RTBF Jean-Pierre Jacqmin accusé de « censure » : Un climat délétère

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Rien n’est jamais simple à la RTBF. Jean-Pierre Jacqmin croyait en avoir fini, en les expliquant pour la énième fois vendredi dans InterMédias sur la Première, avec les accusations de censure à Questions à la Une : en vain…

Rappel des faits. Lundi matin, le président du PS, Elio Di Rupo, quitte le plateau du débat des présidents de parti (diffusé à la fois en radio et en télé) de mauvaise humeur en raison de la rediffusion par la RTBF de la séquence où Didier Donfut affirmait ne pas savoir s’il siégerait ou non. Présente sur place, une équipe de Questions à la Une, qui prépare le numéro de mercredi consacré aux coulisses du scrutin, souhaite l’insérer à son reportage. Jean-Pierre Jacqmin, directeur de l’information, décide qu’elle est hors contexte. Le credo de Jacqmin : « Di Rupo était fâché sur la RTBF, pas sur Didier Reynders. La scène est trompeuse. » La RTBF l’a toutefois laissée en consultation sur son site internet.

Suite à cette « affaire », l’administrateur général Jean-Paul Philippot réunit les parties jeudi. À l’issue de cette rencontre, il est décidé que si, à l’avenir, un journaliste de la RTBF conteste un ordre de sa hiérarchie, une concertation sera mise en place, à laquelle sera associée la Société des journalistes (SDJ) de la RTBF.

Fin de la tempête dans un verre d’eau ? Pas tout à fait. La période est tendue politiquement et les méthodes de Jean-Pierre Jacqmin sont jugées « interventionnistes » et « peu diplomatiques ». Il n’en faut d’évidence pas plus pour que « certains » profitent du climat politique pour mettre leur rancœur à l’encontre de Jacqmin sur le compte d’un téléguidage par le PS alors que le directeur de l’information a toujours fait l’unanimité pour son traitement de la politique. « Certains » ? On ne sait pas qui : sous une fausse adresse mail (help-rtbf), des « journalistes RTBF » ont effectivement envoyé à la presse un courrier anonyme dénonçant une « entreprise généralisée de censure destinée à protéger le PS » de la part de Jacqmin.

« Je ne réagirai pas à des courriers anonymes, dit Jean-Pierre Jacqmin. Il arrive tous les jours que des journalistes commettent des erreurs : ça fait partie de mon boulot à la RTBF de leur faire savoir. Quant au PS, je ne peux que redire que nous avons sorti les affaires de Charleroi, de Huy, les sondages défavorables… » Le président de la SDJ, Michel Visart, déplore lui aussi le procédé : « Il est clair qu’il y a des tensions au sein des rédactions. Les débats autour du reportage de Questions à la Une ont permis de mettre des choses sur la table. Mais ce genre de procédé est insupportable et ne rend service à personne et sûrement pas à la RTBF. »