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Controverse anti-avortement à l’UCL: l’enseignement doit être transparent

Un cours de philosophie où l’on challenge les étudiants sur les fondements d’une loi, ses limites, ses liens avec la société, la morale ? Et pourquoi pas ?

Editorialiste en chef Temps de lecture: 3 min

Un cours de philosophie qui débat des arguments pour ou contre l’avortement ? Un cours de philosophie où l’on challenge les étudiants sur les fondements d’une loi, ses limites, ses liens avec la société, la morale ? Mais pourquoi pas ? Dans une université catholique ? Mais évidemment, tout autant que dans une université qui professe le libre examen.

Si l’on commence à limiter le champ de la réflexion, à mettre des tabous sur les possibilités d’analyse, de débat et d’argumentation à l’université, à quoi sert-elle alors ? C’est à l’université que l’on doit former ceux et celles qui devront révolutionner les esprits, rendre possible au quotidien ce qui semblait impossible jusque-là. Il n’y a déjà que trop aujourd’hui de ces professeurs qui préfèrent servir des équations et des formules en vrac dans des cours prémâchés et syllabisés, au lieu d’ouvrir leur science à la discussion et de mettre ces jeunes esprits souvent trop moutonniers en situation de défendre des positions, d’interroger ce qu’on leur enseigne, de questionner des hypothèses, des thèses.

Mais cet exercice de débat, de réflexion, de défi intellectuel qui devrait être le pain quotidien des cours dispensés dans les facultés francophones, cette formation à penser « out of the box » qui est aujourd’hui le seul viatique intéressant pour des jeunes qui vont débarquer dans un monde en plein bouleversement, ne peut être fait que par de vrais professionnels et dans des conditions précises d’excellence et d’éthique.

« Un croisé anti-avortement choisi pour professeur »

La vérité doit encore être établie, nous dit-on sur le cas « Mercier » à l’UCL. Les étudiants sont en droit d’espérer que la clarté totale soit faite, permettant ainsi de bien cerner ce qui se peut et ne se peut pas, en vertu des canons de l’excellence académique.

Mais on peut déjà estimer que ces moments de liberté de pensée, cette formation d’esprits critiques et non de « bons élèves », doivent trouver le cours adéquat, l’année d’études adéquate et le prof adéquat. Il semble bien ici que le problème n’est pas le thème de la « controverse » abordé, ou l’UCL, mais le casting d’un croisé anti-avortement choisi pour professeur.

Avis aux étudiants de l’UCL et d’autres universités : . Soyez exigeants vis-à-vis de vous-mêmes mais aussi de ceux qui vous enseignent. Exigez qu’on ne vous traite pas comme des bouches à nourrir à l’aide de plats préparés ou de cerveaux à formater pour le marché. Exigez de vos professeurs qu’ils vous haranguent, vous challengent, mais exigez-les aussi imparables dans leur science, formidables de rigueur académique mais volcaniques, enchanteurs, vibrants dans leur dialogue avec vous. Ils doivent vous donner faim !

« Vivez vos cours, transcendez-les »

L’enseignement universitaire doit être dansé comme un tango, avec le génie de la technique accumulée et de la passion partagée.

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9 Commentaires

  • Posté par Bernard Delpierre, jeudi 23 mars 2017, 20:45

    Il est curieux de constater que si vous allez dans la bien pensance progressiste et que vous menez un combat contre des législations forcément réactionnaires, nul ne vous en tiendra rigueur que du contraire...Mais essayer de remettre à plat une loi qualifiée de progressiste soulève des torrents d! Indignation qui justifierait votre exclusion de la société. Ainsi , il faut savoir que si certaines lois sont attaquables, d'autres ne le peuvent plus car revêtues du sceau du dogme.... Curieuse cette attitude dogmatique provenant de zélés combattants des dogmes religieux .

  • Posté par Plahiers Michèle, jeudi 23 mars 2017, 16:46

    Quand Madame Delvaux parle de raison, en fait, elle convoque surtout une certaine forme de pragmatisme qui ne s'embarasse d'aucun problème de conscience (tiens! revoilà la science). Demandez-vous pourquoi les deux syllabes sont accolées La meilleure définition de la conscience me semble celle-ci:.Psychologie Fonction de synthèse qui permet à un sujet d'analyser son expérience actuelle en fonction de la structure de sa personnalité et de se projeter dans l'avenir. Ce qui suppose qu'une femme qui décide d'avorter doit le pfaire en pleine conscience afin d'éviter le désagréable retour du refoulé qui amène la personne à devoir payer inconsciemment toute sa vie. Les meurtriers djihadistes ne sont-ils pas aussi un peu de ce retour du refoulé meurtrier que nous tentons par tous les moyens de combattre?

  • Posté par Plahiers Michèle, jeudi 23 mars 2017, 16:40

    Quand Madame Delvaux parle de raison, en fait, elle convoque surtout une certaine forme de pragmatisme qui ne 'embarasse d'aucun problème de conscience (tiens! revoilà la science). Devandez-vous pourquoi les deux syllabes sont accolées La meilleure défintion de la conscience me semnle ceelle-ci:.Psychologie Fonction de synthèse qui permet à un sujet d'analyser son expérience actuelle en fonction de la structure de sa personnalité et de se projeter dans l'avenir. Ce qui suppose qu'une femme qui décide d'avorter doit le pfaire en pleine conscience afin d'éviter le désagréable retour du refoulé qui amène la personne à devoir payer inconsciemment toute sa vie. Les meurtriers djihadistes ne sont-ils pas aussi un peu de ce retour du refoulé meurtrier que nous tentons par tous les moyens de combattre?

  • Posté par Plahiers Michèle, jeudi 23 mars 2017, 16:25

    Après Auschwitz, toutes les universités devraient inclure une: ETHIQUE DE LA RESPONSABILITE. Un avortement, ce n'est pas Rien (anagramme de nier). L'avortement est inscrit dans la mémoire de notre inconscient et en tant que citoyen de la planète, nous lui devons des devoirs de mémoire. Le travail avec l'inconscient inclus aussi le pardon, mais ce pardon nécessite un certain travail: Pourquoi n'ai-je pas pris de moyens de contraception pourtant à ma portée? Vous parlez de raison, c'est bien de cela qu'il s'agit. En ne me protégeant pas, j'étais dé-raisonnable et j'ai cédé à une pulsion. Pulsion amoureuse??? Posons-nous d'abord la question de savoir ce qu'est l'amour (certainement pas un sentiment qui relève de la raison). Demandons-nous surtout pourquoi l'antisémitisme augmente dans les unversités. C'est bien plus grave.

  • Posté par Plahiers Michèle, jeudi 23 mars 2017, 16:23

    Après Auschwitz, toutes les unversités devraient inclure une: ETHIQUE DE LA RESPONSABILITE. Un avortemnt, ce n'est pas Rien (anagramme de nier). L'avortement est inscrit dans la mémoire de notre inconscient et en tent que citoyen de la planète, nous lui devons des des devoir de mémoire. Le travail avec l'inconscient inclus aussi le pardon, mais ce pardon nécessité un certain travail: Pourquoi n'ai-je pas pris de moyens de contraception pourtant à ma portée. Vous parlez de raison. C'est bien de cela qu'il s'agit. En ne me protégeant pas, j'étais dé-raisonnavle et j'ai cédé à une pulsion. Pulsion amoureuse??? Posons-nous d'abord la question de savoir ce qu'est l'amour (certainement pas un sentiement qui relève de la raison).

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