John Crombez est le nouveau président des socialistes flamands

John Crombez © Le Soir
John Crombez © Le Soir

John Crombez était le grand favori de l’élection à la présidence du SP.A. Le bras de fer qui l’opposait à Bruno Tobback, à la tête de la formation depuis l’automne 2011, a pourtant tenu le parti en haleine depuis neuf mois. Et l’a peu un peu plus divisé. Aujourd’hui, John Crombez prend la tête d’un parti qui n’a jamais été aussi désuni depuis 1978, année ou les socialistes flamands se sont séparés de leur grand frère francophone.

Son défi : refaire l’unité du parti

Il devra y rétablir la sérénité, mettre fin à la guerre des clans, refaire l’unité d’un parti qui, depuis les dernières élections communales, n’en finit plus de perdre la confiance des électeurs et de retrouver ses esprits. En 2012, il perdit nombre de ses bastions locaux et dut se contenter de conserver 25 bourgmestres. Dans la déroute, il assista à la perte de la première ville de Flandre : Patrick Janssens dut céder l’écharpe maïorale d’Anvers à Bart De Wever.

Moins de deux ans plus tard, le SP.A vécut une autre cauchemardesque soirée électorale : après les défaites de 2004, 2007, 2009 et 2010, celle de mai 2014 poursuivait l’hémorragie. À l’exception de la Flandre occidentale – celle de John Crombez- le SP.A reculait dans toutes les autres provinces flamandes. Un nouveau désaveu pour Bruno Tobback. Le temps des Teletubbies – Johan Vande Lanotte, Patrick Janssens, Frank Vandenbrouche et Steve Stevaert – qui faisaient cartonner le SP.A du début des années 2000 n’est plus qu’un souvenir. Le parti n’est plus qu’un petit esquif en perdition, qui a perdu le contact avec nombre de mouvements citoyens et manque cruellement de jeunes pousses politiques. À tel point qu’aujourd’hui, au Parlement fédéral, les caméras se braquent davantage sur les bancs de Groen et de Kristof Calvo, son jeune et charismatique chef de groupe lorqu’il s’agit de faire parler l’opposition.

John Crombez sera-t-il en mesure de ressusciter ce parti fantomatique ? C’est l’espoir de ses partisans qui soulignent que, contrairement à Bruno Tobback qui la jouait trop en solo, John Crombez aime jouer en groupe. « Il a beaucoup de respect pour les gens, il sait écouter et est particulièrement chaleureux. Il a l’enthousiasme communicatif  » nous confiait un député, après avoir lâché un vibrant « ouf » de soulagement à l’annonce de la victoire de son favori.

Un économiste

Né en 1973, John Crombez est un économiste, contrairement à Bruno Tobback qui est juriste. Il est entré voici dix ans au cabinet de Johan Vande Lanotte, alors vice-Premier et ministre du Budget dans l’équipe Verhofstadt II pour succéder à Jannie Haek, parti à la SNCB. Ostendais comme Vande Lanotte, de « kleine » comme l’appelle son mentor a rapidement gravi les échelons de la politique.

Tour à tour chef de cabinet chez Vande Lanotte puis Freya Van den Bossche, chef de groupe au Parlement flamand, il devient secrétaire d’Etat à la lutte contre la fraude fiscale et sociale sous le gouvernement Di Rupo. Et il est rapidement sorti de l’ombre, servi par l’actualité : le « Offshoreleaks », le scandale Cahuzac en France.

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La traque aux profiteurs et aux tricheurs de tous polis est trendy. Et Crombez connaît la musique : « La lutte contre la fraude », c’était l’intitulé de sa thèse de doctorat en économie, décroché à l’Université de Gand, enrichi d’un master en statistique décroché à Neuchatel. Crombez est un vrai matheux passionné de chiffres, spécialiste des rendements boursiers et de l’économétrie, expert en évaluation des risques, en portefeuilles des placements.

Il aurait pu choisir l’université, céder aux sirènes des chasseurs de têtes et mettre le cap sur la City de Londres. Il a choisi la politique et le SP.A, un choix du cœur pour ce fils de famille modeste, de mère femme d’ouvrage et de père travailleur sur un chantier naval. Bourreau de travail, il a d’ores et déjà annoncé qu’il quittera le Parlement flamand pour se consacrer à plein-temps à ses nouvelles fonctions.

 
 
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