Wavre: le Piétrain veut rester authentique

« Antoine de Saint-Pierre » a été sélectionné pour faire partie du programme génétique. Au grand bonheur de sa propriétaire, Liliane Doyen, la doyenne des éleveurs. © J.-P. D.V.
« Antoine de Saint-Pierre » a été sélectionné pour faire partie du programme génétique. Au grand bonheur de sa propriétaire, Liliane Doyen, la doyenne des éleveurs. © J.-P. D.V.

Il ne reste que 220 verrats enregistrés. Le Piétrain est pourtant au porc ce que le Blanc-Bleu est au bovin. Ses qualités viandeuses ont fait de lui sa renommée mondiale, mais en Belgique il n’attire plus que dix éleveurs. Cela devrait changer puisque les provinces du Brabant wallon et de Liège ont décidé de s’associer avec l’Association wallonne de l’élevage (Awé) pour lancer le programme « Belgian Piétrain » qui doit permettre d’en assurer le développement.

« Selon d’éminents historiens, l’origine étymologique de Piétrain vient de piètre, petit, médiocre, insignifiant. Comme quoi tout le monde peut se tromper puisque ce nom est connu dans le monde entier, grâce à son renommé cochon !, sourit Jean Lempereur, le président du Belgian Piétrain. Connu dès 1920 dans le village de Jodoigne qui lui a donné son nom, ce porc se distinguait des autres races non seulement par sa robe pie-noire, mais surtout par son abondante musculature dépourvue de graisse. Il a failli disparaître durant la seconde guerre mondiale, mais il a été sauvé par quelques irréductibles. Hélas, il est maintenant élevé sous d’autres cieux et chaque région l’a façonné à sa façon, délaissant le nôtre, le bien né, l’original, l’authentique. »

Pour réaffirmer son origine, onze verrats ont été sélectionnés et acheminés vers la Station de quarantaine province, à Wavre. L’occasion de vérifier leur statut sanitaire avant de les envoyer vers le Centre provincial liégeois des productions animales, à Argenteau, où leur semence va être collectée et conservée sous forme congelée dans l’azote liquide, pour constituer une cryobanque.

Coffre-fort génétique

« C’est en quelque sorte un coffre-fort renfermant pour les générations à venir le patrimoine génétique du porc Piétrain wallon, explicite Maureen Piedboeuf, du service porcin de l’Awé. Les points forts et faibles seront analysés pour créer la carte d’identité génétique de chaque verrat, permettant de l’utiliser à bon escient pour faire évoluer le schéma de sélection Belgian Piétrain, et améliorer sa compétitivité face à la concurrence internationale. Une partie des semences servira évidemment pour des croisements, par exemple avec des truies hybrides blanches Landrace. »

Et Jean Lempereur d’insister déjà sur le fait que les verrats sélectionnés sont majoritairement résistants au stress, ce qui donne à leur viande maigre un meilleur goût.

Pour la députée provinciale Isabelle Kibassa-Maliba (PS), en charge de l’Agriculture, il était temps que les pouvoirs publics soutiennent les dix éleveurs, « dont quatre en BW, qui, par leur travail acharné, leur talent et leur passion, permettent le rayonnement du Piétrain aux quatre coins de la planète. Sans ce programme, nous risquons de voir disparaître ce patrimoine matériel et, pour le savoir-faire, immatériel agricole, ce fleuron de notre exportation. »

 
 
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