Tirer avantage du “Design Thinking” pour son entreprise

Terminé le cloisonnement et les résolutions de problèmes individuelles. Désormais, on applique en entreprise la méthode du designer : stimuler la co-créativité et l’approche pluridisciplinaire. Mode d’emploi !

Dès les années 1950, la pensée créative a animé le monde de l’entreprise. Depuis, il s’est aussi inspiré du monde des designers pour insuffler un nouveau dynamisme à la résolution des problèmes. On privilégie l’expérience plutôt que l’idée en soi. Ce que Peter Rowe a appelé, dans un ouvrage de 1987, le “Design Thinking”. Aujourd’hui, toutes les écoles de commerce et universités incluent dans leur programme un cours dédié à cette approche. Olivier Witmeur, directeur de Solvay Entrepreneurs, professeur d’Entrepreneuriat à la Solvay Brussels School of Economics and Management (ULB), nous en livre les secrets…

 

Sortir de sa zone de confort…

“On a longtemps considéré les projets selon un angle unique, fait remarquer Olivier Witmeur. Le “Design Thinking” permet une autre vision de ce qui constitue un bon produit ou une bonne innovation. Il oblige à intégrer la multidisciplinarité et il participe d’un mouvement plus général qui vise, lentement mais sûrement, à décloisonner les domaines et les disciplines.”

L’idée est d’abord de comprendre le besoin, puis de mettre sur pied une logique de prototypage et de tests sur le terrain en explorant toutes les possibilités avant de choisir une solution pour son produit ou son innovation. “Cette pratique est courante chez les designers, mais peu confortable pour beaucoup de gens”, souligne Olivier Witmeur.

 

Les atouts du “Design Thinking”

    
Le “Design Thinking” comprend l’humain. Avant, on émettait une idée et on recherchait un marché. Avec le “Design Thinking”, on se focalise d’abord sur le client et ses besoins. On organise les solutions autour des utilisateurs et non autour des systèmes.

 

    
Le “Design Thinking” recherche le sens et la pertinence. Contrairement au “Silo Thinking” où chaque département raisonne dans son propre domaine et freine les modifications souhaitables (une innovation au potentiel de 100 terminera sa course à un potentiel de 30 % après être passé dans les différents départements), le “Design Thinking” estime que les innovations s’initient généralement à l’intersection de différentes disciplines.

La curiosité et l’ouverture d’esprit y sont fondamentales. Le “Design Thinking” prend également le temps de vérifier la pertinence de la problématique donnée par le client, de remettre en question le postulat de départ et de le reformuler de manière pertinente par rapport aux besoins des futurs utilisateurs. 

 

    
Le “Design Thinking” agit sur ce qui est possible, pas sur ce qui est certain. Cela consiste à remettre en cause, à se méfier des présupposés, à toujours sortir du cadre, à ne rien prendre pour acquis afin de toujours voir une problématique différemment, dans le but de mieux l’appréhender. 

 

   
Le “Design Thinking” se nourrit des contraintes. La faisabilité, la viabilité et la désirabilité d’une solution sont toujours prises en compte.

 


Le “Design Thinking” accepte l’erreur. Grâce au prototypage, on peut tester rapidement une idée et vite la corriger si elle n’est pas aboutie. Afin d’en trouver une meilleure. Ce principe de valorisation de l’erreur est très puissant en termes de conception rapide de solutions pertinentes.

 

L’adopter à tout prix ?

Mais toutes les entreprises doivent-elles adopter le “Design Thinking” ? “S’il apparaît pertinent pour une entreprise qui se crée ou qui est amenée à se réinventer, il n’est pas primordial pour une entreprise qui fonctionne déjà très bien, avoue Olivier Witmeur. Il ne s’agit pas de tomber dans un phénomène de mode qui tendrait à tout repenser. Chaque révolution apporte ses bénéfices.

La Une Le fil info Partager