La Wallonie débloque 63 millions au profit du secteur du handicap

La Wallonie débloque 63 millions au profit du secteur du handicap

Dans un contexte budgétaire pourtant délicat, le gouvernement wallon a réussi à dégager une enveloppe de 63 millions d’euros au profit du secteur du handicap. Maxime Prévot (CDH), le ministre de l’Action sociale, a présenté ce mercredi une série de mesures qui ont pour dénominateur commun l’amélioration de l’accueil et de l’hébergement des personnes handicapées.

Depuis une dizaine d’années au moins, les moyens disponibles pour la modernisation des infrastructures étaient distillés au compte-gouttes aux 300 institutions actives en Wallonie. Pas de quoi améliorer les outils en profondeur et tirer vers le haut les critères de confort : « Certaines institutions datent des années soixante ou septante par exemple et sont loin d’offrir des normes enviables, explique le ministre. Des chambrées à six lits existent encore à certains endroits, des structures pavillonnaires sont devenues désuètes. »

Le budget de 63 millions s’apparente à une véritable bouffée d’oxygène pour un secteur qui prend en charge 10.000 personnes. En Wallonie, l’effort est sans équivalent depuis une dizaine d’années au moins. L’essentiel de l’enveloppe (50 millions) est réservé à la rénovation des infrastructures existantes. Un appel à projets sera lancé prochainement auprès des acteurs de terrain. Le plafond d’intervention de la Région sera fixé à deux millions d’euros par projet et 80 % du financement dans tous les cas.

Des besoins immenses

Le solde des crédits disponibles sera réparti comme suit. Cinq millions d’euros permettront de créer de nouvelles places pour les cas les plus lourds (polyhandicap) et les personnes cérébrolésées. « Les besoins sont immenses pour ces types de profils et les demandes de prises en charge fort nombreuses, mais hélas actuellement impossibles à combler, déplore Maxime Prévot. Ces moyens permettront de renforcer le maillage. »

Un montant identique (5 millions) renforcera le soutien aux personnes atteintes d’autisme et de double diagnostic (trouble autistique et pathologie mentale), mais aussi l’aide à leurs familles. Un effort spécifique qui portera sur la création de 74 places supplémentaires, dont 12 en hébergement de crise et 39 au sein de dispositifs de répit pour l’entourage.

Restent trois millions d’euros : il s’agit d’un coup de pouce appelé à devenir récurrent en personnes des « cas prioritaires », c’est-à-dire les personnes ayant un handicap complexe et qui sont en situation d’urgence. De quoi porter l’enveloppe réservée à cette politique à 31,5 millions par. Elle atteignait à peine 18,3 millions au début de la législature.

Un plan pour l’accessibilité

En marge de ces annonces, le gouvernement wallon a adopté un plan « Accessibilité » qui vise toutes les personnes en situation de mobilité réduite en raison d’un handicap, mais aussi de l’âge, d’un accident, de la perte de la vue ou de l’ouïe… Dans ce domaine, la Belgique est régulièrement montrée du doigt par des instances internationales.

« La Wallonie répond au comité des droits des personnes handicapées de Nations Unies qui avait signifié en 2014 son inquiétude à propos de l’insuffisance d’accessibilité pour les personnes handicapées », rappelle Maxime Prévot qui dépose un plan de 28 mesures qui visent la plupart des aspects de la vie comme les transports, le logement, les administrations, le tourisme… Il revient à tous les ministres concernés de rendre concrets ces objectifs.

 
 
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