Un nouveau record de créations d’entreprises

© Dominique Rodenbach.
© Dominique Rodenbach.

L’Atlas du créateur compilé chaque printemps par l’entreprise d’études de marché Graydon et les organisations de défense des classes moyennes Unizo et UCM est devenu en quelques années un outil statistique incontournable pour prendre le pouls de l’entrepreneuriat en Belgique. Et les nouvelles sont plutôt bonnes…

En hausse en Wallonie aussi

« L’entrepreneur belge en devenir a visiblement retrouvé son appétit. 2016 marque un nouveau record avec une augmentation de 8,7 % du nombre de créations d’entreprises (1), » se réjouit Eric Van den Broele, responsable de l’étude chez Graydon. Cette augmentation est constatée dans toutes les régions, même en Wallonie (+4,9 %) après quatre années de stagnation. La progression wallonne reste toutefois en deçà de celle de la Flandre (+7,2 %) et Bruxelles (+6,7 %). Bruxelles reste proportionnellement la ville la plus dynamique sur ce point.

Petite curiosité en 2016 : l’explosion des sociétés dont le siège principal est basé à l’étranger (+59 %), bien que celles-ci ne représentent “que” 5.500 sociétés. « On ne se l’explique pas encore. Une conséquence du Brexit ? Cela paraît trop tôt… », admet Eric Van den Broele. Une hypothèse pourrait être la multiplication de petites sociétés liées à l’e-commerce ou à l’économie “participative”. Conjuguée à un contexte global favorable, où pas mal d’entreprises internationales ont des excédents de cash et n’hésitent pas à investir dans une représentation ou un bureau de vente au cœur de l’Europe.

Le taux de croissance nette des entreprises belges – le solde entre les créations et les cessations (notons à cet égard que les faillites représentent moins de 20 % des disparitions) – a atteint 2,10 % en 2016, contre 1,57 % en 2015 et 0,27 % en 2014.

© Le Soir.
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Tournant pour les sociétés

« 2016 peut en outre être considérée comme un tournant car les créations de nouvelles entreprises en société croissent désormais plus vite que celles en personne physique. C’est une bonne nouvelle car les sociétés ont généralement un potentiel de création d’emplois et d’innovation plus grand que les entreprises en personne physique » souligne Eric Van den Broele.

A propos d’emplois, 9,7 % des entreprises créées en 2016 ont engagé du personnel, un chiffre stable. Petit cocorico wallon, puisque la Région sudiste atteint 12,4 % sur ce plan (contre 12,1 % à Bruxelles et 9,1 % en Flandre).

Le taux de survie à 5 ans des entreprises est de 68,8 %, un peu plus faible en Wallonie (65,8 %) qu’à Bruxelles (67,1 %) et en Flandre (69,1 %). « En pourcentages, il n’y a pas davantage de faillites chez les starters que chez les entreprises d’un certain âge » précise l’analyste de Graydon.

Les bémols

D’après l’analyse de Karel Van Eetvelt, administrateur délégué de l’organisation flamande Unizo, un taux de création nette d’entreprises de 2,10 %, c’est bien mais c’est insuffisant pour réellement relancer la croissance, compte tenu notamment des défis du vieillissement de la population. « Ce taux n’est encore que la moitié de ce que l’on a pu connaître certaines années avant la crise financière de 2008. On constate que dans notre pays, la santé de l’entrepreneuriat va de pair avec la conjoncture économique. Ce n’est pas le cas partout : dans la plupart des pays, la part d’indépendants augmente quand l’économie va mal. »

Le patron de l’Unizo salue les mesures gouvernementales comme l’absence de cotisations sur la première embauche ou le « prêt coup de pouce/win-win » mais préconise d’aller plus loin pour entretenir le regain de dynamisme de l’entrepreneuriat en Belgique : « Il faut gommer certaines différences qui subsistent au niveau du statut social entre indépendant et salarié, diminuer les charges administratives et réformer l’impôt des sociétés. »

Son collège Arnaud Deplae, de l’UCM, est évidemment du même avis. « L’administration doit être plus “PME-friendly”. Les banques doivent également plus systématiquement recourir aux outils publics existants (garanties ou cofinancement) pour donner de l’oxygène financier aux ‘starters’. » L’UCM rêve par ailleurs de cotisations sociales réduites pour les entrepreneurs débutants.

« La densité d’entrepreneurs (NDLR : nombre de “starters” par 1.000 habitants) est passée de 7 à 8, mais on doit faire mieux. »

Fortes disparités provinciales

Un point qui interpelle d’ailleurs au niveau wallon, ce sont les fortes disparités provinciales de cette densité entrepreneuriale : de 5,5 % dans le Hainaut et le Luxembourg, contre 9,4 % dans le Brabant wallon, en passant par 6,4 % à Liège et 6,8 à Namur. Cette dernière province semble toutefois se réveiller, puisqu’elle signe la plus forte augmentation du nombre de starters en 2016 (+11,12 %). Le Hainaut, qui enregistre une stagnation de +1,16 % en 2016, serait en train d’exploser au 1er trimestre 2017, selon des premières indications provisoires (+11,69 %).

Bruxelles reste la région la plus ‘entreprenante’ mais les premières tendances 2017 indiquent une légère décrue (-1,64 %) dans la capitale.

« La densité d’entrepreneurs est passée de 7 à 8 pour 1.000 habitants en Belgique. C’est bien mais cela reste trop peu. » Arnaud Deplae, secrétaire général de l’UCM.

 
 
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