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Samusocial : y a-t-il une autorité morale au PS?

Huit mois après Publifin, on découvre que cette affaire n’a provoqué aucune remise en question auprès du PS.

Édito - Chef du service Politique Temps de lecture: 3 min

On pensait que le PS avait atteint le fond avec l’affaire Publifin. Mais il faut aujourd’hui constater que le parti est tombé encore plus bas dans les pratiques de pouvoir déviantes.

D’abord et surtout, le scandale du Samusocial touche l’une des missions premières de l’autorité publique et l’une des valeurs primaires du socialisme : l’aide aux plus démunis. Constater que des mandataires aux salaires mirobolants, tels Yvan Mayeur et Pascale Peraïta, puissent se livrer à des cumuls sur des activités aussi essentielles dépasse l’entendement. Et cette fois, contrairement à Publifin, le PS ne peut s’en prendre qu’à lui-même : aucun mandataire concerné à ce stade n’a d’autre couleur que la rouge.

Samusocial : le plaidoyer d'Yvan Mayeur

Rappelons ensuite que cette affaire intervient après Publifin, où d’autres mandataires ont été rémunérés pour des réunions qui ne se sont pas tenues, et ont été épinglés pour des cumuls et des salaires hors normes. Huit mois après, on découvre donc que cette affaire n’a provoqué aucune remise en question auprès de personnes parmi les plus haut gradées du parti, qui ont laissé subsister des pratiques sinon comparables, à tout le moins inacceptables.

L’absence de transparence est un art de vivre au Samusocial

On constate en outre depuis une semaine que l’absence de transparence, dont Publifin a fait sa marque de fabrique, est aussi un art de vivre au Samusocial, comme le confirme le rapport des commissaires du gouvernement que nous publions également. Des mandataires sont rémunérés au forfait, sans pouvoir donner la moindre justification de la tenue réelle de leurs réunions, ni, à ce stade, de la réalité de leurs prestations. Et, oui, il apparaît bel et bien que les rémunérations des dirigeants du Samusocial ont été prélevées sur des dons, le même rapport le souligne.

Samusocial: un rapport accablant pour le Samusocial

Sans parler des éléments comptables que nous dévoilons par ailleurs, qui donnent l’image d’une association sinon mal gérée, en tout cas en grande difficulté, malgré d’imposants subsides.

Voici le triste tableau offert depuis plusieurs jours dans l’une des plus grosses associations sociales du pays. A nouveau, on voit venir l’argument de la légalité de ces pratiques. Il n’est pas gagné d’avance par le Samusocial, si on lit bien le rapport des commissaires. Mais peu importe, finalement, c’est une nouvelle fois sur l’éthique que les mandataires se sont assis.

Le PS, un parti meurtri par les «affaires»

Et tout cela dans le silence assourdissant des autorités du Parti socialiste, bruxelloises comme fédérales. Le comble n’est-il pas de voir Yvan Mayeur, grand seigneur, proposer aujourd’hui lui-même la solution ?

Que faudra-t-il pour qu’Elio Di Rupo, Laurette Onkelinx et les autres agissent de manière ferme et volontaire, ratissent toutes les instances où ils ont des mandataires, et se départissent de ces silences, de cette distance ? Faudra-t-il un nouveau scandale ? Non : il est déjà là.

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12 Commentaires

  • Posté par Patrick Pansaerts, jeudi 15 juin 2017, 13:37

    L' ADN du parti socialiste c'est bien que les élus s'en mettent plein les poches en faisant croire en la défense des plus faibles qui ne sert que de "prétexte" Petit rappel d'affaires (non exhaustif): Les 3 Guy, De Spiegeleer, Lizin, Donfut, Publifin, Samusocial, etc etc etc... ne trouvez-vous pas que cela fait beaucoup ?

  • Posté par Lespagnard Frans, jeudi 8 juin 2017, 23:48

    Nous attendons une intervention efficace de la région et des 19 communes pour prendre à bras le corps le problème de l'ultime misère......Nul ne peut douter de leur efficacité !

  • Posté par Cock Gérard, jeudi 8 juin 2017, 18:21

    Le problème c'est que le PS a une structure "communiste" un peu comme en Chine. Elio Di Rupo n'est pas le vrai PRESIDENT du PS. Le PS est régi par des fédérations (Charleroi, Liège , Mons, Tournai, Bruxelles) qui sont autant de bastions "autonomes" dans lesquels Elio Di Rupo ne peut pas mettre le nez...ce n'est pas lui qui les fera chanter à l'unisson.

  • Posté par Guissard Jean-pierre, jeudi 8 juin 2017, 13:48

    Faire table rase et nettoyer l'écurie. Simple mais quasi impossible en pratique

  • Posté par Dupont Laurent, jeudi 8 juin 2017, 13:48

    Il est un élément qui passe totalement inaperçu de la presse dans cette affaire, mais qui vient encore charger la barque. Depuis des années, le Samu social s'arroge la part du lion des moyens consacrés par la Région à la prise en charge des sans-abri, plan Hiver en tête. Il s'agit de sommes considérables qui ont été habilement "canalisées" par Mayeur et Peraïta vers leur chose, au détriment de dizaines d'associations bruxelloises qui doivent lutter sans répit pour assurer leur viabilité dans l'ombre de ce mammouth. Et tout ceci avec la bénédiction de P. Smet, trop content (jusqu'à la semaine dernière) de rendre service à ses petits camarades socialistes. Sauver le Samu social ? Oui, à condition d'écouter enfin les propositions du secteur sur la prise en charge sur le long terme des sans-abri, et de lui donner les moyens de les réaliser ...

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