Emploi: l’approche de la mission locale de Forest

Emploi: l’approche de la mission locale de Forest

« Tous les jours, des demandeurs d’emploi se présentent à notre porte : ces gens veulent travailler mais on ne les engage pas ! ». Le constat de Nordin Boulahmoum, directeur de la mission locale de Forest est posé, sans appel. Le profil de ces demandeurs d’emploi ? Autant des hommes que des femmes ; des 25-45 ans principalement ; 75 % n’ont pas le diplôme d’enseignement secondaire supérieur ou ont un diplôme non-reconnu chez nous ; ils habitent Forest, Uccle ou Saint-Gilles…

« Des préjugés dans l’emploi, il en existe vis-à-vis des étrangers mais aussi envers les femmes ou encore les + de 45 ans, notamment… Nous n’entrons pourtant pas dans un discours misérabiliste, victimisant ou attentiste. La vraie question que nous nous posons, c’est : malgré ces préjugés, comment réussir l’insertion professionnelle ? La base du contrat social, c’est en effet le contrat de travail. Si nous voulons vivre ensemble, il faut commencer par donner du travail pour permettre à chacun d’exercer pleinement sa citoyenneté », souligne Nordin Boulahmoum.

Depuis quelques années, la mission locale de Forest a choisi d’aborder la question de l’insertion en agissant en priorité sur l’objet – l’emploi – et en devenant un partenaire des entreprises ; elle applique la méthode d’Intervention sur l’Offre et la Demande d’emploi (IOD). «  Le CV est un gros problème dans le recrutement ; si on veut éviter entre autres ce biais, il faut se focaliser sur l’emploi plutôt que sur le candidat. La mission locale recherche en majorité des postes de 1re qualification : agent de maintenance, manœuvre en bâtiment, conducteur de machine, etc.  », explique le directeur, « Les grandes entreprises rencontrent beaucoup d’échecs dans ces recrutements tandis que les TPE et les PME n’ont en général pas d’équipe de ressources humaines. Nous leur proposons donc nos services ».

Et l’aide de la mission locale peut aller depuis le plan financier – et les éventuelles aides à l’emploi – jusqu’à l’intégration du nouvel engagé, en passant par le profil de fonction, notamment. A la clef, bien sûr, l’insertion de candidats que choisit la mission locale. « Le candidat passe un contrat avec nous : nous lui exposons en détail le travail mais aussi l’environnement – par exemple, si le chef a l’habitude de crier, nous devons nous assurer que le candidat est prêt à accepter cette forme d’autorité ; ensuite, nous présentons le candidat à l’entreprise, nous l’accompagnons dans son intégration ; et en cas de souci sur le lieu de travail, nous intervenons. Nous nous portons en effet garant du candidat ; afin que l’entreprise ne coure aucun risque », précise Nordin Boulahmoum, «  Et une fois installé dans l’entreprise, il peut devenir un relai pour nous ».

Bilan de la méthode ? La mission locale de Forest annonce 50 % de réinsertion dans le cadre de cette méthode – dont des CDI – dans les 3 à 6 premiers mois… « Pour réussir, nous devons nous faire connaitre des entreprises ; nouer une relation de confiance avec elles. Ca signifie un travail de proximité non seulement avec les candidats mais aussi avec les employeurs dans une logique win-win ; il faudrait multiplier les cellules. Notre métier est en quelque sorte devenu celui de médiateur à l’emploi : nous rapprochons le demandeur d’emploi de l’entreprise  », conclut Nordine Boulahmoum.

 
 
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