Bientôt un quartier 100% «smart» à Bruxelles?

Les députés Benoît Cerexhe et Hamza Fassi-Fihri. © Pablo Garrigos.
Les députés Benoît Cerexhe et Hamza Fassi-Fihri. © Pablo Garrigos. - pablo garrigos.

La transition numérique est un enjeu cher au CDH : en 2014, c’est le seul parti qui y consacrait un plan global dans son programme électoral bruxellois. « Il s’est donc largement retrouvé dans l’accord de gouvernement, commente Hamza Fassi-Fihri, député régional. Aujourd’hui, nous poursuivons la réflexion et pensons déjà aux nouveautés que nous défendrons à l’avenir. »

Ainsi, en marge d’un colloque organisé sur le thème de la « smart city » (comment les nouvelles technologies peuvent améliorer la vie en milieu urbain), les humanistes ont dévoilé une série de propositions sur le sujet. Avec un projet phare : le développement d’un quartier modèle intelligent, où tout serait « smart » : la gestion de l’énergie, des bâtiments, des déchets, de la mobilité… « Il faudrait une étude de faisabilité pour savoir où implanter un tel projet, précise le chef de groupe Benoît Cerexhe. En ce qui nous concerne, nous avons pensé à l’un des dix quartiers que le gouvernement bruxellois souhaite développer. Ce sera sans doute plus facile de travailler avec un site libre qu’avec un bâti ancien : par exemple, Schaerbeek Formation ou Josaphat. »

Le CDH a une source d’inspiration pour ce nouveau quartier : « la Confluence », un vrai morceau de ville ultramoderne au cœur de Lyon. « Il s’agit d’un ancien endroit industriel où il y avait de nombreuses friches, explique Marie-Anne Gobert, conseillère technique Développement durable à la métropole de Lyon. Nous avons profité de cet espace au cœur de la ville pour créer un quartier durable et intelligent. »

A la Confluence, plusieurs projets « smart » ont été mis sur pied : construction de bâtiments très performants au niveau énergétique, création d’une flotte de véhicules électriques partagés, implémentation d’un centre de gestion énergétique à l’échelle du quartier…

Une école de codage

Côté finances, les autorités publiques lyonnaises ont réussi à attirer de gros investisseurs privés. Par exemple, un groupe japonais a investi 50 millions d’euros dans trois bâtiments intelligents qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment. Le pouvoir public n’est donc pas celui qui met le plus la main au portefeuille : Marie-Anne Gobert explique que son rôle est surtout de « donner l’impulsion, de coordonner et d’orchestrer tout cela ». Avec une attention, tout de même : que les pouvoirs publics soient présents à chaque réunion. « Il ne faut pas donner les clés de la ville à un privé. »

L’exemple lyonnais inspire beaucoup le CDH. Qui verrait bien dans ce nouveau quartier une école de codage comme il en existe en France. « La formation est un des enjeux clés, note Hamza Fassi-Fihri. En France, cette école permet de réinsérer dans le secteur numérique des jeunes qui sont souvent en situation de décrochage scolaire. Nous pourrions aussi envisager de créer des options dans les filières techniques à l’école, et de créer un fonds d’investissement spécifique. »

Pour les centristes, un quartier semblable à celui de la Confluence constituerait une belle vitrine pour Bruxelles, combinée à une stratégie « smart city » portée sur l’entièreté du territoire régional.

Sur le même sujet
InvestissementsFrance
 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Elaborer des vaccins et des traitements prend du temps. Dans l’urgence, les chercheurs testent des molécules efficaces contre d’autres virus.

    Comment un laboratoire belge traque le coronavirus

  2. En 2020, la liste des travaux en attente flirte avec les 113
millions d’euros alors qu’il y a moins de 20
millions à distribuer.

    Ecoles: quatre classes sur dix risquent la fermeture dans les 5 à 10 ans

  3. © Photo News.

    Au Parlement, la coalition Vivaldi se démarque pour voter les lois

La chronique
  • Du triomphe des Verts à l’écologie comme religion

    Top là !… Les écologistes autrichiens n’ont pas longtemps hésité avant de signer un accord de gouvernement avec la droite très conservatrice autrichienne.

    Les « Grünen » allemands s’apprêtent à les imiter.

    Trois semaines plus tard, à Paris, l’extrême gauche écolo-anarchisante d’« Extinction-Rebellion » s’attaquait à des succursales bancaires et dégradait, après les avoir envahis, les locaux de la société financière BlackRock.

    Entre les deux événements, c’est le centrisme macronien qui décidait de se repeindre en vert. En vert cru.

    Il existe également un écologisme d’extrême droite, rappelait opportunément Le Figaro  : l’immigration désignée comme une pollution. La ruralité opposée à la ville corruptrice, retour à la terre. Le refus de la PMA ou de la GPA assimilé à un refus des OGM. Contre l’atteinte à l’intégrité de la nature, contre...

    Lire la suite