JEAN-PAUL MOERMAN GARDE SA LISTE SOUS LE MANTEAU:L'AVOCAT JEMAPPIEN VEUT AIDER MONS,VILLE EN PERDITION HOMME PROVIDENTIEL DE GOL

L'avocat jemappien veut aider Mons «ville en perdition»

Jean-Paul Moerman garde sa liste sous le manteau

Les plus récents soubresauts du paysage politique montois ont finalement contraint Jean-Paul Moerman à s'exprimer publiquement un mois avant la date prévue. Dans un souci de clarté nécessaire à notre crédibilité, précise le Jemappien écarté du PS au sein duquel il militait depuis une vingtaine d'années. Conséquence de cet empressement rendu nécessaire par les circonstances: faute d'être prête, la liste pour les communales n'a pas été dévoilée. Seule personnalité «surprise» présente pour seconder Moerman lors de sa conférence de presse: Rose-Marie Menu, déléguée CGSP au Forem et vice-présidente de la section «parastataux» du syndicat socialiste ce qui risque, déjà, de faire grincer quelques dents du côté du parti majoritaire.

Pour le reste, l'avocat montois annonce une liste ouverte à tous les citoyens qui veulent un chef-lieu digne de ce nom, qui ne rassemblera pas que des «écoeurés», mais sera franchement pluraliste autour d'un projet pour Mons. Plus de précisions au début du mois d'avril si rien, d'ici là, ne vient entraver ou détourner la progression de cette nouvelle composante de la vie politique locale...

Autant dire que les journalistes présents sont un peu restés sur leur faim: gêné aux entournures, Jean-Paul Moerman sait qu'il est à la croisée des chemins (voir ci-dessous) et tient manifestement à ménager la chèvre et le chou, en l'occurrence ses amis d'aujourd'hui et ceux de demain, peut-être. Il mesure donc l'impact du moindre de ses propos: il y a eu des contacts avec le PRL, mais rien de plus. Je suis disposé à agir sous toute bannière qui correspondrait à mes objectifs. Mais je n'ai jamais été carriériste: je place donc mes idées et ma liberté d'expression avant tout le reste. Je constate toutefois qu'elles ne sont plus l'apanage des structures lourdes d'un parti en rupture avec sa base: si je dois me placer sous un autre drapeau pour faire passer mon point de vue, je l'accepterai.

L'objectif final est, lui, clairement avoué: assurer un jour le pouvoir à Mons. Avec d'autres, mais pas avec n'importe qui, commente le citoyen de Jemappes qui vise clairement Maurice Lafosse. Nous n'avons pas de volonté revancharde, poursuit-il. Mais nous constatons que Mons est une ville en perdition. Les personnes en place ne sont pas seules en cause. Il faut aussi dénoncer l'amateurisme dans la gestion et des choix partisans et népotiques que la population ne peut plus tolérer. Notre projet pour la ville sera dénué de cette manière de travailler qui repose sur le copinage. La liste en sera le reflet. Des socialistes, des chrétiens et des libéraux s'y retrouveront avec l'objectif de rendre la ville à ses citoyens. Des noms, un sigle, un programme? En avril prochain, promet Moerman.

ERIC DEFFET

Moerman, homme providentiel de Jean Gol?

Quel est réellement aujourd'hui l'état des rapports entre Jean-Paul Moerman, à peine éjecté du PS, et le PRL? Le rayon des certitudes est bien fourni. Un: Jean Gol a effectivement suggéré (le mot est peut-être faible) à quelques caciques du libéralisme local d'envisager un rapprochement avec le Jemappien. Deux: la manoeuvre reste en travers de la gorge de bon nombre de conseillers communaux et du président de la section, de la fédération de Mons-Borinage et de la fédération provinciale dont le nouveau président, Daniel Ducarme, rencontre la presse aujourd'hui. Trois: Philippe Reul qui tient toujours lieu de chef de groupe, est montré du doigt par ses (ex?)-amis PRL de Mons ce qui pourrait avoir des conséquences sur la cohésion des libéraux au conseil. Quatre: une assemblée générale du parti se tiendra lundi pour décider de l'opportunité de maintenir le poll prévu pour le 11 mars.

A partir de là, toutes les supputations sont possibles. Jean-Paul Moerman qui se dit flatté d'avoir tapé dans l'oeil de Jean Gol, refuse de jouer à ce jeu-là: je suis prêt à m'inscrire dans une démarche qui me permettrait de défendre mes idées. Dans le cadre d'un parti existant, d'un parti en devenir ou simplement d'une liste communale? Aller plus loin n'est pas de mon ressort. Je m'occupe de composer une liste rassemblant des candidats d'horizons divers. Mais peut-être assiste-t-on au départ d'une recomposition du paysage politique beaucoup plus vaste...

A Bruxelles, d'aucuns rêvent sans doute de trouver en Jean-Paul Moerman l'homme providentiel du renouveau libéral à Mons et dans l'ensemble de l'arrondissement en panne de représentation «bleu» au plus haut niveau. Les Audin, Beugnies, Reul et autres Hautenauve semblent avoir prouvé leurs limites. Et pourquoi pas un Moerman qui répète qu'il veut changer et moraliser la politique et qui dit à qui veut l'entendre qu'il retrouve les valeurs qui lui sont chères ailleurs que chez les socialistes? s'interroge-t-on dans l'entourage présidentiel. Le principal concerné se tâte: il sait qu'il s'agirait là d'un sérieux quitte ou double. Serait-il compris des électeurs et de ses amis qui l'ont suivi jusqu'à l'exclusion du PS et doivent se poser bien des questions en buvant une pinte à la maison du peuple de Jemappes?

E. D.