Tous les crimes de Fourniret seront soumis aux jurés

Plus rien n'empêche la tenue du procès de Michel Fourniret et de son épouse Monique Olivier, qui devrait se tenir à Charleville-Mezières (Ardennes françaises) à la fin de l'année ou au début 2007. La Cour de cassation française a en effet rejeté hier un pourvoi formé par Monique Olivier, qui estimait que les quatre premiers crimes attribués au couple de diaboliques devaient être déclarés prescrits.

Monique Olivier estimait qu'aucun acte d'instruction n'ayant été posé depuis plus de dix ans dans les dossiers Laville (1987), Leroy (1988), Desramault (1989) et Danais (1990), ces faits ne pouvaient être confiés à la cour d'assises. Mardi, l'avocat-général avait rejeté cette interprétation, considérant qu'une « connexité » existait entre ces crimes du passé et ceux, plus récents, commis par le couple. L'arrêt de Cassation, dont le dispositif demeurait inconnu hier, établit ainsi que le parcours d'un tueur en série forme un tout indissociable.

Des craintes, ténues, entouraient la décision attendue de la Cour de cassation. En cas d'avis positif sur la prescription, une même contestation aurait pu être tentée par Monique Olivier sur l'assassinat d'Elisabeth Brichet, jamais abandonné par la justice belge. « En confiant le dossier Brichet à la justice française, nous avions au préalable pris toutes nos précautions, nous a déclaré le procureur général de Liège, Cédric Visart de Bocarmé. Il n'y avait aucun risque, même si une décision contraire avait été prise par la Cour de cassation française ».

Par ailleurs, nos révélations (Le Soir d'hier) sur la présence de Michel Fourniret dans la région marseillaise lors du meurtre, en juin 1974, de la petite Marie-Dolores Rambla ont suscité la réaction du procureur de la République de Charleville-Mezières. « En l'état des investigations actuelles menées en France sur les faits criminels commis par Michel Fourniret (...), aucun élément sérieux, le plus ténu soit-il, ne permet d'accréditer de telles informations ou rumeurs ». Des vérifications devraient cependant être effectuées dans le cadre de ce dossier qui avait débouché en 1976 sur l'exécution de Christian Ranucci (dont l'innocence est proclamée dans le livre Le Pull-over rouge de Gilles Perault), l'une des affaires les plus controversées de l'histoire judiciaire française.