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Napoléon aimait les arts qui chantaient sa gloire

Des artistes de très grand renom ont marqué le règne de Bonaparte. En promenade à Paris, nombreux sont les édifices qui nous rappellent la gloire de Napoléon.
Journaliste au service Politique Temps de lecture: 6 min

Commençons par la fin. Pour entamer une promenade sur les traces laissées par Napoléon dans les rues de Paris, un détour initial par les Invalides s’impose. Sous le dôme de l’église Saint-Louis, repose l’Empereur dans un impressionnant tombeau de quartzite rouge. Ses cendres y ont été transférées en 1840 seulement, près de vingt ans après son décès.

Napoléon y est en excellente compagnie. Des touristes en très grand nombre, tout d’abord : en 2014, le site des Invalides qui est intégré en réalité au musée de l’Armée a franchi pour la première fois le cap du million et demi de visiteurs. La plupart de ces gens viennent pour Napoléon, il suffit pour s’en convaincre de les voir se masser autour du catafalque avec le seul espoir de ramener à la maison la même photo que celle du voisin…


L’Empereur avait eu l’idée de transformer ce dôme en Panthéon militaire. Il y occupe la place centrale. Il a droit à d’imposantes couronnes de fleurs : le Prince Napoléon, le Souvenir Napoléonien, la Fondation Napoléon et même… l’Amicale des Ajacciens de Paris, le natif de Corse n’est pas oublié des siens. Il est entouré des tombes de Vauban et de Turenne, mais aussi de Foch et de Lyautey. De quoi échanger des souvenirs de bataille, une fois le calme revenu.

Ce tombeau des Invalides est à l’image du personnage qu’il abrite. Pour Paris, Napoléon avait des idées de grandeur. Pour lui aussi, la suite de notre visite va vite le démontrer. Si l’Empereur a transformé la ville, il a surtout voulu que les architectes et les artistes dont il sollicitait la collaboration célèbrent sa gloire, celle de la Révolution puis de l’Empire et des grandes batailles qui ont marqué ces époques. L’Arc de Triomphe de l’Etoile en est un bel exemple.


L’édifice planté au milieu d’un des giratoires les plus dingues d’Europe n’est pas entièrement consacré à la gloire de l’Empereur, même s’il s’agissait bien en le construisant de souligner ses victoires. Napoléon en a fait poser la première pierre le 15 août 1806, date de son anniversaire. Le chantier conduit par l’architecte Chalgrin vécut au rythme des hoquets de l’histoire de France, et l’Empereur n’en vit jamais la fin puisque les travaux furent achevés en 1836 seulement.

Plus discret et moins imposant, l’Arc de Triomphe du Carrousel porte quant à lui à 100 % la griffe de Napoléon. Il fut construit entre 1806 et 1808 par Percier et Fontaine en souvenir d’Austerlitz (1805). La référence figure en toutes lettres sur le fronton : « À la voix du vainqueur d’Austerlitz ».

L’Arc du Carrousel s’inscrit dans l’incroyable perspective parisienne qui va de l’Etoile (on pourrait même évoquer beaucoup plus loin l’Arche de la Défense) jusqu’au Louvre en passant successivement par les Champs-Élysées, la place de la Concorde et son obélisque (qui n’est pas dû à Napoléon, lui) et les allées du Jardin des Tuileries.

Entouré d’arbres, de marchands à la sauvette, de pigeons et de touristes engouffrant leurs sandwiches, ce témoignage artistique à la gloire de l’épopée napoléonienne ne retient guère l’attention. Il faut pourtant saluer comme il le mérite ce monument : il est l’ultime vestige du palais des Tuileries qui se dressait à cet endroit jusqu’en 1871, année de sa destruction.

À deux pas de là, le musée du Louvre. Si l’on ne craint pas la foule, on peut s’y engouffrer. Pour trois bonnes raisons au moins. Tout d’abord, se souvenir que l’endroit se dénommait « musée Napoléon » entre 1802 et 1815. Et pour cause : les premières collections s’enrichirent largement des œuvres ramenées de l’étranger au fil des campagnes militaires. Elles durent être restituées à leurs pays d’origine après le traité de Paris de 1815.

On peut aussi plonger dans Le Louvre pour y découvrir les œuvres des principaux artistes qui exercèrent leur art sous Napoléon, souvent avec une déférence qui impose de prendre un certain recul en les admirant. À commencer par Louis David dont « Le Sacre » est un des tableaux les plus observés du musée. L’écrivain Jean Tulard résume ainsi les rapports entre l’Empereur et le peintre : « Sans David, que serait Napoléon ? Sans Napoléon, que serait David ? » Tout est dit…

Enfin, Le Louvre, c’est aussi la rue de Rivoli. Cet axe est-ouest au centre de Paris est une idée de Napoléon lui-même, dès 1801 alors qu’il n’était encore que premier consul. Il fallait tracer au cœur de la ville un passage rapide et performant qu’on baptisa du nom d’une victoire de la campagne d’Italie.

De nombreuses façades encore visibles aujourd’hui datent de cette époque. Le projet révolutionna la circulation dans la capitale.

Traversons (prudemment) la rue de Rivoli et poussons une pointe jusqu’à l’église de la Madeleine. L’idée peut sembler saugrenue puisque la construction de cet édifice atypique débuta sous Louis XV en 1763 et ne s’acheva qu’en 1842. Mais ici aussi, Napoléon a laissé une trace indélébile. On peut admirer Bonaparte dans toute sa splendeur au premier plan de la fresque géante de Ziegler qui domine le chœur. Il est accompagné du pape Pie VII en référence à la signature du Condordat avec le Vatican en 1802. On aperçoit aussi Richelieu, Jeanne d’Arc et même Godefroy de Bouillon…

En 1806, après sa victoire à Poznan, Napoléon pensa un moment transformer l’église en chantier en temple à la gloire des armées françaises, mais il y renonça finalement laissant la Madeleine vivre sa vie de lieu de culte.

Pas loin de là, un détour s’impose par la place Vendôme. Allons découvrir la colonne du même nom entourée des vitrines des plus grands joailliers. Pas de doute cette fois : ce monument a été voulu par Napoléon (1806-1810) et pour la gloire de Napoléon après son triomphe à Austerlitz. Sauf que… circulez, il n’y a rien à voir (pour le moment) : la colonne est en rénovation, elle est entourée d’un échafaudage qui la rend invisible.

Cela dit, la visite de chantier est bigrement intéressante : les palissades racontent l’histoire de l’endroit à travers des gravures et des photos d’époque. On découvre ainsi les trois statues successives de Napoléon : 1810, 1833 et 1863. On mesure le carnage de pierre que fut la démolition intégrale lors des événements de la Commune. Un petit musée à ciel ouvert, très intéressant.

Notre promenade prenait son envol au tombeau de Napoléon. Pour les passionnés du sujet, un détour s’impose au cimetière du Père-Lachaise. Il faut un peu de patience et beaucoup de chance pour atteindre son but, mais l’endroit abrite pour l’éternité quelques-uns des grands hommes (et femmes) qui ont marqué l’histoire napoléonienne : Grouchy, Cambacérès mais aussi le cœur de Marie Waleska. La boucle est bouclée.

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