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Ecole: l’action de SOS Jeunes-Quartier libre

SOS Jeunes-Quartier Libre investit deux écoles ixelloises pour mener des projets co-créés entre élèves, enseignants et éducateurs. Rencontre avec un des instigateurs, Ahmed Ouamara.

Temps de lecture: 3 min

Je ne sais pas ce que je vais faire de ma vie ; L’école, ça sert à rien ; Je suis arrivé dans cette classe parce que le prof’ ne m’aimait pas, il était raciste… Ces réflexions, Ahmed Ouamara y est habitué : travailleur social auprès de SOS Jeunes-Quartier Libre, il intervient dans deux écoles secondaires d’enseignement professionnel, technique et général. « Mon rôle, c’est d’essayer de leur faire aimer ce qu’ils font. La plupart des élèves n’ont pas choisi d’être dans cette école ni de suivre cette orientation. D’ailleurs, comment demander à des jeunes de 15 ou 17 ans, de décider du métier qu’ils exerceront une fois adultes ? Beaucoup sont orientés trop tôt, relégués après un ou plusieurs échecs scolaires, etc. Mon objectif est de leur faire comprendre que l’école est leur lieu de vie ; elle leur appartient ; je n’entre pas dans un discours de victimisation », explique Ahmed Ouamara.

Service d’aide en milieu ouvert (AMO), SOS Jeunes-Quartier Libre travaille depuis plusieurs années, avec des classes de 3e et 4e secondaires, à Ixelles. Beaucoup d’élèves n’habitent pas le quartier mais viennent plutôt d’Anderlecht ou de Molenbeek, souvent après avoir essuyé un échec dans d’autres établissements ; ils ont parfois un, deux ou trois ans de retard dans leur parcours scolaire. « L’école offre un cadre, des règles ; pour cela, c’est intéressant d’y travailler ; mais en même temps, il faut s’interroger sur ce que nous proposons à ces jeunes aux parcours souvent chaotiques, et revoir certainement nos types d’apprentissages  », souligne le travailleur social.

SOS Jeunes-Quartier Libre propose de mener pendant deux ans, un projet co-construit avec les enseignants et les élèves dans lequel les matières étudiées sont mises en pratique. Des élèves ont, par exemple, créé leur entreprise éthique de vente de paniers bio. « Avec le professeur de gestion, nous avons travaillé les questions financières ; avec celui de sciences humaines, la charte de l’entreprise ; avec d’autres, la création du logo et du slogan ; le fonctionnement d’un conseil d’administration ou encore la communication en néerlandais, etc. », précise Ahmed Ouamara, « Ce projet, comme les autres, a permis de concrétiser les apprentissages, de montrer leur utilité et leur complémentarité ».

D’autres projets sont en cours ou terminés : la mise en place d’une action citoyenne – servir des repas chauds aux sans-abris ou créer une capsule vidéo de sensibilisation à l’égalité des genres, par exemple ; des rencontres et activités avec des personnes âgées qui vont se clore dans quelques mois par la construction, entre générations, d’un local dans un village marocain ; des entretiens avec d’anciens et d’actuels migrants qui ont abouti à l’écriture de récits migratoires et à une représentation théâtrale ; etc.

« Ces jeunes viennent parfois le week-end ou en soirée pour mener le projet. Les parents sont également présents ; ça signifie que leurs enfants en parlent à la maison ; ils sont fiers. On remarque aussi que les jeunes qui ont participé au projet restent à l’école et terminent souvent leur scolarité avec un meilleur taux de réussite ; les problèmes de discipline ou de décrochage semblent moins se poser… », constate Ahmed Ouamara, « Le bilan est positif ; mais ces projets demandent énormément d’énergie ; c’est vrai, c’est fatigant et les moyens humains manquent ».

 

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