Parce que le château

Parce que le château

de Faulx-les-Tombes

n'était plus à la mode...

La faillite de la gestion du domaine de Faulx-les-Tombes (1) était sans doute inévitable. Selon le bourgmestre d'Etterbeek, Léon Defosset, le tourisme social semble un peu passé de mode et les écoles de la commune ne fréquentaient plus beaucoup le château.

Il faudra donc se tourner vers une autre formule d'exploitation. Des négociations sont en cours. Plusieurs sociétés sont intéressées par une location du domaine avec option d'achat.

En ce qui concerne la faillite de la s.p.r.l. «Château de Faulx», chargée de la gestion du domaine de Faulx-les-Tombes, Léon Defosset affirme aujourd'hui que le gérant Michel Timmermans n'a jamais démérité. La réduction des classes vertes, l'absence de publicité dans le journal communal et un incendie allumé par la foudre l'an dernier ont contribué à acculer la s.p.r.l. à la faillite.

Michel Timmermans avait fondé la s.p.r.l. «Château de Faulx» en mars 1986. Il appartient à la «dynastie Timmermans», 17 frères et soeurs dont plusieurs sont directement engagés en politique, mais Michel n'a jamais possédé aucune carte de parti. Il était parvenu à rentabiliser l'exploitation en réduisant le personnel d'entretien du château. L'hôtel fonctionnait convenablement toute l'année et le restaurant était bénéficiaire en saison, en dépit de l'étiquette de «tourisme social» et des réductions de 10 % toujours consenties aux clients etterbeekois.

La foudre aussi

a frappé

La s.p.r.l. assumait tous les frais de chauffage et d'électricité, ainsi que l'entretien des pelouses et de l'intérieur des bâtiments. La grande salle du château venait d'être repeinte (100 kilos de peinture!) quand la foudre a frappé. Une aile entière du château a été endommagée par le feu. Près de 20 lits devenaient indisponibles et de nombreuses réservations étaient définitivement perdues.

La commune aurait dû réparer mais un an plus tard, l'entrepreneur n'était pas encore désigné. Le bourgmestre vient d'annoncer que les travaux débuteront en avril 1989. Pour Michel Timmermans, il est trop tard...

Léon Defosset admet que l'incendie est un préjudice subi par la s.p.r.l. Il y en a eu d'autres, comme le remplacement de l'installation d'un nouveau chauffage que la commune n'a toujours pas remboursé à Michel Timmermans. Par conséquent, le maïeur a décidé de demander au curateur de revoir la demande de créance de la commune à la baisse. Les 1,2 million d'arriérés devraient être ramenés à 600 ou 800.000 F.

Désormais, c'est

un château à louer...

Quant à l'avenir, Léon Defosset pense à une location du domaine avec option d'achat: Nous ne voulons pas vendre le château à n'importe quel prix mais les sociétés candidates à la reprise de la gestion souhaitent toutes une formule de location du domaine avec option d'achat. En outre, si la désaffection des écoles de la commune se confirme, le domaine n'offre plus beaucoup d'intérêt pour Etterbeek. Une revente serait dans ces conditions très honorable. Le tourisme social a connu un vif engouement mais il est maintenant victime d'une certaine usure. C'était probablement inéluctable.

Le projet de reprise le plus avancé pour l'instant est celui de la firme Sodexho, précise le maïeur, qui transformerait le château en centre de séminaires avec hôtel-restaurant. En attendant, le téléphone a été rétabli et un gardien communal surveille le domaine.

DANIEL COUVREUR.

(1) Voir notre article du vendredi 20 janvier 1989.