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Élections aux Pays-Bas : le populisme n’est pas une fatalité

Pour la deuxième fois, après l’Autriche, un pays européen administre la preuve que la montée des populistes n’est pas inexorable.

- Chef du service Monde Temps de lecture: 3 min

Avec un taux de participation de plus de 80 %, les Néerlandais ont rendu les honneurs à la démocratie. Cette seule mobilisation, à laquelle l’extrême nervosité provoquée par les tensions avec la Turquie n’a peut-être pas été étrangère, est déjà une réponse cinglante à la frilosité qui commençait en Europe à saisir les démocrates face à la vague populiste.

Les dernières prévisions basées sur des résultats partiels ont prouvé que lorsque l’on ose confronter les populistes et les illusions qui leur servent de propositions, on peut les contenir. Le PVV de Geert Wilders a progressé de quelques sièges, mais il est très loin de la percée qui lui était prédite. Et en dépit de la saignée de 8 sièges qu’il aurait subie, le VVD du Premier ministre Mark Rutte reste de loin le premier parti des Pays-Bas. Dans cette élection à la proportionnelle où une focalisation inhabituelle s’est opérée sur deux personnages emblématiques, le résultat est sans appel : le populiste Wilders a perdu face au démocrate Rutte. (Ce dernier devra toutefois méditer si ses légères dérives vers les thèses populistes lui ont permis de freiner sa baisse, ou si elles l’ont accentuée.)

L’arithmétique apporte une autre satisfaction. On s’était presque résigné à ce que, même si Wilders n’atteignait pas un score lui permettant de diriger un gouvernement ou de s’y imposer, son score signe une percée notable au niveau européen. Il n’en est rien : ce sont deux partis progressistes, les Verts et les libéraux de D66, qui réalisent les progressions les plus spectaculaires, les chrétiens-démocrates réalisant une belle remontée également. Ces progressions se font aux dépens du plus grand perdant : le PVDA travailliste, laminé. Ce sera une nouvelle leçon à méditer pour la famille sociale-démocrate traditionnelle, qui ne gagne décidément pas beaucoup à participer à des expériences de pouvoir marquées du sceau des politiques de droite. Et surtout : dans la confrontation globale entre démocratie libérale et populisme, entre ouverture sur le monde et repli sur soi, entre tolérance et rejet de l’autre, la social-démocratie semble perdre son statut de grande alternative structurée.

Revenons au plus important. Comme dans la présidentielle autrichienne, où l’écologiste Van der Bellen a labouré le terrain électoral en confrontant les thèses du candidat d’extrême droite, la preuve est faite une nouvelle fois qu’il n’y a pas de meilleure arme que la détermination de la conviction et l’audace des arguments pour accrocher la sagesse de l’électeur. Et que, dans la bataille aux arguments, les populistes et l’extrême droite ne peuvent gagner. L’exemple inverse nous a été administré il y a huit mois lors du référendum britannique : le niveau des arguments n’a pas dépassé celui du sol, avec le résultat que l’on sait.

Amis français qui jouerez la prochaine manche contre le populisme, méditez bien la leçon roborative des Néerlandais.

 

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2 Commentaires

  • Posté par Luc Verdom, jeudi 16 mars 2017, 16:35

    Le parti de Mark Rutte perd 12 sièges. Le parti de Geert Wilders gagne 4 sièges. Encore 2 à 3 élections de ce genre et Mark Rutte sera à la pension et éjecté ! Comment oser le titre de cet article ! On nous prend pour des ignares ? La pensée unique de gauche et le politiquement correct continue son matraquage, malgré la raclée électorale de Mark Rutte ! Même la Pravda ou le Völkischer Beobachter n'auraient pas osé ce genre de propagande mensongère !

  • Posté par Langhendries Benoît, jeudi 16 mars 2017, 11:51

    C'est une victoire à la Pyrrhus : comparez les résultats des élections de 2012 avec ceux de ce scrutin !

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