L’homme qui rêvait de devenir bourgmestre

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Une photo d’il y a sept ans. Ses gestes ont toujours été directs, son regard intense. Jean Vanderbecken voulait des solutions. © René Breny.
Une photo d’il y a sept ans. Ses gestes ont toujours été directs, son regard intense. Jean Vanderbecken voulait des solutions. © René Breny.

C’était un homme qui ne s’embarrassait pas des formules. La dernière fois que nous l’avions rencontré, c’était pour le lancement des nouveaux logements publics à l’arrière du quartier Marchal. Il nous avait pris à l’écart pour nous lâcher : « Je t’ai dit que j’avais une leucémie ? Mais je me soigne. J’ai bon espoir. » Pas le temps de digérer l’info qu’il s’émerveillait déjà du projet.

Jean Vanderbecken et Rixensart, c’était la même histoire. À tel point qu’à peine élu, on avait compris que son rêve, c’était de devenir maïeur. Il est vrai que le virus lui a été transmis en 1988 par Paul Hanin, son modèle.

Fils d’un médecin de la localité, Joseph Vanderbecken, il est le plus jeune enfant d’une famille de sept. Collège Saint-Augustin, puis plusieurs autres. Il a déjà le côté meneur et turbulent qui fera son charme. Après quatre ans d’études de vétérinaire, il devient… opticien avant d’opter pour la vente en gros. Quick Optic est un gros succès. Porsche, convivialité, il se lance dans les fêtes de Bourgeois après avoir dirigé le club de foot de Rixensart.

Sa vie personnelle suit le même chemin. Il épouse Françoise, va habiter avenue… Françoise. Ils ont quatre enfants, le choix du roi, deux filles, deux garçons. Le plus jeune d’entre eux reprendra la société.

De tous les combats

2006. Le rêve devient réalité. Avec 1.099 voix, il reprend le poste de Jacqueline Herzet, sa meilleure ennemie, et entre en coalition avec le PS (UC) et Écolo. Et six ans plus tard, (2.281 voix), il réunifie les libéraux et obtient la majorité absolue avec le NAP-MR.

Il était de tous les combats : RER, personnes âgées, logement public… Il voulait des solutions, aller vite, toujours entrepreneur dans l’âme. Christophe Dister, le bourgmestre de La Hulpe, était son confident. Ils savaient avancer à deux, ruminer à deux, se calmer à deux. Jean-Paul Wahl, pour le MR, André Antoine, pour le CDH, et André Flahaut, pour le PS, saluent l’homme de caractère. Un sacré. Il pouvait nous dire un jour : « Je n’ai pas aimé ce que tu as écrit. J’ai décidé de ne plus te répondre », avant de revenir le lendemain : « Si je fais une conférence de presse, tu viens ? »

Jean Vanderbecken est mort dans la nuit de mardi à mercredi et il manque déjà.

Et demain?

Par Jean-Philippe de Vogelaere

Poursuivre un héritage

En majorité absolue avec 15 élus sur 27, la liste NAP-MR n’aura aucun mal à poursuivre l’héritage laissé par son leader.

Les règles de dévolution sont très claires en Région wallonne. Est bourgmestre celui qui, dans la liste majoritaire, a recueilli le plus de votes nominatifs. C’est donc Patricia Lebon (1.080 voix en 2012) qui devrait reprendre le poste maïoral. Et pour monter comme échevin, c’est au huitième meilleur score (387), à savoir Sylvain Thiebaut, à qui reviendrait cet honneur. Enfin, le deuxième suppléant de la liste, Julien Ghobert (285 voix), devrait entrer au conseil.

 
 
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