IMAGIMONS, LE PLUS GRAND ESPACE CINEMATOGRAPHIQUE DE WALLONIE A ETE INAUGURE, LA SOIF DE CINEMA DES MONTOIS EST ENFIN ASSOUVIE

ImagiMons, le plus grand espace cinématographique de Wallonie, a été inauguré

La soif de cinéma des Montois est enfin assouvie

Douze salles et plus de 3.000 places officiellement ouvertes au grand public en présence de Gérard Oury et de Christian Clavier.

L'enthousiasme de Régine Drieghe, maîtresse des lieux, doit être très contagieux. Vendredi soir, on ne lisait que des sourires enchantés sur les visages des centaines de personnes qui se pressaient à l'inauguration, en lisière du chef-lieu du Hainaut, d'ImagiMons, le plus grand espace cinématographique de Wallonie et le plus moderne de Belgique, pour reprendre le slogan martelé, non sans raison, lors de la courte séance protocolaire. Et c'est vrai que cet ensemble ultra-performant de douze salles pouvant accueillir 3.100 personnes dans des conditions de confort, de vision et d'audition incomparables, est une belle et solide machine. Les milliers de spectateurs qui s'y sont déjà pressés depuis la mise en service de la toute première salle, en avril dernier, trois mois après l'ouverture du chantier, en sont la meilleure preuve.

On ne peut pas dire, bien sûr, que l'esthétique extérieure du bâtiment, massive et essentiellement fonctionnelle, soit ce qui s'est fait de mieux à Mons. Le grand vaisseau de béton blanc nuit quelque peu au panorama s'offrant au visiteur qui quitte l'autoroute pour rejoindre la ville. C'est sans doute la rançon du succès. Régine Drieghe en est consciente et espère bien atténuer cette mauvaise... image en dotant les lieux, comme prévu, d'une avancée vitrée de bon goût et en camouflant l'ensemble dans un réseau très dense d'arbres et d'arbustes.

Mais il ne faut pas faire la fine bouche: ImagiMons est un formidable atout pour une région qui a trop souvent souffert d'un cruel déficit cinématographique. Pour sympathiques qu'elles soient, les salles du centre-ville ne répondaient plus guère à l'attente d'un public qui a appris à connaître Kinépolis et Carollywood, les frères aînés du complexe montois. Quel est d'ailleurs l'avenir de ces petits cinémas urbains? Idéalement, ils devraient jouer la carte du cinéma d'auteur, des rétrospectives et de la version originale face à ImagiMons dont la programmation privilégie les grosses machineries américaines et doublées. Régine Drieghe, qui gère toujours le Plazza à la rue de Nimy, semble vouloir travailler dans ce sens. Acceptons-en l'augure.

ImagiMons, c'est aussi le résultat d'une extraordinaire aventure humaine. Celle de Régine Drieghe, justement. Cette enfant du pays qui a grandi dans une famille tout entière acquise à la cause du Septième Art a lancé l'idée de cet outil prestigieux il y a sept ans déjà. Mais Mons et sa région n'étaient pas prêtes à assumer un tel projet.

Et finalement c'est Carollywood qui vit le jour sur les hauteurs de Charleroi. Régine Drieghe aurait sans doute pu en rester là, mais son coeur de Montoise pure souche ne pouvait s'y résoudre.

Patiemment, cette «Madame Cinéma» hennuyère remit son ouvrage sur le métier, en pestant un jour en public, lors d'un festival du film d'amour, contre les obstacles qui se dressaient sur sa route et en faisant le siège du bourgmestre de sa ville pour obtenir les feux verts nécessaires. Avec quelle opiniâtreté et en définitive quel succès au bénéfice d'une région qui n'a que trop rarement l'occasion de fêter la concrétisation d'un investissement de 250 millions.

UNE MARRAINE

AU REGARD LÉGENDAIRE

Au micro, vendredi soir, la grande patronne d'ImagiMons était particulièrement émue en évoquant ce conte de fée dont un scénariste de talent ferait sans doute un bon film. Il faut dire aussi qu'un instant auparavant, Elio Di Rupo avait demandé au public d'offrir une «standing ovation» à l'héroïne de cette soirée mémorable et à son compagnon Gaston Scapparini, et que tout le monde s'était exécuté...

Le président du festival de Mons a évidemment toutes les raisons de se réjouir de l'inauguration de cet espace cinématographique. Le «film d'amour» pourra célébrer sa prochaine édition dans des lieux enfin dignes du travail abattu par ses organisateurs et de l'intérêt que lui porte le public. En février prochain, les vedettes du grand écran découvriront ImagiMons.

À la veille de ce week-end, Gérard Oury, le réalisateur de «La Soif de l'or», a joué les éclaireurs. Il avait amené à Mons Vladimir Kosma, l'auteur de la musique de son film, et les comédiens Tsilla Chelton et surtout Christian Clavier qui provoqua, bien malgré lui, une belle pagaille lors de la séance d'autographes en fin de soirée. Oury s'excusa publiquement de l'absence de son épouse à cette soirée de gala. La belle Michèle Morgan était malgré tout présente dans le coeur de tous les cinéphiles puisqu'elle a accepté d'être la marraine d'ImagiMons.

Avant d'offrir à Mons une visite magique lors d'un prochain festival?

ERIC DEFFET