il en résulte que nous devons nous ériger en défenseurs des droits de la femme chez nous et à l’étranger. Notre place dans la société a évolué depuis les années 1960. Mais la route est encore longue. Et nous devons veiller à ce que nos filles ne doivent pas repasser par les mêmes combats que ceux que nos grands-mères ont déjà remportés.

Inégalités persistantes

Aujourd’hui, en Europe, les femmes sont plus nombreuses à décrocher un diplôme universitaire que les hommes. Les femmes européennes disposent de davantage de perspectives d’emploi, mais demeurent surreprésentées aussi bien dans les secteurs que les emplois faiblement rémunérés. À travail égal, elles continuent de gagner en moyenne 16 % de moins que les hommes. Et sur le lieu de travail, les femmes ne bénéficient pas encore d’une représentation paritaire aux postes décisionnels. De même, les femmes sont trop nombreuses à devoir faire face au dilemme consistant à concilier vie familiale et vie professionnelle.

Certaines de nos plus grandes figures politiques en Europe sont des femmes – mais cela demeure insuffisant. La parité en politique s’est améliorée, mais lentement – aujourd’hui, les parlements nationaux au sein de l’UE comptent 24 % de femmes. L’esprit d’entreprise représente l’une des plus grandes ressources inexploitées – à l’heure actuelle, les femmes ne représentent que 29 % des chefs d’entreprise. Dans le même ordre d’idées, seuls 22 % des postes d’encadrement au sein des plus grandes entreprises de l’Union européenne étaient occupés par des femmes en 2016, près de 5 % de cette proportion étant des postes de directrices générales. L’accession de davantage de femmes à des postes façonnant la politique et stimulant le changement dans nos sociétés permettra de mieux répondre à nos besoins.

Le respect de la diversité comme identité européenne

Le respect de la diversité et le respect de la personne humaine sont plus que de simples valeurs politiques en Europe. Ils définissent aussi notre identité en tant qu’Européens. L’égalité entre les femmes et les hommes est un droit fondamental. La persistance d’inégalités constitue aussi un gaspillage de talents ; en ne prêtant pas attention aux inégalités, nous privons notre société de nombreux talents et de grandes idées.

À terme, nous aspirons à édifier une Europe dans laquelle une femme se portant candidate à un emploi a de véritables chances de l’obtenir. Nous voulons d’une Europe qui permette tant aux hommes qu’aux femmes de s’absenter de leur travail pour s’occuper de leurs enfants ou de proches malades ou âgés, sans que cela leur soit reproché. De nombreuses femmes sont également victimes de sexisme et de harcèlement au travail, en rue, dans les transports en commun ou à la maison. Nous voulons d’une Europe exempte de toute violence envers les femmes, et nous voulons que les femmes disposent d’espaces sûrs pour appeler à l’aide.

Inacceptable prédestination

L’Union européenne est le meilleur moyen de promouvoir les droits de la femme en Europe. En unissant nos efforts, nous sommes en mesure d’instaurer de meilleures conditions pour les femmes, ainsi qu’une véritable égalité. L’égalité ne se limite pas à supprimer les discriminations d’ordre juridique, mais passe aussi par le fait de donner à chacun sa chance, dans la pratique. Personne ne devrait voir son destin prédéterminé – que ce soit de par son genre, son âge, sa race, son orientation sexuelle ou quoi que ce soit d’autre.

La journée d’aujourd’hui nous offre l’occasion parfaite de regarder autour de nous et de nous rappeler que les femmes sont bien traitées en Europe. Mais il reste encore du travail à faire. En cette Journée internationale de la femme, nous appelons toutes les femmes et tous les hommes en Europe à se joindre à nos discussions et à nos actions. Nous avons tous un rôle à jouer. À la Commission, nous travaillons d’arrache-pied pour assurer l’égalité de traitement pour tous, et notre objectif est de bâtir une Europe meilleure pour nous tous et nos enfants.

(*) Les signataires : Federica Mogherini, haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, vice-présidente de la Commission ; Cecilia Malmström, commissaire au Commerce ; Marianne Thyssen, commissaire à l’Emploi, aux Affaires sociales, aux Compétences et à la Mobilité des travailleurs ; Violeta Bulc, commissaire aux Transports ; Elżbieta Bieńkowska, commissaire au Marché intérieur, à l’Industrie, à l’Entrepreneuriat et aux PME ; Vĕra Jourová, commissaire à la Justice, aux Consommateurs et à l’Egalité des genres ; Corina Creţu, commissaire à la Politique régionale ; Margrethe Vestager, commissaire à la Concurrence.

 

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1 Commentaire

  • Posté par Lavenne Eric, mercredi 8 mars 2017, 20:28

    Avec de telles mères ; fils ou filles auraient mauvaise grâce de ne pas s'en sortir dans leur futurs lointains. Au fait ;ces enfants ont ils(elles) des pères ? effectifs en présence ??

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