Réfugiés: l’UE lance des procédures contre la Pologne, la Hongrie et la Tchéquie

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L’Union européenne devrait lancer mercredi une procédure d’infraction contre la Pologne, la Hongrie et la République tchèque qui rechignent à participer à un programme européen de répartition des demandeurs d’asile depuis l’Italie et la Grèce, selon des diplomates lundi.

«  Nous nous attendons à ce que la procédure d’infraction soit lancée mercredi », a déclaré un diplomate à l’AFP. La Pologne, la Hongrie et la République tchèque sont visés, a précisé une autre source diplomatique.

La décision politique doit être prise mardi lors de la réunion hebdomadaire des commissaires européens, qui a lieu à Strasbourg en marge d’une réunion plénière du Parlement européen, a précisé un troisième diplomate européen.

Le commissaire à l’Immigration, Dimitris Avramopoulos, doit donner une conférence de presse mardi après-midi. Mercredi, l’exécutif européen, garant de l’application du droit européen dans l’UE, doit publier la liste mensuelle des procédures d’infraction qu’elle lance.

Ces procédures, qui débutent par une série d’échanges entre Bruxelles et l’Etat membre mis en cause, peuvent aboutir à une saisine de la Cour de justice de l’UE (CJUE) et le cas échéant à de lourdes sanctions financières.

M. Avramopoulos avait mis en garde à la mi-mai Varsovie et Budapest, qui refusent catégoriquement de participer au programme, lançant un « dernier avertissement » à leur encontre.

Face à l’afflux extraordinaire de demandeurs d’asile en Italie et en Grèce au plus haut de la crise migratoire de 2015, les pays de l’UE avaient convenu de se répartir de manière exceptionnelle jusqu’à 160.000 personnes en deux ans depuis ces deux pays vers le reste de l’Union.

Mais ce plan temporaire dit de « relocalisation », censé incarner la solidarité européenne, a surtout illustré les divisions entre Etats membres, qui ne l’ont appliqué qu’au ralenti, voire pas du tout pour certains.

A ce jour, quelque 20.000 demandeurs d’asile seulement ont ainsi été accueillis, loin des objectifs initiaux.

M. Avramopoulos avait aussi pointé du doigt en mai la République tchèque, qui n’a pas contribué aux relocalisations depuis « près d’un an ». L’Autriche, qui avait bénéficié d’une exception temporaire, s’est formellement engagée à relocaliser 50 personnes depuis l’Italie, mais cela ne s’est pas encore concrétisé.

La Slovaquie, qui a contesté avec la Hongrie ce plan de relocalisation devant la justice européenne --la procédure est toujours en cours- –, n’a elle accueilli que 16 personnes depuis la Grèce, selon les dernières données communiquées par la Commission européenne.

 
 
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