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A quelle sauce budgétaire le Belge sera-t-il mangé?

Pour le Conseil supérieur des Finances, atteindre l’équilibre budgétaire en 2018 est la voie royale mais sera plus douloureux encore que ne l’imagine le gouvernement. Qui minimise par la voix de sa ministre du Budget.

Décodage - Journaliste au service Enquêtes Temps de lecture: 3 min

Le défi du gouvernement de retrouver l’équilibre budgétaire en 2018 a-t-il une chance d’aboutir ? Oui, estime le Conseil supérieur des Finances (CSF), dans un avis publié samedi. Mais cela ne pourra se faire qu’au prix d’un très douloureux traitement de choc budgétaire. Pour les experts du CSF, il s’agit cependant de la trajectoire recommandée.

Les experts du CSF n’excluent pourtant pas que le gouvernement puisse adopter un plan B : se donner un délai supplémentaire d’un an pour le retour à l’équilibre, en étalant l’objectif budgétaire jusqu’en 2019. Le CSF contribue à la préparation du Programme de stabilité 2017-2020 qui doit être transmis à la Commission européenne, au plus tard pour le 30 avril prochain, après concertations avec les Régions et Communautés.

Double trajectoire

Réagissant à l’avis publié samedi, le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA) a bien noté que le CSF favorisait le plan en deux ans, ce qui implique de trouver cinq milliards pour l’ensemble des niveaux de pouvoir en Belgique contre 4,3 milliards si le scénario alternatif est privilégié. « Les chiffres confirment que l’assainissement des finances publiques avance, selon le ministre. Il subsiste toutefois un défi important pour évoluer vers l’équilibre structurel. Le gouvernement va se servir de ces chiffres pour élaborer son budget 2018 ».

La ministre du Budget Sophie Wilmès (MR), elle, « prend acte » des deux trajectoires qui sont proposées par le CSF, l’une pour 2018 et l’autre pour 2019, mais se démarque tout aussitôt de l’analyse qui lui est présentée en constatant une différence de lecture des efforts restant à fournir cette année encore. Car derrière les projections des experts, c’est une guerre des chiffres qui se joue.

Pour comprendre le positionnement des uns et des autres, il faut remonter une quinzaine de jours en arrière. Le 19 mars dernier, prenant tout le monde par surprise, le gouvernement fédéral a présenté son contrôle budgétaire du printemps sans nouvelles taxes et sans annoncer de mesures d’économie. Une vraie partie de plaisir.

Sophie Wilmès minimise

Le gouvernement table notamment sur la flexibilité que laissent entrevoir les règles budgétaires européennes pour les dépenses liées au risque de terrorisme, espérant que la Commission acceptera de fermer les yeux sur 165 millions de dépenses. Qu’il ne faudra donc pas trouver par ailleurs. Dans les calculs de la suédoise, le véritable effort, c’est la réduction du déficit budgétaire structurel de 0,8 % d’ici la fin de l’année. Soit 3,6 milliards.

Mais la « bonne nouvelle » d’un contrôle budgétaire indolore a peine annoncée, le Bureau du plan plantait une première banderille dans l’optimisme gouvernemental en affichant des prévisions nettement moins optimistes. Pour lui, ce ne serait pas 3,6 mais 6,5 milliards d’euros qu’il faudrait trouver.

Une première fois, Sophie Wilmès relativise, rappelant que le Bureau du plan « est généralement plus pessimiste ». Les chiffres ne sont d’ailleurs pas directement comparables. Les 3,6 milliards correspondent aux administrations fédérales et à la Sécu, tandis que les chiffres du Bureau du Plan concernent l’ensemble des niveaux de pouvoirs, même si cette distinction est loin d’expliquer l’importante différence.

Et samedi, c’était au tour du Conseil supérieur des Finances d’annoncer des efforts budgétaires plus exigeants que ceux que prévoit le gouvernement. Mais une fois encore, Sophie Wilmès veut rassurer. Pour elle, en se basant sur les prévisions du Bureau du plan, le CSF n’a pas tenu compte du rendement des mesures prises en 2017 ni des règles de flexibilité européennes. Des divergences de vue que la Commission européenne sera amenée à évaluer, lorsqu’elle entrera en possession du programme de stabilité belge.

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2 Commentaires

  • Posté par Raucq Christian, vendredi 7 avril 2017, 0:05

    Le Portugal m'attire de plus en pus !!!!

  • Posté par Arnould Philippe, lundi 3 avril 2017, 10:21

    2 façons de revenir à l'équilibre : réduction des dépenses, augmentation des impôts. Cependant, l'un respecte le droit de propriété des personnes, pas l'autre. L'un a démontré qu'il n'empêchait pas la croissance de revenir contrairement à l'autre. Mais il faut tot ou tard revenir à l'équilibre. Les conséquences du fait de laisser filer la dette, on sait où ça mène et même si on peut retarder très longtemps, on n'y échappe pas.

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