LA PERPETUITE POUR HABIB MAAMAR, TERRORISTE A PARIS (1 MORT EN 1985)

La perpétuité pour Habib Maamar,

terroriste à Paris (1 mort en 1985)

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL

PERMANENT

Paris, 15 décembre.

Avis aux éventuels candidats terroristes: la justice française frappe fort! C'est la réclusion criminelle à perpétuité (assortie d'une peine de sûreté de 18 ans) qui a été infligée, vendredi par la cour d'assises spéciale de Paris au Tunisien Habib Maamar (27 ans), poseur de bombes en 1984 et 1985 dans la capitale, et responsable de la mort d'un homme et de blessures chez 18 autres.

Sa maîtresse, l'Algérienne Souad Aïssaoui (27 ans), qui l'avait dénoncé parce que délaissée par lui, et qui avait apporté pour preuve des délits déjà commis un autre engin explosif que Maamar avait également été chargé de poser (par un réseau palestinien d'Irak), inculpée de complicité et de détention d'explosifs, a été acquittée.

Le verdict de la cour spéciale qui, jugeant d'une affaire de terrorisme, était uniquement composée de magistrats professionnels à l'exclusion de jurés civils, a été rendu au terme d'un procès relativement bref: trois audiences. Au cours des débats, l'accusé avait déclaré avoir fait de son mieux pour éviter qu'il y ait des victimes. Toutefois, sa deuxième bombe, dissimulée dans un sac posé à l'entrée du magasin «Marks Spencer» dans le centre de Paris, à l'heure de l'ouverture, pouvait difficilement ne provoquer que des dégâts matériels.

En fait, Maamar est apparu comme un terroriste «d'occasion». C'est bien ainsi que l'a dépeint l'avocat général: sans qualification professionnelle, séduit par des loisirs rémunérés, des voyages, sans motivations politiques ou idéologiques, il a accepté ce «boulot», séduit par l'appât du gain.

De son côté, son défenseur plaidant les circonstances atténuantes l'a présenté comme un subalterne, un pantin, un imbécile.

Le fond du problème a été défini par l'avocat général requérant la perpétuité et déclarant: Il n'y a pas de demi-mesures dans ce genre d'affaire. Que pouvons-nous opposer aux poseurs de bombes? Le droit des gens et le code pénal. Notre faiblesse est déjà considérable. A cela on pourrait ajouter que le procès de Maamar «tombait mal» dans le climat actuel qu'alourdissent les menaces de nouveaux attentats.

J. Cy.