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Entre-soi: les divisions de Bruxelles

Mixité sociale, impact et alternative : trois mots devenus clefs en Région de Bruxelles-capitale.

Temps de lecture: 2 min

Il n’y a pas un Bruxelles mais une juxtaposition de quartiers et de communes où vivent des populations fort différentes culturellement et socialement : découvrez-le dans la vidéo.

Chercheur au Laboratoire de Géographie appliquée et Géomarketing (ULB), Gilles Van Hamme réagit à trois mots devenus clefs face à ce constat : la mixité sociale, son impact et son alternative.

Mixité sociale

Gilles Van Hamme  : La définition-même de mixité sociale constitue un problème ; et se pose la question de ce qu’on mesure. Les différentes nationalités ? Alors, avec la diversité des migrants qu’elle accueille, Molenbeek est une commune mixte. Si on prend en compte le revenu des habitants, il n’y a pas plus de mixité dans certains quartiers d’Uccle que de Saint-Gilles. Or, l’injonction de mixité sociale ne s’adresse pas à tous les quartiers de la même façon : la priorité, depuis une vingtaine d’années, c’est d’introduire de la mixité sociale dans les quartiers pauvres du centre de Bruxelles ; c’est-à-dire d’encourager les classes moyennes à s’y installer.

Impact

Gilles Van Hamme, laboratoire de Géographie appliquée et Géomarketing, ULB
Gilles Van Hamme, laboratoire de Géographie appliquée et Géomarketing, ULB

Gilles Van Hamme  : Les effets bénéfiques de la mixité sociale ne sont pas évidents. On observe que la classe moyenne nouvellement installée dans ces quartiers pauvres ne vit pas la ville de la même manière que les habitants d’origine. Elle n’est pas ancrée dans les pratiques quotidiennes du quartier. Et souvent, son installation s’avère temporaire : avec l’arrivée d’un premier ou deuxième enfant, par exemple, beaucoup de familles finissent par quitter ces quartiers. Autrement dit, installer des personnes socialement et/ou culturellement différentes, côte à côte, au sein du même quartier, ne produit pas magiquement d’effets bénéfiques pour les populations les plus précaires. De façon très concrète, par exemple, les classes moyennes scolariseront le plus souvent leurs enfants à l’extérieur du quartier.

Alternative

Gilles Van Hamme  : Il y a des gens qui sont nés et ont grandi dans les quartiers pauvres et appartiennent aujourd’hui à la classe moyenne ; mais souvent, ils quittent leur quartier d’origine. Pourquoi, plutôt que d’amener une classe moyenne de l’extérieur, ne pas se préoccuper de maintenir la classe moyenne originaire de ces quartiers ? Les politiques de contrat de quartier en particulier ont permis d’améliorer l’espace public ; en revanche, l’espace privé reste peu attractif : petits logements surpeuplés, vieillis, bruyants, rentabilisés notamment par des marchands de sommeil, etc. Aujourd’hui, il faudrait mener une politique volontariste du logement.

 

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