Régularisation : Les recteurs veulent la fin des occupations

Deux étudiants ont accompagné la vingtaine de sans-papiers à l’Office des étrangers. Leur avocat a donné les dossiers avec une lettre de soutien du directeur et des enseignants de l’ISFSC (institut supérieur de formation sociale et de communication). Les sans-papiers demandent leur régularisation mais sans trop d’illusions. Leur démarche, tout comme leur « occupation » de l’ISFSC est surtout symbolique. Entre les étudiants et les sans-papiers, des liens se sont tissés. « On parle pas d’occupation mais de refuge », précise Jérôme. Mais pour combien de temps encore ?

Cela va faire deux mois que les universités francophones, flamandes et certaines écoles supérieures ont pris position dans le débat sur la régularisation en accueillant des sans-papiers. Mais les examens et les vacances approchent. La Conférence des recteurs souhaite que l’occupation des sans-papiers prenne fin pour le 30 juin et ce lundi, le conseil d’administration de l’ULB a demandé aux sans-papiers de libérer le hall des sports occupé depuis plus de six mois. L’occupation, constate le CA, est de plus en plus mal perçue et finit par déforcer la cause des sans-papiers.

Ce qui a plombé les relations entre les sans-papiers et les comités de soutien, ce sont les grèves de la faim. Les consignes de départ étaient claires partout pour refuser ce type d’action. Une grève de la faim a néanmoins eu lieu à la VUB et à l’ULB, contraignant cette dernière à « évacuer » les sans-papiers hostiles à la grève vers d’autres sites. Une autre a commencé, il y a quinze jours, à Louvain-la-Neuve pour s’arrêter aussitôt. « Nous avons pu les convaincre de ne pas s’engager sur cette voie explique Xavier Renders, vice-recteur aux affaires étudiantes à l’UCL. On leur a expliqué qu’ils allaient perdre notre soutien pour un leurre ».

Le leurre, ce sont les trois mois de séjour que l’Office des Etrangers finit par octroyer systématiquement aux grévistes de la faim pour raisons médicales. C’est ce qu’ont obtenu les grévistes de l’ULB, il y a une quinzaine de jours. « Ceux qui ont enfreint nos règles ont gagné », constate amèrement Luc Massaer, pour le comité de liaison. Pour ceux qui restent sur les sites sans voir leur cause progresser, la tentation reste grande de suivre l’exemple des occupants de l’ULB. Les sans-papiers savent qu’ils risquent de se retrouver bientôt isolés alors que la circulaire régularisation reste très aléatoire.