Accueil Belgique Politique

Publifin: Elio, cause toujours

Le socialiste André Gilles est plus que jamais là, faisant devant la commission un gigantesque bras d’honneur public au PS et à son président. Chez Nethys, rien n’a véritablement changé. Le commentaire de Béatrice Delvaux.

Commentaire - Editorialiste en chef Temps de lecture: 3 min

Aujourd’hui comme hier, les parlementaires aboient, mais la caravane « Moreau/Gilles » passe. Alors que le monde politique s’époumone contre le scandale et les exagérations salariales, les dirigeants de Nethys, non seulement ne font pas de mea-culpa, mais bétonnent, au vu et au su de tous, la pérennité de leur système et de leur personne.

Aujourd’hui, comme hier, chez Nethys et Cie, c’est une petite bande, Willy Demeyer compris, qui mène la danse, et personne n’a rien à leur dire.

Les dirigeants du holding industriel, toujours sous statut d’intercommunale, nous refont sur la composition de leurs instances le coup réalisé à l’époque « Tecteo ». Ils avaient alors réussi à devancer les décrets organisant leur contrôle, et à éviter que l’on puisse avoir barre sur eux. Aujourd’hui rebelote. Alors que la commission d’enquête met en cause le cumul de mandats et de rémunérations des dirigeants provinciaux André Gilles (PS), Georges Pire (MR) et Dominique Drion (CDH) dans la structure et demande plus de gouvernance dans les instances Publifin, Nethys s’exécute en vitesse, mais en fait se fiche surtout carrément du monde. André Gilles ? Il est plus que jamais dans le cœur du réacteur et se refuse à quitter les lieux. Un conseil d’administration moins consanguin ? François Fornieri y entre (ainsi que dans le comité de rémunération) avec Paul Heyse, ce qui revient à y bétonner la présence de la « bande à Bouboule ». Et tout cela entre soi, sans en référer à personne, prenant tout le monde de court et vas-y que je t’arrange l’affaire à ma sauce.

De qui se moque-t-on ?

Mais de qui se moque-t-on ? Du citoyen en général et d’Elio Di Rupo en particulier.

Il est le seul président de parti à ne pas (oser ?) se faire obéir dans cette affaire et à ne pas avoir mis de l’ordre dans ce repaire d’indépendantistes qui ont fait une OPA sur un outil public. Le MR a réglé le sort de Georges Pire – Daniel Bacquelaine ne s’est pas privé de le clamer ce vendredi. Le CDH a fait de même avec Dominique Drion. Mais le socialiste André Gilles, lui, est plus que jamais là, faisant devant la commission un gigantesque bras d’honneur public au PS, à son président, tout en déversant son mépris et son déni à la tête de son camarade Prévot, bien seul vendredi soir pour défendre l’honneur et les valeurs de son parti. « M. Gilles, comme socialiste, j’estime que vous ne devriez plus avoir un seul orteil dans Nethys », a osé courageusement Prévot, et Gilles de lui répondre : « Vous n’êtes pas mon juge  ! » Tout est dit.

A force d’attendre, de soupeser, de se protéger, Elio Di Rupo a surtout acté son impuissance, entraînant son parti avec lui : le PS peut faire tous les chantiers de gouvernance de l’avenir qu’il veut, on a vu hier qu’il n’a ni les moyens, ni la volonté, ni le pouvoir de les faire respecter.

 

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

20 Commentaires

  • Posté par Champ Des Mottes , mardi 18 avril 2017, 10:09

    Je suis effaré de voir l'unanimité des commentaires sur l'état du PS. Je pense qu'en l'etat actuel des choses, il convient dans l'immediat que les Wallons comprennent qu'il faut arrete de vote PS.. Mais suis en même temps d'accord avec le message de ce dimanche (11 h 14') pour dire qu'il convient que le PS fasse un grand nettoyage dans ses écuries.

  • Posté par Mente Daniel, lundi 17 avril 2017, 9:09

    Qui sont les personnes présentes dans les conseils d'administration? Qui à pouvoir de vote dans les assemblées? Les dirigeants sur la sellette et en place ont-ils tout le pouvoir de vote pour qu'on ne sache pas tout remettre en cause? Qu'est-ce que les caciques du PS attendent pour déboulonner ceux qui leur font un tel pied de nez? Ou alors que l'on dépolitise complètement l'ensemble de la structure et qu'on la laisse à une gestion capitalistique "classique" où tous les comités politiques destinés à conférer un poids/ influence aux partis disparaissent et allègent la gestion tant en son aspect financier (rémunérations) que travail (préparation des "comités"). Si tout n'est pas ENTIEREMENT nettoyé, qu'on laisse faire les gestionnaires en place,et qu'on supprime les comités. Ce sera économiquement plus efficient. ET m... pour les politiciens.

  • Posté par Hubin Olivier, dimanche 16 avril 2017, 21:43

    Le PS, c'est la mainmise hégémonique sur l'ensemble de la Wallonie avec un marchandage permanent sur l'axe Mons-Charleroi-Liège. Se servir avant de servir est sa doctrine. La responsabilité des électeurs sera énorme en 2018 et 2019 : personne ne pourra plus dire qu'il ne savait pas.De la à voter PTB...

  • Posté par Lhoest Christian, dimanche 16 avril 2017, 18:26

    Ce qui circule sur le web à propos d'Elio et son fric ( plus de 320000€ par an et ses cumuls) fait des rebelles liégeois de simples enfants de chœur. Il en va de même pour Laurette et ses avocats....Quelle MERDE..tout à fait d'accord avec le citoyen Pût.

  • Posté par Put Jef, dimanche 16 avril 2017, 11:57

    Le probleme Wallon? Trop d'etat, trop de politique, trop de clientélisme, trop de fonctionnaires, trop de syndicats, trop d'assistanat.... TOUT cela immobilise la Wallonie et la met hors concurrence avec ses voisins. Le Wallon attend trop de l'état, depuis sa poussette jusque dans sa tombe.

Plus de commentaires
Sur le même sujet

Aussi en Politique

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une