Union Castors Braine: le retour de Voituron?

Les Castors quittent la division 1 après 12 saisons BRAINE: UNE SYMPHONIE INACHEVÉE V ous êtes des bons à rien et vous êtes tous virés.

C'est sur cette phrase tranchante comme une lame de rasoir que l'aventure des Castors Braine a débuté en division 1. C'était le 13 septembre 1986 et les murs fraîchement érigés de la salle Gaston Reiff, sans grand public ni panneaux publicitaires, renvoyaient au lion figé sur la butte voisine les vociférations d'un président bien vite surnommé Napoléon.

André Renauld, qui avait accepté, une poignée d'années auparavant, les destinées du matricule 294 entre deux parties de tennis au «203», entrait dans la légende par une porte de vestiaire enfoncée d'un coup de bélier. Le matin de ce match, l'équipe avait été présentée aux huiles de la ville qui voulaient inaugurer la salle en grande pompe, rapelle Michel Voituron, déjà coach des Castors aux étages inférieurs, mais surtout lors des cinq premières saisons parmi l'élite.

C'était le match à ne pas perdre, mais on l'a perdu.

Sèchement: 60-77.

Et le plus cocasse, en définitive, c'est que Marcel Vanhee, le coach de Louvain, se permit cette affirmation à notre intention: on connaît le premier descendant!

En avril, c'est Louvain qui chutait alors qu'on jouait la finale des playoffs, rigole encore celui qui, plus superstitieux qu'un sorcier, mettait systématiquement un débardeur bleu en déplacement et rouge lors des rencontres à domicile de cette campagne initiale.

Bernard Tirtiaux, promu capitaine à son arrivée en compagnie des deux autres laissés-pour-compte d'Eric Somme qu'étaient Henri Berlémont et Olivier Beuscart, se souvient aussi de ce premier épisode. «And you, go home», lança Renauld aux deux Américains qui, s'ils avaient connu Louis de Funès, auraient éclaté de rire.

RENAULD-TROTTER: LE TANDEM Ces renforts s'appelaient Oren Gilmore et... Kerry Trotter qui demeurera au club pendant onze saisons au point d'en devenir la figure emblématique. On avait eu un sacré coup de chance de tomber sur lui , convient Voituron.

Le mérite en revient à Marcel Van de Keere, un ancien du club, qui avait un contact à Marquette.

Au premier match amical, Renauld voulait déjà le remballer, mais finit par nouer une relation privilégiée avec Kerry.

Parfois, je sentais bien qu'il le protégeait et que Kerry en profitait, mais jamais, il n'y eut de gros incident.

Jamais.

Avant de disparaître de l'aéropage brainois, comme nombre de managers, secrétaires, coachs ou autres comitards usés par l'impérialisme de Renauld, Van de Keere offrit encore aux Castors un gros poisson nommé Marty Embry.

Battus en finale du championnat par Malines, les Brainois, qui avaient eu droit à une parade dans la ville, comprirent tout de suite que ce vrai pivot était porteur d'espoirs.

Pour notre malheur, Marty se blessa lors de la deuxième manche de la finale et notre égalisation ne fit que retarder une inéluctable issue: Ostende se substitua à Malines pour nous priver du titre, déplore Voituron.

Mais ces deux saisons de rêve avaient fait des Castors le porte-drapeau du basket wallon, celui qui attendait depuis le dernier titre du Standard en 1977 le nouvel avènement d'un club francophone.

La salle Gaston Reiff était souvent trop petite pour accueillir les fervents partisans de ce club qui suscitait une sympathie naturelle et contagieuse.

Les abonnés pullulaient.

Le «Castors bar» où repassaient les joueurs ne désemplissait pas.

Public et cafétéria constituaient deux véritables sponsors du club!

C'est notre public qui a créé le fameux rappel des joueurs, souligne Voituron.

La foule applaudissait et scandait nos noms.

En déplacement aussi, les Castors étaient soutenus par d'importantes grappes de Brainois bien en voix.

Pour notre premier match de coupe Korac, la seule compétition européenne qu'on ait fréquentée, une dizaine de supporters avaient fait le voyage à Ilhavo au Portugal et avaient emmené de la... Vieux-Temps, notre boisson préférée!

La télévision suivit le mouvement.

Les directs pleuvaient ou presque dès que les Brainois faisaient rebondir un ballon.

La première retransmission fut programmée lors de notre 4e match en D 1 face à Spirale Liège , relève Tirtiaux.

Ils avaient un maillot blanc comme nous.

On leur prêta ainsi nos équipements bleus et André Renauld put s'asseoir dans la tribune d'honneur avec le nom de sa société sur tous les acteurs!

La troisième saison fut celle de la professionnalisation. Marc Deheneffe, Tony Marion et Bernard Tirtiaux firent le grand saut pour rejoindre le statut de leur coach et des deux Américains qui auraient dû être à nouveau Trotter et Embry.

C'était l'assurance d'un titre, martèle Tirtiaux.

Mais Marty signala qu'il devait participer à un camp NBA fin août et Renauld lui refusa cette fleur, cassant aussitôt son contrat.

Plus jamais Braine n'enrôla un caïd à ce poste.

André Renauld est comme ça.

Avec lui, c'est blanc ou noir.

La nuance, il l'ignore superbement.

Un jour de 1988, échauffé par l'arrogance des Malinois, il les envoya au diable et déclara forfait pour un match à rejouer.

Ce samedi-là, Tony Marion se mariait.

Malines ne daignait pas changer de date.

Et ce résultat n'allait rien changer au classement final, alors tous aux noces du beau Tony!

Un homme de coeur aussi puisque quand Tirtiaux, taraudé par une blessure à la voûte plantaire, se mit à gamberger, il l'invita, en décembre 1988, à se ressourcer en famille dans son châlet suisse.

Sans Marty Embry, Braine signa la seule pole position de son histoire.

Mais elle ne suffit pas encore, Malines s'imposant à la dernière seconde après qu'une faute offensive, imaginaire pour beaucoup sauf pour l'arbitre Piet Brijs, infligée à Trotter ne redonne le ballon à Tommie Davis pour l'estocade!

TITRE = OBSESSION Un jour, un de mes anciens joueurs passé à Malines, m'a soufflé à l'oreille: coach, ici, j'ai compris pourquoi on n'a jamais été champion avec Braine, confie Voituron en évoquant le rôle des hommes en gris dévoués à la cause des grands.

J'ai revu cette séquence des centaines de fois et l'ai soumise à des arbitres étrangers.

Personne n'a donné faute à Kerry... Après ce troisième échec consécutif, le titre est devenu une obsession dans l'esprit des Brainois.

Malgré les ennuis de genou handicapant Trotter, les Castors se hissèrent à leur quatrième finale de playoffs en quatre ans, mais après avoir écarté Ostende, ils chutèrent devant un Malines plus fringant.

La saison suivante, il n'y eut pas de finale. Michel Voituron ne tint pas jusqu'aux playoffs et fut prié de s'en aller au profit de John Van Crombruggen.

Ce fut le début d'une valse d'entraîneurs avec McCarthy, Timmermans, Heath, Rogiers, Dubois-Smets, Van Kersschaever, Souverijns et Deheneffe.

En 1992, Braine disputa néanmoins sa cinquième et dernière finale, un peu par hasard.

Mais sans réelles chances de désarçonner Malines malgré les cinq manches nécessaires.

C'était la saison succédant à la guerre du Golfe qui avait secoué l'entreprise de Renauld.

Celui-ci, croyant ses marchés fermés pour longtemps, vendit les Belges attachés à sa société.

Avec le départ des Stas, Tirtiaux, Marion, Hockins et Jean-Jacques Deheneffe, le patrimoine brainois disparaissait.

La suite fut chaotique.

Des gros parraineurs comme Sigma ou Schweppes ne mordirent pas à l'hameçon d'un cinq américain ou de l'association de noms ronflants... même sur le terrain!

On frôla une fusion avec Charleroi pour en signer une avec Namur.

Le comité changea sans cesse de composition.

Braine allait à vau-l'eau.

Son avenir était derrière lui.

Cette fois, c'est sûr.

G.

M.

UN DOSSIER DE Demain soir, la salle Gaston Reiff de Braine-l'Alleud fera ses premiers adieux à l'élite du basket belge.

Criblés de dettes, déclarés en liquidation judiciaire, les Castors Braine avaient enflammé le public brabançon au cours de leurs six premières saisons, marquées par cinq finales du championnat.

Ils partent sans titre ni coupe.

Mais ils promettent de revenir, en recommençant en D 3 pour éviter la disparition. Le cauchemar d'une ville-dortoir Si vous passez à Braine-l'Alleud, faites d'abord un crochet par la place Sainte-Anne. En bordure du chemin de fer, très proche de la gare, c'est un parking sans arbre.

Voici trente ans, c'était surtout le lieu privilégié pour jouer au basket-ball.

Le dimanche matin, s'y disputaient des matches dont les héros étaient le fils de la libraire ou le futur échevin des sports.

Poursuivez ensuite votre visite en vous dirigeant vers l'église.

Là, vous êtes à quelques pas de la maison communale.

Imaginez alors deux Américains, disons Trotter et Gilmore, et quelques Belges qui, au printemps, voici onze ans, y débarquaient triomphants.

C'était la procession d'un samedi midi au bout de la première saison des Castors en première division.

Enfin, ne quittez pas Braine sans jeter un coup d'oeil sur le lion de Waterloo.

De la salle Gaston Reiff, la vue est imprenable et la mise en situation excellente.

Ces derniers jours, c'était de là que se mesurait le mieux l'étendue des dégâts.

Mais quand prend fin la plus exaltante des aventures sportives d'une ville, voire d'une région, les raisons des défaites surgissent trop évidentes. Car les Castors ne sont que le reflet du lieu qu'ils ont hanté et sublimé.

Ils ont grandi très vite, comme une commune qui, frénétiquement, transforme ses champs en lotissements sans penser à la grenouille qui ne devint jamais boeuf.

Absence de plans à long terme, caprice d'un pouvoir qui croit savoir, folie des grandeurs et de nouveaux riches: les Castors ont été de l'avant sans cohérence ni rigueur, mus longtemps par le vertige.

Ce dernier découlait de l'ivresse.

Celle née du bonheur d'une réussite mémorable, mais passagère.

Celle qui guettait un homme généreux, certes, mais vaniteux aussi et qui, parvenu à ne jamais manquer d'air, n'admettait pas de perdre ou d'avoir tort.

Y aurait-il eu un modèle de Renaul(d)t méga(loma)ne?

Il y eut, en tout cas, des défauts de fabrication et un problème de localisation.

Au coeur du Brabant wallon, terre d'accueil, mais où le sentiment d'appartenance est faible, une aventure sportive de grande ampleur semble tout aussi périlleuse qu'aléatoire.

Le phénonème d'identification s'en va, s'en vient à cause de tout petits riens, le mépris pour quelques joueurs ou la spirale de l'échec.

Dans le dortoir de Bruxelles, aussi, les argentiers du sport ont encore souvent sommeil.

C'est dommage parce qu'à Braine-l'Alleud, les amateurs de basket-ball sont toujours restés en éveil, comme en témoignent, probablement, les multiples terrains qui, au hasard des quartiers, participent peut-être à l'intégration, sûrement à la convivialité.

En trente ans, d'une place à un hall sportif, d'une fusion à une kyrielle d'Américains, de la provinciale à l'élite nationale, ils ont toujours été prêts à en prendre plein des yeux.

Aujourd'hui qu'ils ne doivent même plus les fermer pour faire un cauchemar, la nuit risque d'être longue.

Br.

D. Les noyaux finalistes des playoffs 1987 MALINES-BRAINE: 3-1 Henri Berlémont, Olivier Beuscart, Christian Dupont, Oren Gilmore, Tony Marion, Rudy Moortgat, Yvan Timmermans, Bernard Tirtiaux, Kerry Trotter, Robert Van Cabeke. 1988 OSTENDE-BRAINE: 3-1 Henri Berlémont, Russ Davis, Marc Defort, Marty Embry, Tony Marion, Bernard Tirtiaux, Thierry Tordeur, Kerry Trotter, Frank Van Impe. 1989 BRAINE-MALINES: 2-3 Marc Deheneffe, Christian Dupont, Dwight Jones, Tony Marion, Jacques Stas, Bernard Tirtiaux, Thierry Tordeur, Kerry Trotter. 1990 MALINES-BRAINE: 3-2 Russ Davis, Marc Deheneffe, Glenn De Boeck, Christian Dupont, Cedric Henderson, Tony Marion, Jacques Stas, Bernard Tirtiaux, Kerry Trotter. 1992 MALINES-BRAINE: 3-2 Valderamas Chomicius, Jean-Jacques Deheneffe, Phil Dailey, Alain Hockins, Steve Ibens, Tony Marion, Jacques Stas, Bernard Tirtiaux, Kerry Trotter, Lieven Vandekeere.

Génération Castors: joyeuse entrée et triste fin L'histoire du sport foisonne de ces exemples où le favori des coeurs n'est pas forcément le triomphateur.

En son temps, la France de la petite reine eut ainsi un certain Raymond Poulidor, souvent placé mais jamais lauréat.

Au sortir de la dernière décennie, la Belgique tint également son «Poupou», avec les basketteurs de Braine-l'Alleud devenus célèbres grâce à leurs échecs systématiques dans la dernière ligne droite.

Mais au-delà de ce statut d'éternel second, c'est le phénomène Castors, la déferlante, le mythe même -à l'échelle nationale, s'entend- qui recèle une vraie valeur.

Qui sont ces hommes et quelle a été la nature de leurs exploits?

Pour apporter un début de réponse à cette double interrogation, nous avons retenu et classé par ordre alphabétique ou chronologique, dix personnalités qui ont balisé l'étonnant parcours des Castors en première division, ainsi que les dix événements qui ont, à notre sens, marqué les esprits.

Souvenez-vous... LES HOMMES Marty Embry. Pivot aux dimensions non-belges.

Sa blessure en finale des playoffs contre Ostende, en mai 1988, a coûté un titre aux Castors.

Emmanuel Hendrickx.

Bourgmestre de Braine-l'Alleud, il a pour principal mérite d'avoir été l'un des premiers hommes politiques à comprendre toute la notoriété qu'une ville pouvait tirer du sport.

Mais sans y comprendre grand-chose dans le jeu en lui-même.

Pompier de service à deux reprises à la présidence du club, en 1994 et 1998, il était le seul à avoir le bras assez long pour tenter de sauver ce qui peut l'être... en D 3.

Tony Marion.

Arrivé en droite ligne du Royal l'année précédant la montée, il symbolise la fidélité à une équipe et à une ville où il réside, et ce malgré une expérience professionnelle de 3 saisons au Spirou Charleroi.

Sans ses perpétuelles angoisses existentielles, sa polyvalence et son physique élastique auraient pu lui valoir de survoler le poste 4 en Belgique.

André Renauld.

Par principe, jamais d'eau dans son vin.

Ni dans son whisky d'ailleurs.

L'industriel brainois, hédoniste bon teint à l'impayable bagout, fut le président de tous les excès, mais aussi de toutes les générosités.

Rond de bouille mais carré dans les idées, il ne lui a manqué qu'un peu de patience pour réaliser son rêve.

Jacques Stas.

Pas un produit du club, comme on le pense à tort.

Mais sa reconversion au poste de meneur lorsqu'il est arrivé de Grivegnée (D 2), est bien brainoise.

Si son entourage professionnel avait été plus stable, nul doute qu'il n'aurait pas opté pour Malines (3 ans) et surtout Charleroi.

MVP belge en 1996 sous le maillot brainois.

Bernard Tirtiaux.

Six campagnes débutées l'année de la montée, après qu'Eric Somme l'eut rayé des cadres à Mariandenne, lui l'Andennais de souche!

Son statut de capitaine courageux collait parfaitement à son rôle d'approvisionneur de Trotter.

Kerry Trotter.

Onze saisons à Braine pour celui qui fait partie des meilleurs Américains jamais vus en Belgique.

Un premier pas extraordinaire et un sang-froid ahurissant dans le money time... avant que son genou n'explose.

Sa morve en dehors des parquets lui a coûté une statue à côté de celle de Gaston Reiff.

Michel Voituron. Huit saisons à Braine, depuis la glorieuse époque de la minuscule salle du 203, jusqu'aux finales PO.

Viré sur un coup de tête présidentiel en 1991, son fantôme hante toujours l'antre des Castors, où aucun coach n'a fait mieux que lui.

Passé maître dans l'art de prendre une technique au moment idéal pour faire entrer une salle en éruption.

Pierre Vancabeke.

Figure de la fusion entre le BC Braine et l'Area Castors Laeken dans les années 70.

Fidèle secrétaire, sa relation amour-haine avec Renauld et ses récurrentes menaces de démission étaient parfois grand-guignolesques.

Tony White. La balle magique du Tennessee assurait tant et plus, mais sa boulimie de ballon l'empêchait de prétendre à un autre honneur que celui de Ricain le plus spectaculaire jamais vu chez nous, avec Lloyd Batts (Monceau) et Terence Stansburry (Maccabi).

LES GRANDES HEURES La montée en D1.

Elle s'est faite lors de la campagne 1985-86, dans la roue de l'Avanti Bruges, au terme de cinq saisons qui ont vu passer le club de la D4 à l'élite.

La finale de 1987.

Un magistral coup de pioche dans le vivier NCAA avec Trotter et quelques laissés-pour-compte, voilà la recette d'un miracle qui n'en était pas un, puisqu'il perdura.

Braine presque champion en venant de l'étage inférieur?

Seul Mouscron en foot fut à deux doigts de le faire... La finale de 1989.

Un passage en force sujet à interprétation sifflé à Trotter à 98-97, puis un panier du Malinois Davis et pffff... tout ficha le camp!

La guerre du Golfe.

Quand il était seul à la barre, Renauld a toujours assumé ses choix et ses dépenses.

Sa société de conditionnement d'air frappée par le conflit né de l'invasion du Koweït par l'Irak, il s'est désengagé sur plusieurs plans et a dû composer avec d'autres.

Est-ce une coïncidence si le déclin des Castors date d'alors?

Un cinq américain.

White, Mayes, Trotter, Marquardt et Hartshorne dans un cinq de départ exclusivement américain, en décembre 1992 à Courtrai.

Une première européenne.

Malheureusement pour les nerfs du coach Van Crom, il n'y avait qu'un ballon.

L'année des Canadiens. Du basket au rabais avec le duo formé de Spencer McKay et du bellâtre Tom Johnson, auquel on ajouta le soliste américain Arriel McDonald.

Mais aussi un vaudeville hebdomadaire avec dans le rôle principal un André Renauld rythmant le jeu de chaises musicales parfois jusqu'à dix minutes avant le coup d'envoi.

La fusion avortée avec Charleroi.

Au printemps 1993, «Le Soir» annonçait, en plein playoffs, la naissance des Castors Charleroi.

Le championnat devait se jouer à Braine et l'Europe à La Garenne.

Ce scoop allait provoquer un tollé, tant dans le Brabant wallon qu'en Pays noir et faire capoter une fusion qui ressemblait trop à une absorption.

L'affaire Lehtonen.

Trois mois après l'arrêt Bosman, Renauld toise la Fédération et fiche le souk à la Ligue en alignant un meneur finlandais pour 1 match, en sus de sa paire Campbell-Grider.

Finalement, il se rétracte sur l'insistance de ses propres joueurs, mais porte l'affaire sur le fond à uxembourg où elle est encore traitée.

Le flop Van Kersschaever.

Si un autre que Voituron pouvait imposer le silence et ramener enfin un titre dans la banlieue-dortoir de Bruxelles, c'était lui.

Du moins le pensait-on.

Après un 10 sur 13 au premier tour, son autorité s'est effritée à mesure que fleurissaient les arriérés de salaires sur le compte des joueurs.

La générique de fin en D 1.

Comment composer avec des bouts de ficelles, des renforts américains de fête foraine, des joueurs belges sur le retour ou sans avenir et un coach sans personnalité?

Conjugué aux 20 millions - la rumeur dit plus - d'arriérés en tous genres, ceci explique cela.

Fr.

L. Union Castors Braine: le retour de Voituron?

Président des Castors Braine mis en liquidation judiciaire depuis une semaine, Emmanuel Hendrickx, bourgmestre libéral de Braine-l'Alleud, a assisté, mercredi soir, à la réunion de la dernière chance avec les dirigeants de l'Union Rixensart.

Quel avenir pour Braine? eUn accord est rapidement intervenu.

Comme nous ne pouvions pas avoir la certitude de pouvoir continuer nos activités en D 2, il valait mieux jouer la sécurité en abandonnant notre matricule au profit de celui de l'Union Rixensart.

Nous évoluerons ainsi en D 3.

Les dettes ne posent dès lors plus problème... eJe mets un point d'honneur à imposer que celles-ci soient, dans la mesure de nos futurs moyens, apurées au maximum.

Quel nom portera l'équipe et quel en sera le budget? eL'Union Castors Braine disposera de 4 millions pour viser la montée.

Lors d'un tour de table, nos principaux sponsors ont promis de nous suivre.

Quid des joueurs et du coach? eTout le monde sera libre à l'issue de cet exercice. Ceux qui composeront la nouvelle ossature seront choisis dès que le coach sera désigné, c'est-à-dire mercredi prochain.

Est-il fantaisiste de citer Michel Voituron et André Smets comme entraîneurs potentiels? eNon, mais je n'en dirai pas plus à ce sujet.

Que deviennent les jeunes de Braine et de Rixensart? eIls auront l'occasion de rester.

Les nôtres devant passer par un jeu d'écriture.

Ce lourd passif, vous l'avez vu venir tout de même? eEntre la situation mise à nu au printemps dernier et celle constatée aujourd'hui, on a malheureusement ouvert beaucoup de placards remplis de cadavres!

Ce n'était plus possible.

Considérez ça comme un aveu d'impuissance.

Qui composera le prochain comité? eIl y aura évidemment des gens de Braine, comme Pierre Vancabeke, Rufin Vande Ginste et moi-même, et de Rixensart comme Michel Ots, Maurice Charlent, Patrick Wolteche, Philippe Detilleux et André Smets.

Mais nous en discuterons ultérieurement.

Le nom d'André Renauld n'a pas été cité? eEn effet.

Celui de Mark Vanmoerkerke, récemment demandeur du matricule, est à oublier? eL'idée ne nous avait pas séduits car il voulait imposer ses joueurs.

Mais elle n'est plus d'actualité puisque le matricule va disparaître.

Dites-nous, Voituron, ce serait un fameux symbole, non? eAllez, on y travaille, mais rappelez mercredi prochain... G.

M.