Charleroi: une école sur deux sans plan d’urgence

Les écoles devraient définir un programme d’évacuation interne, déterminer un point de rassemblement, mettre en place des mesures pour prévenir les intrusions, réduire les sorties autorisées d’élèves, alerter les secours, etc.
Les écoles devraient définir un programme d’évacuation interne, déterminer un point de rassemblement, mettre en place des mesures pour prévenir les intrusions, réduire les sorties autorisées d’élèves, alerter les secours, etc. - D.R.

Avec les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, l’organisation de la sécurité publique est entrée dans une nouvelle dimension. Charleroi qu’une attaque terroriste a frappé l’été dernier sur l’esplanade de la tour de police ne déroge évidemment pas à la règle.

Si le niveau élevé de la menace a donné lieu à un renforcement des dispositifs, et notamment au détachement de patrouilles militaires, il reste du chemin à faire en matière de prévention des risques en milieu scolaire. Une enquête en ligne a fait apparaître la faible mobilisation des directions par rapport à cette obligation : parmi les 163 écoles de l’entité, tous réseaux confondus, 81 ont répondu. Parmi elles, une sur deux seulement disposait d’un plan interne d’urgence (PIU), d’un point de rassemblement et d’un plan d’évacuation. Il s’agit de ces documents qui fixent les procédures à suivre en cas d’incident ou d’alerte (intrusion, alerte à la bombe, prise d’otages, rapt parental, etc.). « On avait beau n’en être qu’à la moitié en septembre », comme l’a rappelé l’écologiste Luc Parmentier au conseil communal, « la progression est nettement insuffisante. D’autant que de nombreux bâtiments communaux sont aussi dépourvus de plan d’urgence, à commencer par l’hôtel de ville qui accueille chaque jour des centaines de travailleurs, citoyens et visiteurs. »

Dans une réponse à l’interpellation du conseiller PS Maxime Felon, l’échevine de l’Enseignement Julie Patte (PS) a présenté les rétroactes des actions d’information et de sensibilisation des établissements scolaires. Dès le 23 novembre 2015, dix jours après Paris, le chef de corps de la police leur a écrit une première fois pour leur donner des consignes de sécurité : définir un programme d’évacuation interne, déterminer un point de rassemblement, mettre en place des mesures pour prévenir les intrusions, réduire les sorties autorisées d’élèves, alerter les secours, etc.

Responsabiliser les directions

Par la suite, deux autres courriers leur ont été adressés pour les rappeler à la nécessité d’élaborer leur PIU. « En sachant que nous n’avons aucune autorité sur les écoles des autres réseaux », glisse l’échevine. Lors de l’enquête menée durant le premier trimestre, l’enseignement communal s’est distingué par un meilleur taux de réponse. Mais Il faut continuer à responsabiliser les directions pour qu’elles se mettent en ordre.

Dans ce cadre, l’échevine s’est engagée à relancer les retardataires. Comme l’a suggéré Maxime Felon, la Ville s’inspirera aussi d’une expérience menée à Villeneuve-d’Ascq dans le nord de la France où des écoles ont décidé de se grouper pour organiser trois exercices de sécurité par an. « Charleroi a prévu d’en faire un prochainement, il portera sur la simulation d’un attentat intrusion. cela fait l’objet d’une préparation minutieuse. »

Après analyse des informations transmises par les écoles, la fonctionnaire en charge de la planification d’urgence complète leur diagnostic sécurité en leur soumettant des propositions concrètes, des astuces pour améliorer l’affichage des consignes et promouvoir leur diffusion. « En début de mandature, il n’y avait pas de service de planification d’urgence », a précisé le bourgmestre. Tout un travail de rattrapage s’impose. Il est capital et pressant.

 
 
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