La carte blanche d’un navetteur bruxellois: «Mon Train S, si rapide, si vide»

La gare d’Haren Sud. ©Bruno Dalimonte - Le Soir
La gare d’Haren Sud. ©Bruno Dalimonte - Le Soir

Chaque jour ou presque, je prends le train à Ixelles pour me rendre au travail à Evere. Là où il me faudrait environ 40 minutes en tram, avec un changement, et plus d’une heure en voiture, le train me propulse en moins de 20 minutes d’un bout à l’autre de la région.

Retrouvez et commentez son témoignage sur la page Facebook « Bruxelles, on bouge »

Je suis toujours surpris par le confort et la vitesse des trains S bruxellois et, surtout, par l’indifférence totale que cela suscite chez mes amis qui, à chaque fois, me regardent avec de grands yeux quand je leur en parle. Eux qui se plaignent chaque jour que Dieu fait des bouchons, des freins brusques des chauffeurs de bus et de la lenteur du tram dans les rues bloquées de la capitale refusent obstinément de croire que le train ne sert pas uniquement à aller d’une ville à l’autre mais peut également, et sans attendre le RER de nos rêves, raccourcir incroyablement le temps de navette quotidien des Bruxellois et des Brabançons.

A leur décharge, la SNCB ne fait pas grand-chose pour faire connaître cette fameuse offre S. Faites le test autour de vous, personne n’en a jamais entendu parler. Les rares tentatives publicitaires sont plutôt pauvres, les affiches qui décorent certaines gares sont totalement… inintéressantes et n’apportent absolument aucune information utile au badaud.

Je n’ai jamais rien vu à la télé, ni sur internet. J’ai découvert ce train tout à fait par hasard, via une suggestion de google maps. Il serait pourtant simple de souligner les 10 petites minutes nécessaires pour relier Uccle au centre-ville, contre 40 minutes en Stib ou les 15 minutes nécessaires pour venir de Jette (contre, là encore, 40 minutes en Stib).

La SNCB communique tellement mal à ce sujet que dès que le RER intervient dans une conversation, c’est pour parler au mieux des retards dans la construction des voies, au pire des relents communautaires qu’impliquent les retards côtés wallons. Où sont les logos promis ? Pourquoi les cartes du réseau ne sont-elles pas affichées dans les gares ? Où sont les tickets combinés ? Pourquoi attendre le RER alors qu’il est déjà là ?

Etrangement et malgré tout, plus le temps passe et plus l’offre S fait partie intégrante de mes déplacements. En revenant de Liège par exemple, je prends un S pour rejoindre Etterbeek via l’une des trois grandes gares. Je gagne, au bas mot, 30 minutes et j’évite les bus 71 bondés.

Je pense à une dernière anecdote. Une vague connaissance se plaignait devant moi du temps de trajet, effectivement absurde, nécessaire pour relier Waterloo au Centre-ville en voiture en heure de pointe (environ 1h), je lui parle alors du train S, l’ayant testé moi-même (25 minutes maximum). Sur papier, aucun argument valable ne pouvait ne pas le convaincre mais l’image si négative, et franchement exagérée, qu’il a de la S.N.C.B. fait que, quotidiennement, il perd 2h dans les bouchons pendant que j’ai à peine le temps d’ouvrir mon journal dans mon train. Vide.

Comment accédera-t-on et comment circulera-t-on à Bruxelles dans une dizaine d’années ? Tout le monde espère une chose : que la situation actuelle, qui mécontente tout le monde, nuit à notre économie, dégrade la qualité de notre air et gâte l’image de notre ville, s’améliore. Alors que la Région bruxelloise entame la rédaction d’un nouveau plan de mobilité, Le Soir et ses lecteurs nourriront le débat sur la page Facebook « Bruxelles, on bouge ».

 
 
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