UN CHATEAU DE CONTE DE FEES A LA REPUTATION MOINS SUCREE

Un château de contede fées à la réputation moins sucrée

Le château de Faulx-les-Tombes, c'est celui de Blanche-Neige. D'ailleurs, des émissaires du studio Walt Disney sont venus le dessiner dans les années 30. Ce qui s'y est parfois passé est cependant moins sucré que le dessin animé américain.

Que viennent faire les parties fines de Faulx dans le dossier Dutroux ? C'est qu'il apparaît que Michel Nihoul y a participé, sinon même en a organisé quelques-unes. Entre adultes ? C'est ce qu'on croit, et cela n'intéresse dès lors pas les enquêteurs, sauf qu'ils se sentent obligés d'indaguer aussi dans cette direction pour vérifier si aucun mineur n'a participé à ces partouzes.

En attendant de connaître les résultats de ces enquêtes, les conversations vont bon train autour de ce château. Ce qui ennuie beaucoup la commune d'Etterbeek, qui en fut propriétaire, et l'actuel propriétaire, la société Demloc, dont le patron, Jean-Marie Demeyer, y vit avec son épouse et son fils aîné. Une vie de château qu'il trouve actuellement quelque peu amère.

- J'ai acheté ce château à la commune d'Etterbeek. Mais je ne l'aurais pas fait si j'avais connu ses antécédents.

M. Demeyer loue son château pour des mariages huppés et des séminaires. La crise d'abord, les rumeurs ensuite. Bref, plus rien ne va.

- Maintenant, je peux fermer les grilles. Les gens sont curieux sans doute, mais leur curiosité est bien malsaine.

A la commune d'Etterbeek, c'est le même courroux.

- Cela commence à bien faire. Lorsque la commune a acquis le château de Faulx, j'étais encore en culottes courtes à l'athénée d'Etterbeek !

Visiblement, Vincent De Wolf, le bourgmestre d'Etterbeek, n'est pas content du tout des amalgames entre le château et sa commune. Etterbeek a été propriétaire des lieux durant 17 ans. En 1972, Etterbeek rachète le château pour 14 millions afin d'y organiser des classes vertes et du tourisme social. Mais, très vite, la bâtisse est un gouffre financier pour la commune. La somme de 180 millions est avancée rien que pour les frais d'entretien.

- Dès 1988, alors échevin, je suggère, afin de soulager les finances communales, de revendre le château. Un an plus tard, en juin 1989, le bien est revendu pour 27 millions.

C'est en 1992 que Vincent De Wolf devient bourgmestre d'Etterbeek.

Dès le début, Etterbeek avait confié la gestion de Faulx à l'ASBL Château de Faulx, au sein de laquelle on retrouvait des politiques locaux. Serge Moureaux, actuel député PS mais alors échevin etterbeekois, en devient l'administrateur. En 1986, la gestion passe aux mains d'une SPRL.

- S'il est vrai que des rumeurs ont circulé quant à l'organisation de parties fines au château de Faulx, je ne puis en rien vous éclairer à cet égard, ponctue Vincent De Wolf. Ces faits étant relatifs à une époque très éloignée de ma présence à la tête de la commune d'Etterbeek.

Autre affaire qui embarrasse la commune d'Etterbeek, le dossier «Dolo», du nom d'un café etterbeekois de la rue des Atrébates où des parties fines se seraient tenues et qui a déménagé rue Philippe Baucq. Ici aussi, le nom de Nihoul a été cité, et certaines rumeurs mentionnent également des magistrats et hommes politiques dont les noms n'ont cependant pas été révélés.

Bien plus, la police d'Etterbeek semblait être au courant de ces parties particulières, et certains de ces membres y auraient même participé ! Stupéfait, Vincent De Wolf, bourgmestre etterbeekois mais aussi chef de la police, tient à préciser que j'ai, de ma propre autorité et dans le cadre de mes compétences personnelles, immédiatement décidé de saisir les autorités compétentes extérieures au corps de police etterbeekois, afin qu'une clarté totale soit faite, de manière objective et impartiale, dans l'intérêt même du corps de police.

A. G. et J.-C. V.