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Macron, une responsabilité à la hauteur de la vague

Les électeurs ont voulu donner sa chance à Emmanuel Macron en lui offrant une majorité pléthorique. Il ne lui sera rien pardonné en cas d’échec.

Édito - Envoyée permanente à Paris Temps de lecture: 3 min

Stop ou encore ? À la question que leur avait posée leur président, les Français ont clairement répondu : « encore ». Les électeurs ont voulu donner sa chance à Emmanuel Macron. Mais le taux historiquement faible de participation traduit davantage une curiosité voire une résignation qu’un élan.

Vague puissante

Dans une semaine, le chef de l’État devrait disposer d’une majorité pléthorique. Même en 2002, la droite sortie gagnante d’un duel présidentiel alors inédit face à l’extrême droite de Jean-Marie Le Pen n’avait pas disposé d’une marge de manœuvre comparable à celle que l’on prête déjà à la République en Marche. C’est dire la puissance de la vague.

Le président Macron ne pourra pas tomber dans le même piège que Jacques Chirac. Celui-ci n’avait alors pas tenu compte du caractère exceptionnel de l’élection et n’avait gouverné qu’avec son camp.

Pourquoi Macron sera un président différent

La nouvelle force centriste ne devrait avoir besoin d’aucun allié pour gouverner. L’inexpérience de bon nombre de ses futurs députés lui garantit par ailleurs une majorité docile.

Abstention

Mais Emmanuel Macron ne pourra pas oublier que cette chambre sera aussi un trompe-l’œil. Un Français sur deux n’est pas allé voter. C’est le signe d’une profonde fracture qui n’est pas résorbée. Si le FN et la France insoumise (forts respectivement de 21 % et 19 % des voix au premier tour de la présidentielle) ne devraient disposer que d’un nombre réduit de députés, ce n’est pas seulement parce qu’ils n’ont pas su remobiliser leurs électeurs après la présidentielle qu’ils ont perdue. C’est aussi le fait de la mécanique des institutions qui favorise la cohérence et du mode de scrutin majoritaire.

Législatives: une claque pour les autres partis politiques

Si la démarche d’Emmanuel Macron lui a permis de terminer vainqueur de cette folle année électorale, c’est non seulement parce qu’il l’a fondée sur le renouvellement mais aussi sur la recomposition. Dans une France en profonde crise, la seule alternance gauche-droite, avec son mouvement de balancier perpétuel, n’apparaissait plus comme une issue.

Le locataire de l’Elysée a tout intérêt à perpétuer le dialogue. Les alternatives sont simples : manier le rouleau compresseur du parti unique ou pratiquer la main tendue en visant l’unité nationale. Exercer le pouvoir d’en haut ou écouter tous ces nouveaux députés censés ramener des échos moins politiquement formatés des territoires.

L’enjeu est à la mesure du score décroché par Emmanuel Macron. Cette large victoire qui lui est promise lui confère une responsabilité colossale. Une obligation de fin autant que de moyens.

Nicolas Sarkozy avait dû gérer une crise économique mondiale. François Hollande avait été gêné par ses frondeurs. Emmanuel Macron bénéficie d’un alignement parfait des planètes. Il ne lui sera rien pardonné en cas d’échec.

 

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4 Commentaires

  • Posté par De Bilde Jacques, mardi 13 juin 2017, 10:04

    Ne pas se "laisser lobotomiser". Mais justement aujourd'hui la diversité de l'accès aux médias est telle qu'on peut se forger sa propre opinion. Et mieux encore, aujourd'hui, on peut interagir et produire sa propre information grâce aux NTIC. Ce qui n'était pas le cas il y a 40 ans (j'en ai 63). Cela dit, L’information, tout comme la technologie, n’est utile que grâce aux connaissances et aux compétences qui permettent d’en faire un usage pertinent. Dire de Macron que c'est un pantin, une marionnette, une bulle, un buzz est un tantinet excessif. Les hommes politiques ne sont pas des anges qui tombent du ciel. "Ainsi l’homme qui se présente comme neuf, sans passé et sans attache incarne-t-il, tant personnellement que par son entourage, l’héritage cumulé de la noblesse d’État (Bercy), de l’expertise et de la haute finance" (Le Monde diplomatique, mars 2017, Emmanuel Macron, la finance et le pouvoir, Les vieux habits de l’homme neuf). C'est donc avant tout le produit d'un système. Par ailleurs, il convient d'ajouter qu'une majorité politique doit pouvoir s'identifier à une majorité sociale ou inversement. Ce qui est apparemment le cas si l'on examine la cartographie électorale française. A propos du soutien des médias, Marie Bénilde soutient, dans un article publié dans le Monde diplo de 05/17, prétend "Le succès d’un candidat inconnu du public il y a trois ans ne s’explique pas seulement par la décomposition du système politique français. Inventeur d’une nouvelle manière de promouvoir les vieilles idées sociales-libérales qui ont valu au président François Hollande des records d’impopularité, M. Emmanuel Macron a trouvé dans les médias un solide point d’appui". Ben oui. Ce mec est un génie de la com qu'il a su utiliser à son profit. Ce qui n'est pas le cas de MLP qui a tué son image lors du débat avec Macron, de Fillon qui s'est empêtré dans ses explications à propos des emplois fictifs, de Mélenchon qui le soir du 7 mai a montré qu'il était un mauvais perdant au point de ne pas donner de consigne de vote pour le 1er tour. Ce Mélenchon ferait bien de la fermer lorsqu'il dit le "macronisme: un champignon qui a poussé après la pluie..." Sa stratégie de revanchard a consisté a tué le PS, ce qu'li a réussi à faire, en voulant être le seul à représenter la gauche. Résultat? La gauche est atomisée! Ce qui m'attriste le plus, c'est l'élimination de B. Hamon. Un homme sincère et vrai qui défendait un vrai programme de gauche qui sortait des sentiers battus de la social-démocratie en panne de renouvellement idéologique. (Tiens, à propos de l'indépendance de la presse, je signale l'existence d'un nouveau journal belge "Pour écrire la liberté")

  • Posté par stals jean, lundi 12 juin 2017, 13:00

    Le seul et unique moyen de ne pas se laisser "lobotomiser" par les médias pratiquement tous aux mains des oligarques patrons des banques et des "Marchés" et à fortiori des place Boursière, c'est de s'informer autrement. Comment? Bien sur il y a en France le Charlie-Hebdo, Le Siné, et le Canard enchaîné...Mais c'est par la grâce d'Internet que l'on peut encore trouver des intellectuel(le)s indépendant càd des citoyens qui ne sont pas (encore) à la botte, ni collabos de cette mafia financière internationalisée comme jamais. Ce que l'on peut apprendre via le net mais surtout en recoupant les quantités d' informations souvent récoltées lors de débats contradictoires où les invités proviennent de milieux très différents on fini par se rendre compte que les médias "traditionnels" prennent les citoyens pour des demeurés en puissance. Les preuves avérées, que Macron a été mis à la place de Hollande par les propriétaire des médias tous milliardaires et patrons de multinationales, s'accumulent même un J.Attali le reconnait et est fier d'avoir contribué à cette mise en place..."Il ne lui sera rien pardonné"...Sauf par exemple la paupérisation des citoyens qui reprend du poil de la bête. Sauf les plus values boursières qui chuteraient, sauf de voir stagner la richesse des plus riches au détriment de la pauvreté des plus pauvres. sauf de voir l'OTAN calmer ses ardeurs d'hégémonies, ce cheval de Troie des "Marchés" américano-Européens...Macron n'a aucune responsabilité. Macron est une marionnette, un pantin bien propre sur lui, mais un misérable pantin tout de même...Un Charles Michel à la puissance 10...Une machine à résorber la putain de "dette publique" cette invention absolue et criminelle qui ne dit pas son nom.

  • Posté par Vermeulen Gregory, lundi 12 juin 2017, 11:18

    Il ne lui sera rien pardonné en cas d’échec..... Et comme ce type est juste un Buzz, du vent et rien d'autre..... La vraie question n'est pas de savoir si le mouvement En Marche sera un échec, car il est évident qu'il le sera sur toute la ligne. La vraie question est de savoir pour qui les français voteront dans 5 ans, maintenant que tous les autres partis sont détruits, excepté un seul.....

  • Posté par Plahiers Michèle, lundi 12 juin 2017, 8:42

    Mélenchon a eu l'expression exacte: le macronisme: un champignon qui a poussé aprés la pluie...

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