Deux mâts de plus en Brabant wallon

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Défigurer le paysage, ici entre Linsmeau et Libertange, telle est la première des critiques face à l’éolien. Le promoteur Greensky a, lui encore des idées d’étendre son réseau de mâts. © J.-P. D.V.
Défigurer le paysage, ici entre Linsmeau et Libertange, telle est la première des critiques face à l’éolien. Le promoteur Greensky a, lui encore des idées d’étendre son réseau de mâts. © J.-P. D.V.

N ous avons été invités à visiter, ce mardi, les éoliennes à Lincent, mais comme on les a vues grandir de jour en jour pas très loin de chez nous, cela ne nous intéresse pas. Certains trouvent cela beau et indiquent que cela leur fait penser à Don Quichotte devant ses moulins, mais avouez qu’ici, dans le paysage, ce n’est pas vraiment cela… »

Des promeneurs entre Linsmeau et Libertange. Ils haussent les épaules et s’en repartent main dans la main. Dans leur regard, un serpentin de neuf mâts qui remontent jusqu’à Lincent. Et plus loin, encore sept machines qui tournent déjà depuis 2015 à Gingelom.

Nous sommes face au parc éolien de Greensky, fruit d’un partenariat entre Engie Electrabel, la ville de Saint-Trond, l’intercommunale IBE et Infrabel, à cheval sur plusieurs provinces et communes.

« La particularité de ce parc est que l’électricité qui sera produite sera directement injectée sur le réseau ferroviaire, nous explique François Thoumsin, le patron de Greensky, qui imaginait autrefois lancer son parc en 2010. De quoi alimenter la ligne TGV le long de l’autoroute E40, mais aussi la ligne 36 Louvain-Liège ou la L21 Landen-Hasselt. Et quand aucun train ne roule, l’électricité servira évidemment pour la consommation des ménages. »

Cent septante trains passent par là tous les jours. Les neuf nouvelles éoliennes inaugurées ce mardi, dont deux en Brabant wallon, ont une capacité de 18 MW et pointent à 150 mètres de haut. Ensemble, elles produiront 58.000 MWh par an, soit la consommation de 16.000 ménages.

Ce résultat est possible grâce à un nouvel investissement de l’ordre de 30 millions d’euros. Il va surtout permettre d’éviter l’émission dans l’atmosphère de 26.000 tonnes de CO2 par an.

Des éoliennes qui ne sont cependant rentables que grâce aux certificats verts de 65 euros à raison d’une unité par MWh produit. De quoi amortir l’investissement dans une durée variant entre cinq et sept ans, selon l’intensité du vent qui soufflera sur ce plateau, considéré comme très venteux, de la Hesbaye. Et même de gagner de l’argent ensuite puisque la durée de vie d’un mât varie entre vingt et vingt-cinq ans.

Ceux qui suivent le dossier depuis 2007 se rappelleront que la société projetait un total de vingt-cinq éoliennes le long de la E40, entre Louvain et Liège. « Le projet n’est pas abandonné, selon François Thoumsin. Nous allons, en effet, déposer de nouvelles demandes de permis. »

Hélécine: sur le territoire de chasse du busard

Par Jean-Philippe de Vogelaere

C’est dès 2007 que le promoteur a fait ses premières démarches pour installer son parc éolien. Au départ, sur Hélécine, ce sont ainsi six éoliennes qui étaient programmées, quatre du côté droit, en allant vers Liège, de la E40 et deux du côté gauche. Sur Orp-Jauche, le projet n’a jamais varié avec un mât du côté de Libertange.

« C’est principalement le côté visuel des éoliennes, pouvant défigurer le paysage, qui l’a emporté, explique Rudi Cloots (UC, CDH), le bourgmestre de Hélécine. Et puis, nous nous trouvions aussi en plein dans la zone de chasse du busard. Finalement, c’est un seul mât qui a été construit sur Linsmeau. »

Mais cela n’empêche pas Greensky de poursuivre sur son idée. Le bourgmestre confirme : « Mais l’intention serait cette fois d’implanter les mâts sur la partie gauche de la E40, à hauteur du zoning où l’Intercommunale du Brabant wallon (IBW) nous annonce un premier permis pour la fin de cette année. Exactement là, où nous avions proposé de les disposer… »

 
 
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