Patrimoine Un symbole de Bruxelles et de la BD restauré : Tintin a la tête qui tourne

<P><AMORCE>L’effigie</AMORCE> de Tintin et Milou imaginée par le fondateur du journal Tintin a retrouvé tout l’éclat de sa ligne claire soulignée de néons. <CREDIT>© Pierre-Yves Thienpont.</CREDIT> </P>

L’effigie de Tintin et Milou imaginée par le fondateur du journal Tintin a retrouvé tout l’éclat de sa ligne claire soulignée de néons. © Pierre-Yves Thienpont.

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Mardi 29 septembre à 18 heures, l’effigie de Tintin et Milou, symbole de l’Ecole de Bruxelles de la bande dessinée, s’est remise à tourner. Une minute plus tard, la silhouette dessinée par Hergé s’illuminait en présence des plus hauts responsables du groupe français Média-Participations, propriétaire des Editions du Lombard. Erigée il y a plus d’un demi-siècle, cette enseigne publicitaire du journal Tintin est devenue un monument symbolique de la capitale européenne de la bande dessinée.

« Le journal Tintin a disparu depuis longtemps, confie le directeur général des Editions du Lombard, François Pernot. Mais le groupe auquel nous appartenons est toujours lié à Tintin. C’est Casterman qui édite les albums d’Hergé mais notre société Belvision, qui a réalisé les premiers longs-métrages animés de Tintin et le Temple du soleil et Tintin et le lac aux requins, occupe toujours l’immeuble Tintin des Editions du Lombard. Et nous avons par ailleurs racheté le studio Ellipsanime, qui a produit la série télévisée des dessins animés de Tintin, encore diffusée en permanence dans le monde. Cette enseigne garde donc tout son sens parce que la renommée de Tintin se fait aujourd’hui davantage à travers le média audiovisuel que par les albums et le support papier. »

Classée en 2004 par la Région bruxelloise, l’enseigne Tintin et Milou n’est plus le modèle d’origine. Usée par les intempéries, elle a été remplacée par une copie à l’identique, il y a une vingtaine d’années, mais sans son moteur et ses néons. Une nouvelle restauration, subsidiée par la Région et la commune de Saint-Gilles a enfin permis de lui rendre toute sa magie : « C’est le couronnement symbolique de l’Année de la bande dessinée à Bruxelles, un emblème de notre créativité », a déclaré le ministre-président bruxellois, Charles Picqué, en poussant sur le bouton de remise en marche. « Cela n’a pas été facile de faire comprendre l’importance de cet emblème pour notre patrimoine, a souligné le secrétaire d’Etat Emir Kir. Mais le résultat va se voir de très loin ! »

C’est en 1958, que Raymond Leblanc, patron fondateur du journal Tintin, a eu l’idée de créer cet artefact publicitaire. En un peu plus de dix ans, « l’hebdomadaire des 7 à 77 ans » des Editions du Lombard était devenu le numéro un des publications pour la jeunesse. Le tirage dépassait les 500.000 exemplaires. Le Lombard venait de se faire construire un building aux portes de la gare du Midi, avec un magasin Tintin, une librairie, une agence de publicité et un studio de dessin animé, Belvision.

Le 2 juillet 1958, un semi-remorque amènera de Cologne l’immense girouette lumineuse de Tintin et Milou. Hergé en avait dessiné la silhouette et insisté pour qu’aucun tube ne vienne séparer la tête et la houppette de son héros. Raymond Leblanc avait confié le projet de sa réalisation à des ingénieurs allemands.

Conçue sur le modèle de l’étoile Mercedes à Stuttgart, l’enseigne était la première de cette taille en Belgique. Un moteur de 1,1 ch permettait de faire tourner ses 3,75 tonnes. Elle était conçue pour résister aux vents de tempête et changeait de couleur grâce à un système de commande automatique. La mécanique ne résistera pas à la construction de la Tour du Midi. Depuis mardi soir, elle tourne et illumine à nouveau le ciel de Bruxelles.