La Louvière Le premier roman de Malika Madi Nuit blanche pour «Nuit d'encre»

La Louvière Le premier roman de Malika Madi Nuit blanche pour «Nuit d'encre»

Ecrire: c'est le pari que s'était fixé Malika Madi. Basées à Cuesmes, les éditions du Cerisier ont choisi de publier son livre, où se mêlent immigration, adolescence et conflits de génération.

THIERRY VANDERHAEGE

Quand elle parle, Malika Madi articule, séparant les mots sans trébucher. Sa voix profite de son timbre clair pour mieux capter l'attention alors que la passion de l'écrivain affleure au détour de chaque syllable. Quand elle écrit, les phrases se succèdent sur un mode identique; sans adopter l'une ou l'autre tortueuse construction stylistique. Elle est comme ça, Malika: spontanée et pleine d'espoir, celui que procure l'ivresse d'un premier roman.

«Nuit d'encre pour Farah» met en scène une jeune fille de 17 ans qui, aux boîtes de nuit et autres cafés branchés, préfère sa chambre, un royaume exigu dédié à la lecture.

Là, elle enchaîne livre sur livre, passe de Balzac à Zola, de Stendhal à Queffelec. Et si la première partie de l'ouvrage s'ancre en Belgique, au coeur du Pays noir, où la brume, l'humidité et ce froid si particulier vous pénètrent la peau, la seconde se déplace en petite Kabylie, où le destin de Farah - victime d'un plan échaufaudé par ses soeurs - s'assombrira après que ses classiques littéraires se soient noyés dans l'horizon méditerranéen.

Des enfants oubliés

Farah, Malika: s'agit-il d'une seule et unique personne? La seconde répond par la négative, une manière de creuser la distance avec le personnage: Farah est passionnée par la littérature, celle du XIXe siècle en particulier. A son âge, je n'avais pas sa culture. Et puis, moi je suis ouverte; j'aime m'exprimer , souligne-t-elle. Louviéroise, la jeune femme appartient à ces immigrés «de la deuxième génération», ce qui ne l'empêche pas de porter un regard parfois critique sur l'Algérie, ce pays qui vit un grand désespoir .

L'auteure qui, depuis a donné naissance à deux enfants, ne garde pas non plus un souvenir impérissable de ses vacances quand ses terres d'origine en formaient l'unique destination: Là bas, nous étions des «enfants oubliés»; on ne s'occupait pas beaucoup de nous. Je me suis réfugiée dans les livres. Aujourd'hui, Malika Madi savoure le bonheur d'être publiée - comme un petit garçon qui rêvait de devenir astronaute.. . Les éditions du Cerisier (basées à Cuesmes) n'ont pas craint d'imprimer mille exemplaires du roman, quitte à augmenter le tirage «au cas où...».

«Nuit d'encre pour Farah» ne se lit pas, il se dévore. Et tant pis si cette nuit d'encre s'éclaircit en nuit blanche, celle que le lecteur aura bravée pour venir à bout d'une belle histoire.*

Les éditions du Cerisier mettent sur pied une soirée-rencontre avec Malika Madi et Saber Massal, auteur pour sa part de «A l'Ombre des Gouttes». Elle aura lieu le vendredi 19 janvier, à 20 h, au Cerisier, 20 rue du Cerisier à Cuesmes. Tél: 065-31.34.44.