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La provocation stérile de Bart De Wever

Bart De Wever a entrouvert le fameux frigo communautaire, le temps de réaffirmer sa vision nationaliste. Sa stratégie  : les francophones finiront pas demander eux-mêmes le confédéralisme pour que cesse le supplice. Amaï !

Édito - Chef du service Politique Temps de lecture: 3 min

Bart De Wever a entrouvert mercredi le fameux frigo communautaire, le temps de réaffirmer sa vision nationaliste. Et ce qu’on y trouve est un peu gâté – cette trame est connue depuis 2009 – et peu ragoûtant. La stratégie, cynique et condescendante pour les francophones tient en une phrase : en prenant des réformes socio-économiques dures au fédéral, les francophones, connus pour être des socialistes et des communistes, finiront pas demander eux-mêmes le confédéralisme pour que cesse le supplice. Amaï !

On émet d’abord quelques doutes sur cette partition. Si l’on entend bien Bart De Wever, elle est à l’œuvre depuis 2014. Les réformes socio-économiques se multiplient, effectivement. Mais les francophones, MR compris, sont encore, toujours et peut-être plus que jamais « demandeurs de rien », pour reprendre l’expression du président de la N-VA. La Sixième réforme de l’Etat leur a donné 20 ans pour se redresser. Que demander d’autre, pour le moment ?

En outre, en Belgique, il existe heureusement des contre-pouvoirs pour empêcher un parti d’instrumentaliser une institution pour mener des politiques qui n’ont pas pour objectif le bien commun. Il y a les syndicats, l’opposition, mais aussi, dans un gouvernement de coalition, le CD&V et, sur certains dossiers le MR. On pense à la limitation dans le temps des allocations de chômage que les libéraux francophones ont barré avec force.

Les Régions ont d’autre part en leurs mains une série de leviers socio-économiques qui leur permettent de contrer certaines politiques fédérales jugées trop dures. La Wallonie n’a-t-elle pas contré le Ceta, jugé antisocial, dans sa première mouture ? Décidé d’un saut d’index des loyers pour contrer le saut d’index salarial du fédéral ?

Enfin, la stratégie de Bart De Wever est, aussi, particulièrement dénigrante pour le partenaire libéral francophone, transformé publiquement en complice voire instrument de la stratégie autonomiste flamande. Pas sûr que Charles Michel et les siens se reconnaîtront dans ce portrait.

Alors pourquoi cette nouvelle provocation ?

La N-VA a-t-elle pour but de rassurer le mouvement flamand, voire les électeurs volatils du Vlaams Belang ? Est-ce une façon, pour Bart De Wever, de justifier sa présence au fédéral, où son parti conforte sa crédibilité de bon gestionnaire ? Ou y a-t-il un vrai projet flamand de court terme pour revenir sur les acquis de la Sixième réforme de l’Etat ? On le saura, au plus tôt, en fin de législature. Mais il serait bon que les francophones, actuellement divisés et notablement incapables, eux, de se doter d’une stratégie claire et assumée, commencent à y penser.

 

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1 Commentaire

  • Posté par Van Impe Louis, jeudi 4 mai 2017, 9:29

    Faut lui dire qu'on voit le drapeau belge sur son anorak, ça va lui faire plaisir !

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