La RTBF passe à l'Euro... de foot Roland Bruneel veut booster l'info sportive La RTBF en une-deux radio-télé Du ballon, des machines et des hommes EN VUE Canal + devant son poste ZOOM Foi de sondage, les Belges sont tout foot!

La RTBF passe à l'Euro... de foot

A J-73 du championnat d'Europe des nations, la chaîne publique a dévoilé une partie de ses plans. Même le JT sera bousculé!

Tout le foot sur la Une. C'est dire l'importance que la RTBF accorde au XIe championnat d'Europe des nations de football. Si elle cède ainsi sa plus belle lucarne aux sourires et crochets de David Beckham et autre Zinedine Zidane, ce n'est pas dans le secret espoir (non avoué...) de faire exploser ses recettes publicitaires, mais dans le souci de rallier un maximum de spécialistes et de non-initiés.

C'est en effet un choix volontaire, a insisté Gérard Lovérius, le directeur des programmes. L'événement en valait la peine. D'une manière plus large, je soulignerai que notre travail va être exposé au monde entier. Nous avons donc trouvé tout naturel d'accorder à l'Euro 2000 les moyens qu'il mérite.

Les 31 rencontres du tournoi feront ainsi l'objet d'une retransmission en direct sur la Une ou la Deux (en cas de simultanéité) et le journal télévisé sera ainsi parfois exceptionnellement programmé à 20 heures!

Pour respecter une certaine paix dans les ménages, la Deux promet une contre-programmation, alternative, sérieuse, attrayante. Simple détail? L'antidote ne sera dévoilé que début mai...

En gros, l'effort «Euro 2000» consenti par la RTBF flirtera avec les 100 millions de francs si l'on englobe les frais internes, la réalisation et l'acquisition des droits.Quelque 200 personnes seront mobilisées pour les besoins du ballon rond.

L'Euro 2000, ce sont les 24 Heures de Francorchamps durant un mois, a ainsi comparé André Lembrée, le directeur des Sports. Nous travaillons depuis 1996 avec la NOS et la VRT. Notre équipe sera à la hauteur, j'en suis persuadé.

KROL EN SOLO

L'événement mobilisera l'énergie de l'ensemble des centres régionaux, qui exploreront les nombreux à-côtés de la compétition.

Eric Krol, qui ne sera plus associé à Marc Delire, absorbé par le terrain, «pilotera» les opérations depuis un studio de Reyers ou un espace placé dans les stades mêmes, suivant l'intérêt des rencontres et l'évolution du tournoi.

Comme on le découvre ci-dessous, la radio assurera elle aussi une couverture très large de l'événement dans ses aspects les plus divers. Depuis l'Eurovision de la chanson en 1987, la RTBF n'avait plus été à ce point bousculée dans ses habitudes.

On soulignera que ses efforts ont été déjà récompensés puisque c'est le générique créé par la cellule «Imagique» qui a été choisi par «Forto 2000» et qui sera donc diffusé avant les 31 matches dans plus de 50 pays à travers le monde.

La RTBF, donc, se dit prête à assumer l'ambitieux challenge qui l'attend. Elle rodera son dispositif ce soir à l'occasion de Belgique - Pays-Bas, à Bruxelles. Le réalisateur Thierry Delrue était parfaitement décontracté hier.

A la veille de la période très importante qui l'attend, son moral est d'autant meilleur que le «Week-end sportif» relifté voici quelques mois est en progression constante et que la dernière sortie des Diables rouges, à Charleroi, contre le Portugal, a atteint les 40 % de parts de marché.

En ce qui concerne les retransmissions sur écran géant, dont les demandes affluent partout en Communauté française, la chaîne publique a décidé d'accorder gracieusement ses droits aux organisateurs qui assureront la gratuité de leur manifestation au public.

Il sera décidément très difficile d'échapper à la «footmania» qui envahira les plats pays dans un peu plus de deux mois!

ALEXANDRE CHARLIER

Aujourd'hui, à 18 h 50, sur La Une, le magazine «Régions soir» consacrera une émission spéciale en direct du stade Roi-Baudouin. Invités: Alain Courtois, directeur de l'Euro 2000, et François-Xavier de Donnea, bourgmestre de Bruxelles.

Roland Bruneel veut booster l'info sportive

Depuis lundi, la RTBF dispose d'un rédacteur en chef commun à la télévision et à la radio. La nouvelle fonction souhaitée par l'administrateur général lui-même a été dévolue à Roland Bruneel, qui avait semble-t-il les meilleures cartes en main et le bon profil «administratif» pour s'installer dans le fauteuil. Cette nomination va changer certaines habitudes, notamment au service des sports télé qui, pour rappel, a perdu Franck Baudoncq voici quelques mois... La mission du Bruxellois de quarante-trois ans, qui a pris congé avant le week-end de son complice de 20 ans Jean-Pierre Hautier, sur Bruxelles-Capitale?

Instaurer une plus grande synergie entre la radio et la télévision, explique Roland Bruneel. Plus précisément? Renforcer l'information sportive au quotidien tant dans les journaux télévisés que parlés.

Dans le domaine, c'est surtout au sein de l'équipe TV qu'un essoufflement s'est fait ressentir en haut lieu. Par ailleurs, les plages infos radios dispatchées entre les différents centres régionaux sont parfois sources de doublons. Il y avait effectivement lieu de mettre un peu d'ordre dans tout cela...

Roland Bruneel continuera toutefois à faire du terrain à l'avenir. Juriste de formation, il a néanmoins toujours été sensible au monde du sport.

Les problèmes du dopage, la sécurité, les aspects sociologiques du sport, tous ces domaines périphériques méritent qu'on s'y intéresse, glisse-t-il. Quand on lui fait remarquer qu'il sera sans cesse plus difficile à l'avenir, pour la «petite» RTBF, d'acquérir les droits sur les grands événements, Bruneel rétorque que cela ne constituera pas forcément un handicap...

En 1990, lors de la Coupe du monde de football, j'ai été dépêché à Cagliari pour la radio. Je n'étais pas accrédité mais cela ne m'a pas empêché de travailler. Même quand on n'a pas accès direct au terrain, il y a des tas de manières d'aborder un événement...

Al. Ch.

La RTBF en une-deux radio-télé

A compter du 9 juin prochain, aucun auditeur et téléspectateur de la RTBF ne pourra échapper à la déferlante eurofooteuse. Tant les antennes radio que télé bouleverseront peu ou prou leurs programmations.

Outre les directs des 31 matches, quatre stations radios publiques mouilleront leur maillot. Notamment La Première et Fréquence Wallonie qui proposeront chaque soir des «18 heures» (week-end compris) «Euro-stades». Piloté par Liège et Mons, ce rendez-vous zappera de terrain en terrain, recevra des invités, commentera et analysera les rencontres tout en débordant du strict cadre sportif pour parler médecine, économie, sécurité. De son côté, «Matin Première», proposera chaque matin un «Maga des Sports» à 6 h 35 ainsi qu'une page spéciale «Euro 2000» à 7 h 17 après le JP.

Sur Fréquence Wallonie, dans «Sports Dimanche» une large page magazine sera consacrée à 8 h 20 au Championnat d'Europe de football. Bruxelles-Capitale et Radio 21 joueront aussi à la baballe.

La couverture de l'Euro 2000 aura aussi un effet significatif sur les deux chaînes télé puisque l'intégralité de l'Euro 2000 sera diffusé sur la Une télé avec priorité sur cette antenne aux rencontres phare et à celles qui concernent les Diables rouges et leur groupe. La deuxième rencontre sera diffusée sur La Deux qui en proposera également un résumé. Autre entorse historique à la programmation classique: le Journal Télévisé de certains soirs de matches verra son heure de diffusion passer de 19 h 30 à 20 heures!

Les Lecomte, Delire, Beenkens et autre Deprez se partageront les commentaires des rencontres épaulés par Michel Preud'homme (ex-gardien des Diables) et Benoît Thans, joueur de Westerlo, en qualité de consultants.

Dans le détail, rayon émission, une spéciale «Euro J-1» sifflera le coup d'envoi de l'opération le vendredi 9 juin à 20 h 10 sur La Une, précédée d'un «Régions Soir» et d'un JT colorés Euro.

Des plateaux en studios présentés par Eric Krol analyseront les rencontres en compagnie d'invités, avant, à la mi-temps et après.

Enfin, chaque soir sur La Deux, «Le 23 heures de l'Euro» reviendra sur toute la journée écoulée, sur la présence et les performances des Diables et d'autres aspects comme le «Choc du jour» ou des «Vu de Hollande».

F. Lt.

Du ballon, des machines et des hommes

L'organisation conjointe de l'Euro 2000 par deux pays, c'est une première! Du coup, ce sont trois chaînes publiques de radio-TV qui descendent sur le terrain pour en assurer la couverture. Réunies sous la bannière «Forto 2000» (pour Football Operations Radio and Television Organisation 2000), la NOS hollandaise, la VRT et la RTBF se retrouvent associés dans la mise en commun de leurs moyens humains, techniques et financiers.

Cependant, la chaîne publique francophone assumera une lourde mission supplémentaire. Celle d'assurer, en plus de sa tâche spécifique de gérer sa propre «antenne», la production du signal multilatéral. C'est-à-dire le signal international fourni à toutes les télévisions ayant acquis les droits de retransmission des matches.

Afin de donner une homogénéité à la couverture télé des 31 rencontres se déroulant chez nous et aux Pays-Bas, un cahier de charges précis a été établi. Celui-ci prévoit que 18 caméras(dont 4 «super ralenti») seront disposées aux mêmes endroits dans chaque stade. Les images seront sélectionnées avant tout en fonction des actions sur le terrain qui détermineront l'utilisation des caméras et l'insertion des ralentis.

Le signal international débutera quinze minutes avant le coup d'envoi. A un générique «Forto 2000» (réalisé par la cellule RTBF Imagique) succédera un petit portrait de la ville d'accueil, l'arrivée des joueurs au stade et des images d'ambiance. A la mi-temps et à la fin du match, les meilleures actions de jeu seront rediffusées. Le signal international s'achèvera cinq minutes après le coup de sifflet final.

Côté «moyens techniques», la RTBF mettra en oeuvre ses propres outils de captation à Liège alors qu'à Charleroi et à Bruxelles, elle collaborera avec une société privée, vu la simultanéité des rencontres.

Si l'on examine dans le détail la panoplie technique, la RTBF utilisera outre ses caméras «loupe-super ralenti», des mini caméras «Paluche» et des caméras «Hot Head» disposées derrière le goal en hauteur et au niveau du sol ainsi que des caméras «close up» à longues focales. La RTBF produira entièrement huit matches: 3 à Charleroi, 3 à Liège, un quart de finale et une demi-finale à Bruxelles. En tout, la chaîne publique s'appuiera sur 150 techniciens pour sa couverture «multilatérale» de l'événement sportif, alors que cinquante autres travailleront sur le «signal belge».

F. Lt.

EN VUE Canal + devant son poste

Carton jaune à Canal +! La chaîne à péage ne participera pas au festin du 10 juin au 2 juilletprochains. Les abonnés peuvent s'estimer légitimement déçus car ils avaient pris l'habitude depuis plusieurs saisons de vivre «autrement», et en «exclusivité» le meilleur du football européen. Lors de la dernière Coupe du monde en France, C + avait proposé un programme effectivement différent et intéressant...

Canal + Belgique n'a évidemment pas la même structure ni les mêmes moyens que sa grande soeur parisienne mais on aurait pu s'attendre à ce qu'elle s'intéresse de plus près à un événement organisé en Belgique. La RTBF n'aurait peut-être pas refusé de négocier certains droits, mais n'a reçu aucune proposition.

Il nous revient en revanche qu'un partage du gâteau de la prochaine Ligue des champions - avec Anderlecht? - puisse être trouvé sur base d'un accord de trois ans. (Al. Ch.)

ZOOM Foi de sondage, les Belges sont tout foot!

Dans la perspective du Championnat d'Europe des Nations, la Régie Média Belge ne se tient plus! Gestionnaire des espaces publicitaires de la chaîne publique, la RMB caresse le sonnant et trébuchant espoir d'encore profiter pleinement de la popularité du ballon rond dynamisée par la dernière coupe du monde de 98 et le renouveau des Diables. C'est d'ailleurs un sondage de 1998 que la Régie remet en avant dans son dernier «Mag'» d'information. L'enquête analysait les habitudes des téléspectateurs belges par rapport au foot. On y lit que le football «passif» face au petit écran est pratiqué par 64% de la population belge francophone. (...) Près de 80% des hommes regardent le foot à la télé. (...) Du côté des femmes, les adeptes du télé-foot dépassent la barre des 50%. En croisant le nombre de pratiquants du football «actif» (NDLR: ceux qui le pratiquent, assistent réellement à des matches, en parlent, etc.) , avec les adeptes du football «passif», on atteint un total de 77% des individus, hommes et femmes, concernés d'une manière ou d'une autre par le ballond rond dans notre pays. (F. Lt.)