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«Aujourd’hui, les acteurs sont beaucoup plus nombreux»

Journaliste en charge du Soir Immo Temps de lecture: 3 min

C.B. C’est vrai que nous exerçons avant tout un métier d’analyse. Le feeling n’est jamais par après que le ressenti de la synthèse de l’ensemble des éléments d’analyse.

Des études, c’est bien, mais cela prend du temps. Beaucoup de temps, parfois. Et le temps, tout le monde le sait, c’est de l’argent. Comment faites-vous pour à la fois étudier des dossiers en profondeur et agir rapidement ?

F.V.M. Nous devons nous rassurer avec des éléments objectivés, des rapports, des études de marché, etc., mais la rapidité de décision est effectivement un élément fondamental. Si tu attends trop, tu te fais chiper l’affaire par un concurrent. Mais cela ne doit pas se traduire par de la précipitation car elle est très souvent mauvaise conseillère. Il faut être sur la balle mais il faut aussi avoir derrière soi au sein de l’entreprise des comités qui sont réactifs. Autre point sur lequel je veux insister : avoir une vision négative et défaitiste des choses n’aide pas non plus. Le promoteur doit avoir une vision en même temps qu’une certaine confiance dans le projet qu’il veut mener à bien.

Quand un promoteur rate une affaire, devient-il jaloux de son concurrent ?

F.V.M. Franchement, non. Si un concurrent remporte la mise, c’est qu’il a été meilleur sur ce coup-là et on espère que son projet fonctionnera. N’oubliez pas qu’il n’est pas rare de voir des promoteurs concurrents travailler main dans la main sur certains projets.

A quels types de projets faites-vous face ?

J.M. Le rêve de tout promoteur, ce sont les projets « off market », c’est-à-dire les dossiers présentés par quelqu’un qui n’est pas trop connu, dont personne n’est au courant et qui, en plus, représente le « youkounkoun » au niveau localisation ! (rires) Mais ce genre de projets ou d’affaires en or ne poussent pas sous les sabots d’un cheval. Quant aux autres projets, ils sont tous inclus dans une démarche de forte compétitivité où nous sommes très nombreux au même endroit et au même moment…

Du coup, les prix grimpent…

M.K. A Bruxelles, quand un projet se présente, on sait qu’on est au moins 15 ou 20 promoteurs à le convoiter. Et parmi ceux-ci, il y en a au moins une dizaine qui vont remettre une offre.

J.M. Il y a de plus en plus de « players » qui débarquent sur le marché, et notamment en provenance du nord du pays. La tranche de dossiers de 5.000 à 15.000 ou 20.000 m2, cela devient un gâteau au-dessus duquel tournent de plus en plus d’oiseaux.

Y a-t-il également de plus en plus de privés qui entrent dans la danse ?

J.M. Absolument. Nous avons aujourd’hui des « family offices », soit des grandes familles qui se structurent, voire une seule grande famille parfois, qui ont beaucoup d’argent et qui l’investissent dans l’immobilier. A Bruxelles, des bâtiments partent aujourd’hui à plus de 2.000 euros/m2 alors qu’ils doivent être démolis, avec tous les risques que cela comporte, notamment au niveau des permis et des tailles à respecter. C’est énorme !

 

 

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