Nodebais: mon terrain, ma maison sont-ils situés en zone inondable?

Au bord du Nodebais, une roselière contemplée par la nouvelle responsable de la plateforme inondations de la Province. Comme quoi la création d’un bassin d’orage pour aussi raviver la nature... © J.-P. D.V.
Au bord du Nodebais, une roselière contemplée par la nouvelle responsable de la plateforme inondations de la Province. Comme quoi la création d’un bassin d’orage pour aussi raviver la nature... © J.-P. D.V.

Une magnifique roselière au milieu de laquelle coule le Nodebais, dans l’ancien village du même nom, à Beauvechain. Un petit cours d’eau qui peut se transformer complètement lors de crues, à tel point qu’un bassin d’orage de 8.000 m3 a été créé au chemin des Prés. Par une vanne et par le creusement de l’endroit, on est capable de stocker là de l’eau temporairement, pour éviter des inondations en aval. Des travaux qui reviennent aux environs des 10 euros par m3 retenus.

Si vous habitez dans le coin, vous avez désormais accès à cette information grâce à la plateforme inondations (1) mise au point par l’UCL et qui vient d’être reprise par la Province. Une majeure partie des informations est même depuis ce mardi accessible au grand public, le restant l’étant aux acteurs de l’eau, les communes en particulier.

« L’objectif recherché est de donner à chacun les informations qui manquaient jusqu’ici sur le terrain, appuie le député provincial Marc Bastin (MR). Qui est responsable de tel cours d’eau ? Combien d’aléas inondation ont déjà été recensés à cet endroit-là ? Quels sont les travaux qui ont déjà été réalisés ? Et, pour les responsables communaux ou provinciaux, quelles sont les personnes à contacter en cas de nouvelle crue ? »

Et l’hydrologue Alexandra Bauwens, qui vient de reprendre en charge la lutte contre les inondations à la Province et donc la gestion de la plateforme inondations, de pointer la carte du Brabant wallon : « Tous les phénomènes ont été recensés depuis 1988 et jusqu’en 2014. En zoomant, on voit apparaître des pastilles. Vertes, là où peu de faits ont été recensés en un même endroit, puis jaunes et, enfin rouges, comme sur Wavre, Tubize et Court-Saint-Étienne, les trois cités les plus concernées par les inondations. Et dans une moindre mesure Chaumont-Gistoux, Grez-Doiceau et Chastre. »

A chaque fois, les ouvrages réalisés à proximités sont recensés. Important par exemple si l’on veut savoir si un terrain que l’on souhaite acheter pour y installer son habitation ou son entreprise se trouve en zone d’aléa inondation ou sur un axe de ruissellement. Une manière aussi éventuellement de pouvoir faire connaître l’existence d’un bassin d’orage qui ne serait pas repris sur la carte interactive. Et si l’on dispose de l’application Betterstreet sur son smartphone de pouvoir signaler rapidement un nouveau fait.

Il va de soi que cette plateforme inondation est amenée à évoluer, notamment par des mises à jour régulières. La Province peut aussi déjà savoir quelles sont les communes qui ont l’habitude d’y aller pour l’alimenter, mais elle se refuse de donner le nom des mauvais élèves.

« Le problème le plus important, cela reste de convaincre les propriétaires d’un terrain de la nécessité de réaliser un bassin d’orage ou une zone d’immersion temporaire, conclut Marc Bastin. L’exemple de Cocrou, à Grez-Doiceau, est symptomatique. Et comme on doit passer par la Région pour obtenir des expropriations pour cause d’intérêt public, des dossiers mettent des années pour se concrétiser… »

(1)  http://www.brabantwallon.be/inondations/.

Sur le même sujet
Inondation
 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. La menace est bien moins grave que d’autres maladies ou d’autres risques. La grippe saisonnière contamine bien plus de Belges que le coronavirus.

    Coronavirus: la Belgique évalue et se tient prête

  2. Entre 2.000 et 3.000 bovins sont vendus chaque semaine à Ciney.

    Le plus grand marché aux bestiaux du pays menacé de fermeture

  3. ballen 1

    Art: à la Centrale électrique, dans la tête de Roger Ballen

La chronique
  • La chronique de Véronique Lamquin: à Bruxelles, le Canal n’est pas une frontière

    Sur la carte, c’est un liseré bleu pâle, strié d’une vingtaine de traits plus ou moins gros. C’est qu’il y a des ponts qui charrient des bandes de circulation en mode entonnoir déversoir, comme Van Praet, d’autres qui ne supportent que des voies, de métro ou de train. Vingt traits d’union entre les deux rives, c’est peu, sur quatorze kilomètres… Sur la carte mentale de beaucoup de Bruxellois(es) c’est une frontière que l’on franchit par contrainte plus que par choix. Du moins dans un sens. Le passage vers l’ouest ne va pas de soi, dicté par un travail, un dîner, un concert, et non par réflexe. A l’inverse, la traversée vers l’est s’impose parce que le centre, c’est magnétique et que le sud, ça fait envie. Dans les discours, c’est une faille, avec tous les sens qui s’expriment. Une discontinuité qui s’est installée entre deux morceaux d’une même surface ; le point faible du propos urbain ; la cassure entre deux villes qui ne sont qu’une, Bruxelles.

    Cette ligne qui coupe la Région en deux, c’est le Canal – 60.000 personnes et 6,2 millions de tonnes de marchandises par an....

    Lire la suite

  • Coronavirus: un exercice de haute voltige

    L’épidémie de coronavirus est aussi une épidémie de questions qui restent sans réponse. D’où vient exactement la maladie ? Les autorités chinoises ont-elles tardé à la combattre ? Qui est le patient zéro à l’origine de son extension à l’Italie ? Et, surtout, sommes-nous vraiment prêts à affronter ce virus ?

    Deux mots caractérisent cette problématique : précaution et psychose.

    Devant l’urgence, le principe de précaution s’est imposé. Il...

    Lire la suite