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Les piétonniers font marcher le commerce

La mise en piétonnier est souvent vécue par les commerçants comme la mort de leur affaire. Pourtant, avec du recul, la plupart semblent satisfaits.

Journaliste au service Bruxelles Temps de lecture: 3 min

La Ville de Bruxelles disposera prochainement d’un des plus grands piétonniers européens mais elle n’est pas la première ville à avoir eu cette idée. En France, plusieurs métropoles ont aussi basé leur développement commercial, immobilier et touristique sur la mise en piétonnier de certaines de leurs artères. On cite souvent en exemple la municipalité d’Orléans qui a été une des premières à fermer sa principale artère commerçante à la circulation automobile, autorisant uniquement le passage des trams. Puis vient le tour de Strasbourg, de quelques petites ruelles du vieux Nice, de Marseille et surtout de Bordeaux.

Changement de mentalités

Cette idée est née dans l’esprit de l’ancien maire Jacques Chaban-Delmas dès les années 70, époque pourtant durant laquelle la voiture est reine. Il voulait mettre en piétonnier la rue Sainte-Catherine, la plus grande rue commerçante de la 4e  ville de France. Le projet se réalise malgré les fortes oppositions et, dès l’arrivée d’Alain Juppé (Les Républicains) à la mairie dans les années 90, la municipalité s’attelle à étendre la zone réservée aux amateurs de marche.

« Aujourd’hui, on atteint les 80 hectares de zone piétonne, explique Marie-Elisabeth Sapin, responsable des affaires étrangères pour la mairie de Bordeaux. On a assisté à un véritable changement des mentalités. Avant, personne ne voulait entendre parler de ce piétonnier. Aujourd’hui, aucun habitant ne voudrait revenir en arrière. Je pense que cela a été un véritable plus pour la ville comme le réaménagement des quais le long de la Garonne. Cela attire les touristes et on a parlé de Bordeaux dans de nombreux magazines comme étant une ville agréable à visiter loin du tumulte de la circulation. »

Aucun conflit

En effet, pas besoin de tourner la tête à gauche et à droite dès que l’on s’enfonce dans les petites rues du centre-ville. A la nuit tombée, habitants et fêtards du jeudi soir se croisent sans qu’aucun conflit n’éclate. Les habitants n’ont pas délaissé les ruelles contrairement aux craintes exprimées avant les transformations. Au contraire même, il serait aujourd’hui très difficile de trouver un appartement à vendre ou à louer dans le vieux Bordeaux. « Cela a créé un dynamisme, continue Marie-Elisabeth Sapin. Les gens avant se rendaient peu dehors. Malgré le beau temps, les Bordelais n’étaient de grands consommateurs de terrasse. A présent, cela vit. »

Côté commercial, la diversification attendue s’est produite. La municipalité a été attentive à une bonne répartition des enseignes. Il ne fallait pas que certains lieux soient envahis par les restaurants, les cafés ou les boîtes de nuit sous peine de perdre les riverains. Des commerces plus haut de gamme sont également venus s’installer dans des artères autrefois remplies d’échoppes de moindre qualité. Cela a également permis aux propriétaires d’augmenter les loyers.

Un millier de logements

Il y a peu, les bornes qui empêchaient la circulation des voitures, ont été retirées sans pour autant que les automobilistes s’engouffrent à nouveau dans les ruelles. Visiblement, les mentalités ont changé et les habitants utilisent le réseau de tram très développé. Même si l’installation se fit dans la douleur car tous les chantiers ont eu lieu en même temps, cela a permis d’abréger les souffrances et d’obtenir directement un maillage assez dense pour compenser la voiture particulière.

En 2030, Bordeaux affichera tout de même un autre visage. Un projet de 92 millions d’euros couvrant 148 hectares est sur les rails. Durant cette période, la municipalité se concentrera sur la mise en avant du patrimoine architectural du centre et la construction de nouvelles habitations. Au final, ce sont 1.000 logements qui devraient être créés et apporter la densification et l’amélioration de l’habitat du centre-ville nécessaire à la ville qui a l’ambition d’accueillir 100.000 habitants de plus à l’horizon 2030.

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