Liège Un collectif a organisé hier une séance de ciné en plein air sur le bâtiment : Ils veulent sauver la dentisterie

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Un tapis rouge, une jolie mise en lumière et un écran géant : l’ancienne dentisterie du site de Bavière à Liège s’était donné des allures de fête hier pour une séance de cinéma en plein air qui était aussi politique qu’artistique.

Près de deux cents personnes avaient répondu à l’appel d’un « Collectif dentisterie » constitué par « J’ai des visions », qui organise depuis deux ans déjà ces séances de ciné en plein air dans des lieux « chargés d’enjeu » de la ville, les ASBL UrbAgora, SOS Mémoire de Liège, Le vieux Liège et Patrimoine Outremeuse. Ils se sont réjouis devant des films muets (parfois très anciens, comme cette Démolition d’un Mur, des frères Lumière) mis en musique en live, mais souhaitaient aussi interpeller les pouvoirs publics afin qu’ils sauvent ce bâtiment, œuvre du Liégeois Charles Servais dans les années 30.

Un « phare » eurégional ?

« C’est un des rares bâtiments liégeois de style Bauhaus, et c’est un peu le cousin nord du site du Val-Benoît, souligne Olivier De Wispelaere chez UrbAgora. C’est la même époque, le même style : il pourrait devenir un emblème, un signe fort à l’entrée de Liège. »

Or, une demande de permis de démolition de ce bâtiment a été déposée par Himmos, ex-propriétaire du site de Bavière. « Le fonctionnaire-délégué a mis cette demande en stand-by, le temps que nous lui présentions notre vision globale pour le site, précise Gaël Denoncin chez Thomas et Piron qui, associé à Galère, a racheté le site. Il est trop tôt pour dire si nous souhaitons le démolir : toutes les pistes restent ouvertes. »

Pour le Collectif, c’est pourtant clair : « Comme on l’a fait pour la Sauvenière, la patinoire, le lycée de Waha, il faut défendre ce patrimoine culturel et affectif de la fin des années 30, œuvre d’architectes liégeois », souligne Madeleine Mairlot chez SOS Mémoire de Liège. « Des bâtiments toujours très bien conçus, avec une vraie qualité spatiale qui permet leur réappropriation », souligne Olivier de Wispelaere.

Pour en faire quoi ? L’artiste Alain De Clerck rêve d’un « phare culturel eurégional entre Liège, Maastricht et Aix, valorisé dans le cadre de Maastricht 2018 ». D’autres lui rendraient bien sa fonction historique de formation en y installant la faculté d’architecture.

« Il faut de toute façon que le pouvoir politique donne un signal fort, estime François Schreuer chez UrbAgora. Un promoteur aurait tout intérêt à garder ce phare sur son terrain, qui y attirerait de la vie. Et on peut sauver le bâtiment pour un budget raisonnable, autour des trois millions d’euros. Ça tient la route. » « La meilleure preuve, c’est que le projet de Himmos pour Bavière, qui faisait consensus, intégrait la rénovation du bâtiment », souligne Olivier De Wispelaere.

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