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Le quartier du Midi attend patiemment sa seconde jeunesse

Le quartier de la gare du Midi est vieillissant et n’attire pas les occupants internationaux. Pire, les projets manquent cruellement dans une zone qui a pourtant de beaux atouts à faire valoir.

Journaliste en charge du Soir Immo Temps de lecture: 4 min

Ce n’est pas le plus grand des quartiers de bureaux à Bruxelles. C’est même le plus petit avec ses 547.000 m2 actuels (le quartier européen fait à lui seul 3 millions de m2...), et même le plus récent du CBD (Central Business District), mais c’est assurément une plaque tournante du trafic ferroviaire de la capitale et en cela, il mérite une attention particulière.

Depuis des années, la Région de Bruxelles-Capitale planche sur cette « aire de jeu » qui tarde à présenter un visage décent à ses habitants, aux promoteurs qui ont décidé d’y investir leurs deniers ainsi qu’aux visiteurs étrangers qui y débarquent via le Thalys pour une villégiature dans la capitale.

Révélé la semaine dernière par le service Inventimmo, un bureau d’études dépendant de Citydev. brussels, un chiffre inquiète particulièrement : alors que le quartier du Midi a affiché pendant longtemps le taux de vacance des bureaux le plus bas de la Région bruxelloise, celui-ci augmente d’année en année. Il est passé en un an de 6,8 à 8,4 %. En d’autres termes, le quartier fait fuir ses occupants au lieu de les attirer.

La faute à une physionomie qu’il convient de renouveler rapidement. « Le quartier du Midi est essentiellement un quartier de transit. On y passe mais on ne s’y attarde pas, révèle à ce sujet Pierre Demeuter, collaborateur au sein de la cellule Inventimmo. Sa vocation de quartier d’affaires international ne s’est pas concrétisée puisque seules quelques sociétés françaises (NDLR : le n°1 mondial des produits laitiers Lactalis, le prêt-à-porter Celio…) ont profité de la bonne connexion vers Paris pour s’y installer. Le secteur de la finance est par exemple sous-représenté, à l’exception des employés de Delta Lloyd Life. »

Qui occupe le quartier du Midi ? Bâtiment le plus emblématique du coin depuis 1967, la tour du Midi, plus communément appelée Tour des Pensions, symbolise à lui seul l’occupation majoritaire des lieux par différents arcanes de l’administration fédérale qui sont logés essentiellement dans la tour du Midi et les bâtiments Eurostation et Horta. A une part égale, la zone est occupée par la SNCB, ses filiales et ses fournisseurs. Le reste étant pris par les services et les occupants historiques tels que les éditions Dargaud-Lombard ou Test-Achats.

« Le gros problème est qu’il y a peu, voire pas du tout, de projets à court terme, exception faite de la tour Victor, insiste notre interlocuteur. C’est aussi un quartier où les bâtiments existants sont vieillissants. »

On pense ici tout particulièrement aux différentes structures appartenant à la SNCB, et notamment le bâtiment du Tri postal, désaffecté depuis une quinzaine d’années (!), et dont personne ne sait si elle va le céder ou se le réapproprier. La SNCB est d’ailleurs vue comme l’acteur incontournable qui a bloqué tout nouvel investissement dans le quartier. Fin 2016, elle a annulé ou revu ses projets et ne consacre pour l’instant des moyens qu’à la rénovation de l’intérieur de la gare. « C’est une décision qui interpelle compte tenu de l’état d’obsolescence et du besoin de rationalisation de son parc de bâtiments dans la zone, affirme sans détour Pierre Demeuter. Sans elle, le projet de gare du Midi du futur ne pourra pas se concrétiser. Le Plan d’Aménagement Directeur (PAD) est attendu cette année-ci et il faudra d’urgence se remettre à la table des négociations. Qui sait, ce sera peut-être le cas avec la nouvelle CEO de la SNCB (NDLR : Sophie Dutordoir)... »

En attendant qu’un vent nouveau souffle sur ce quartier pourtant retenu comme l’une des douze zones prioritaires par la Région pour l’émergence du « Bruxelles du futur », les différents acteurs ne cessent de rêver en feuilletant le schéma directeur ambitieux qui a pourtant été adopté l’année dernière par le gouvernement bruxellois et qui prévoit des nouveaux bureaux, des logements, des commerces et une revalorisation de l’espace public.

De plus, les sites de bureaux le long de la rue des Deux Gares, où de grandes parcelles réaffectées en Zemu (Zones d’Entreprises en Milieu Urbain) affichent une vacance grandissante, devraient être bientôt entièrement redéveloppés.

En attendant, les habitants du quartier croisent les doigts et attendent des signes tangibles de développement...

 

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