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Déconnectés, les élus? Ben voyons...

On dit qu’ils vivent à 10.000 pieds du sol et que, du coup, ils ne sont même plus conscients de toucher des salaires hors-normes. Faux. Nos élus connaissent très bien la vie.

Chronique - Journaliste au service Politique Temps de lecture: 3 min

Pour des raisons pratiques… Les canailles qui ont de petites fautes à se reprocher sont priées de (discrètement) se signaler à leurs parlements pour que ceux-ci puissent s’organiser un minimum. Le fait est que, au train où ça va, il n’y aura bientôt plus assez de députés pour former des commissions d’enquête parlementaires.

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Après le Kazakhgate, Publifin et cie, une nouvelle commission va se pencher sur le Samusocial de Bruxelles dont les dirigeants se payaient (bien) sur le dos des nécessiteux. La règle pose que le total des émoluments d’un mandataire ne peut pas dépasser 150 % de l’indemnité parlementaire (182.000 euros brut). Mais cette limite ne cible que les rémunérations publiques. Le Samusocial a statut privé.

Donc, salaire = privé.

Donc = va te faire foutre le plafond.

La question a fusé cette semaine, à l’addition des affaires touchant le PS (sans remonter au déluge : Agusta, la Carolo, Publifin, l’ISPPC, Samusocial, etc., etc., etc.) : qu’est-ce qui explique que le PS est mouillé comme un étang alors que les autres partis restent (plus au moins) au sec ?

Le pouvoir, of course. Le PS s’est installé en Wallonie comme les racines de l’oyat retiennent les dunes. On a aussi entendu parler d’une « déconnexion des réalités ». Nos élus vivraient à 10.000 pieds du sol, sans plus mesurer l’énormité de leurs salaires.

Conneries.

Les élus ne sont pas ces pachas de l’industrie qui n’ont jamais mis moins de 100 m entre eux et un prolétaire. Ce sont des élus de terrain, très au fait des réalités de la vie. Yvan Mayeur est assistant social. Il a présidé le CPAS de 1995 à 2013. Pascale Peraïta a dirigé le Samusocial de 1999 à 2013, avant de présider le CPAS. La misère, ils savent. Elle leur a soufflé dans le nez tous les jours et longtemps.

Y'a -t-il une autorité morale au PS

Si quelqu’un semble déconnecté du réel, c’est le patron. En selle depuis 1999, longtemps brillant, vif, inspiré, Elio Di Rupo est aujourd’hui méconnaissable, dépassé, à contretemps, pusillanime. A-t-il tiré les leçons des affaires carolo de 2005 ? Les faits prouvent que non. A-t-il agi en 2013, quand l’Inspection des finances a commencé à renifler des faits curieux au Samusocial (gestion floue, sursalaires) ? Les faits prouvent que non.

On dira : le président ne peut pas avoir l’œil à tout. Si. Il doit avoir l’œil à tout. C’est même son travail.

Di Rupo est-il encore à sa place ? Les barons du PS décrètent en général que le moment n’est pas idéal pour lancer une présidentielle et qu’il est préférable de laisser passer les communales (2018) et les fédérales/régionales (2019).

Bref : on bougera après le scrutin mais ne touche à rien avant.

Ah...

Z’êtes totalement sûrs de votre coup, les mecs ?

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3 Commentaires

  • Posté par De Bilde Jacques, dimanche 11 juin 2017, 10:23

    Penser que les politiques sont déconnectés des réalités est une idée fausse, en particulier dans le chef des élus locaux. Par contre, je les ai entendus, de plus en plus souvent, exprimer leur impuissance face aux demandes de leurs concitoyens lors de leur permanence et, en particulier, en matière d'emploi. Par ailleurs, il faut se rendre compte que les facteurs exogènes influencent de plus en plus directement la gestion publique. La perte de souveraineté, à tous les échelons du pouvoir, est une réalité et cela par l'inclusion de nombreuses directives européennes dans le droit belge. Directives très contraignantes. Il faut savoir, par exemple, que les critères de convergence sont applicables aux pouvoirs locaux. Cela a notamment pour conséquence que des communes et des cpas suppriment des services pour réduire leur déficit. En ce qui concerne les affaires qui touchent le PS en particulier elles sont liées, évidemment, à l'exercice du pouvoir. Et puis, lorsque les contrôleurs et les contrôlés sont du même bord, le contrôle est beaucoup plus lâche... La politisation des administrations reste une réalité même si certains politiques sont conscients que la compétence n'est pas directement liée à la couleur politique. Mais chassez le naturel il revient au galop... Un autre souci tient à la représentativité des institutions publiques. Elles sont composées en fonction du poids politique de chaque parti. Les plus compétents ne sont pas nécessairement désignés. Et, croyez moi, lorsqu'il s'agit d'obtenir un mandat, même à l'échelon local, les appétits sont énormes. J'en ai connu des politiques qui ne crachent pas sur les jetons de présence et dont la carte de visite est très rapidement adaptée à leur nouveau statut... Tout cela révèle une certaine culture politique où l'intérêt personnel prime l'intérêt général. C'est cette culture politique là qu'il faut changer. Etre d'abord et avant tout au service de la chose publique contrairement aux dogmes néo-libéraux qui consistent à privilégier l'individu au détriment de la collectivité. Pour moi, le débat devrait avant tout porter sur l’organisation même du pouvoir et de la démocratie représentative. Et cela n'est pas un débat qui concerne seulement le PS mais tous les partis.

  • Posté par Jean-Louis Lefebvre, samedi 10 juin 2017, 21:27

    Il est nécessaire d'un renouveau politique pour la belgique et la wallonie !!! Stop aux partis traditionnelles, du sang neuf comme en france

  • Posté par stals jean, dimanche 11 juin 2017, 13:00

    Un renouveau en politique pour la Belgique, pour la Wallonie pour la Flandre et pour le reste du monde sans oublier les papous ou les tribus qui campent en forêt primaire le long du fleuve Amazone...Du sang neuf comme en France...Macron du sang neuf? le sang neuf version Macron ce sera le sang des travailleurs, des millions de sans emplois, des millions de jeunes offert en holocauste sur l'autel des "Marchés" sur l'autel du dieu de tous les dieux ;Dictature de l'actionnariat qu'il s'appelle ce dieu de tous les dieux la...Macron c'est un nouveau grand prêtre, un nouvel Abraham de la plus puissante religion planétaire. Bible, Coran? pipi de canari... La nouvelle bible le nouveau coran, ce nouveau livre saint ce sont les papes de la Finance mondiale lors des grands messes "Bildenbergienne" entre autres qui l'actualise? Du sang neuf comme en France, vaut mieux il est vrai, écrire ça que de se masturber avec une rappe à fromage...

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