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Donald Trump inflige une dégelée au climat

Le président Donald Trump a concrétisé jeudi sa promesse de campagne : retirer son pays de l’Accord de Paris. N’écoutant que son climato-scepticisme...

Édito - Journaliste au service Société Temps de lecture: 3 min

Ni la mobilisation populaire ni les engagements réitérés des principaux acteurs du dossier climatique qui ont promis d’aller de l’avant ne doivent tromper : Donald Trump vient d’infliger au climat une sérieuse dégelée. Tournant le dos aux constats scientifiques, à la solidarité internationale, aux appels des plus grandes entreprises américaines et aux intérêts économiques, politiques et sécuritaires de son propre pays, le président républicain a concrétisé jeudi sa promesse de campagne : retirer son pays de l’Accord de Paris. On hésite entre la fascination face à un tel entêtement et la sensation d’assister à une décomposition en direct. Justifiant sa décision par le « coût » de l’accord pour l’économie américaine, Trump n’a en réalité suivi que son climato-scepticisme. De son entourage, il n’a écouté que les idéologues les plus enragés ainsi que deux dizaines de sénateurs financés par les lobbies des énergies fossiles. Et il s’en est tenu à des rodomontades électorales visant à apaiser, en lui mentant, un électorat minoritaire et désemparé dont il ne cesse de flatter l’égoïsme.

L’affaire risque de tourner au calvaire

Avant que les Etats-Unis ne paient le prix de ce renoncement et que le monde n’en subisse les éventuelles conséquences, l’actuel locataire de la Maison-Blanche aura probablement quitté le Bureau ovale. Mais en attendant, bien des dégâts auront été faits. Même avec tout le monde à bord, la mise en œuvre de l’Accord de Paris et de ses ambitieux objectifs n’était pas une sinécure. Dans une atmosphère de confrontation et sans le second émetteur mondial et première économie de la planète, l’affaire risque de tourner au calvaire.

Décodage | Quelles conséquences écologiques et diplomatiques?

Mais si la page du traité mondial est durablement flétrie, la lutte contre le changement climatique est loin d’être condamnée. Paradoxalement, l’attitude des Etats-Unis a redonné de la voix à ceux qui sont décidés à avancer. Une nouvelle coalition se forme, qui redessine le paysage de la diplomatie climatique internationale. Retournement incroyable, la Chine est désormais au centre du jeu. Les Européens figurent en haut de l’affiche. Le Canada, l’Inde et d’autres pays émergents les ont rejoints.

Trois impératifs. D’abord prouver au monde économique que, malgré le hoquet américain, le vent dominant reste à la transition vers un modèle « bas carbone ». Ensuite éviter la contagion du repli sur soi et montrer au reste du monde que les échanges sont désormais orientés par une coalition de pays désireux de tenir leurs engagements, voire d’en faire davantage. Enfin signifier aux populations, surtout dans les pays les plus fragiles, que l’espoir n’est pas perdu.

Tout ceci s’impose également à la Belgique, en interne et à l’extérieur. Elle serait avisée de méditer ses propres devoirs et de se concentrer sur les importants efforts encore à réaliser pour se montrer à la hauteur de cet enjeu crucial.

Climat: la décision américaine est un frein incontestable à l’action mondiale

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2 Commentaires

  • Posté par Bernard Philippe, jeudi 28 mars 2019, 18:59

    SURVIVALISME ! J'écris ton nom.

  • Posté par Poels Jean-pierre, mercredi 12 décembre 2018, 9:42

    La Belgique peut encore écrire positivement son nom dans l'Histoire. Il n'est pas trop tard!

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