Culture Des fresques et peintures murales, de Tubize à Louvain-la-Neuve : Quand la ville habille ses pignons

<P><AMORCE>« Déesse blanche, déesse noire »,</AMORCE> œuvre de Jean-Claude Servais, orne depuis mai 2006 un mur proche du centre culturel de Tubize. <CREDIT>© René Breny.</CREDIT> </P>

« Déesse blanche, déesse noire », œuvre de Jean-Claude Servais, orne depuis mai 2006 un mur proche du centre culturel de Tubize. © René Breny.

- lesoir

Quand Jean-Claude Servais (Tendre Violette, La Tchalette…) est venu à Tubize dans le cadre d’une exposition, il a trouvé la ville un peu déprimante. Nous avons imaginé de lancer un défi », expliquait Sylvia Pigarella, animatrice du centre culturel, au Midi de l’Urbanisme consacré, vendredi à Ottignies, à l’art mural. Nous avons voulu contribuer à changer l’image d’une ville parfois étiquetée de cité-dortoir, en difficultés économiques et peu sûre. Et jouer sur le contraste entre Tubize l’industrielle et l’univers de ce dessinateur de BD marqué par les paysages gaumais. »

Facile ? Pas si vite. Entre le démarrage du projet et la réalisation (en 2006) de « Déesse blanche, déesse noire » sur un mur de l’école de la Communauté française, près du centre culturel, il a fallu deux ans. Le temps nécessaire pour mener la négociation entre la ville, le centre culturel, les voisins, l’auteur, le propriétaire et l’ASBL Art mural, pour trouver le financement (un subside de 17.500 euros accordé par la ville), assurer l’éclairage et même garantir par un acte notarié la survie de l’œuvre durant vingt ans.

Restait la réalisation confiée à l’ASBL Art mural. « Mise à part une pause due au gel de la peinture et des doigts, la plus grande difficulté, c’était la technique : pas facile de reproduire une case de BD de quelques centimètres carrés sur 20-90 m2 », confiait le peintre, David Vandegeerde.

Le résultat ? « “Déesse blanche, déesse noire” est désormais attachée à l’image du centre culturel, poursuivait Sylvia Pigarella. Aucun tag à déplorer. Les enfants reconnaissent dans la partie gauche – symbolisant le côté sombre de l’être humain – l’univers de l’heroic fantasy qu’Harry Potter ou Le Seigneur des Anneaux leur a rendu familier. »

Le Centre culturel espère ne pas en rester là. D’autres murs – près de la gare, près de la cité des Clos… – pourraient s’enrichir d’autres œuvres de Jean-Claude Servais, invitant les promeneurs, comme à Bruxelles, à un parcours de dix fresques murales sur le thème de la BD.

Ottignies-LLN, l’exception

La capitale accueille volontiers cet art institutionnalisé (né d’une concertation entre riverains, pouvoirs publics, artistes… au contraire des tags).

En Brabant wallon, c’est plus timide même si le centre culturel de Braine-l’Alleud s’est paré d’une façade peinte voici quelques années. L’exception – de taille –, c’est Louvain-la-Neuve où abondent ces fresques et peintures murales. « Il s’agit souvent d’initiatives de l’Université, comme la fresque “ Qu’est-ce qu’un intellectuel ?” de Somville, recouvrant un pan des Halles, ou l’œuvre de Jean-Marc Collier surplombant le passage vers l’Agora, explique-t-on à l’Administration des domaines. Ou celles d’associations comme la fresque sur l’interculturalité réalisée par Roxana Alvarado sur un mur de la place de l’Hocaille à la demande du Centre Placet. D’autres, plus modestes, apparues à l’initiative d’étudiants (kot BD, la Liégeoise…) ont été approuvées par la commission des œuvres d’art de l’UCL. » La Ville, de son côté, a habillé la façade du centre culturel en commandant « La Liesse populaire » à l’artiste Claude Rahir.